Fort brouillard au lever du jour. Se disperse pour une deuxième journée de franc soleil (on a bien fait de choisir cette semaine-ci pour venir...). Les petits déjeuners roulent maintenant par petits groupes informels et plutôt bavards. À ceux de la timidité et de l'hésitation des premiers matins, ont succédé ceux de l'esprit d'escalier, quand revient ce qu'on n'avait pu dire hier car trop de monde et de questions.
Lecture de lettres de Mérimée par Carole Bergen, avant la communication de Françoise Bercé (inspecteur général du patrimoine) sur Mérimée et la IIe République. Le tableau historique est très instructif, bien enlevé par le ton, les anecdotes et points de vue de Mme Bercé. Et cela me suffira pour aujourd'hui.

J'emporte mon portable à l'est@minet pour poster mes deux billets en retard, les photos qui vont avec, relever mon courrier et valider les messages Litor qui circulent depuis hier sur le thème de la machine à écrire. J'écoute deux tiers du 20-Heures de France 2 d'hier et parcours quelques blogs pour être un peu informé. Mais tout cela ne m'accroche guère. Seule la disparition de Pavarotti signifie hélas quelque chose.
T. et moi sommes convenus d'une après-midi d'excursion que nous commençons après une discrète fuite au moment du café. En route pour Coutances ! J'avais un peu visité il y a quatre ans, avec quelques meschoniciens, un jour de pluie qui s'était continué à Carteret. Aujourd'hui, c'est plutôt la chaleur. En une petite heure, nous visitons églises et cathédrale, admirons les impacts de balles qui décorent encore les murs de la mairie, entrons à la librairie-papeterie pour chercher une carte régionale.
Partons ensuite pour Agon et la pointe d'Agon, les dunes, la marée basse dans l'embouchure de la Sienne, les ruines du château de Regnéville-sur-Mer de l'autre côté. Puis le chic de Coutainville, les rues étroites et presque bretonnes de Blainville-sur-Mer — un endroit où l'on aimerait bien habiter..
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D'Agon, j'ai téléphoné à Scott Carpenter pour savoir si nos colloquants ont adopté le principe d'un apéritif sur la terrasse (nous avions imaginé ça tout à l'heure, Scott et moi). Ayant eu sa réponse positive depuis une cabine face à la mer, nous nous dirigeons vers le centre Leclerc de Coutances où nous achetons pour 60 et quelques euros d'alcools divers, jus de fruits et trucs salés. Quand nous arrivons au château, à 18h45, tout est déjà prêt sur la terrasse, les participants attroupés et Scott très soulagé de nous voir (il a prévenu et fait sortir tout le monde sans savoir s'il pouvait compter sur moi...).
Chacun verse son écot dans un verre et je récupère sans problème mon avance.

De Cerisy, les jeudis soirs sont enflammés. L'ambiance d'un colloque y parvient généralement à son paroxysme. Des conversations de table deviennent familières, voire bruyantes. Certains s'interpellent comme s'ils se connaissaient depuis trente ans, rigolent gras. D'autres se serrent en petits comités pour des confidences à voix basses. C'est ce soir-là que l'on sert des moules-frites, au moins trois tournées (mais les frites sont normandes, c'est-à-dire molles et collées en tas). Puis les lumières s'éteignent, à la surprise presque générale, pour faire entrer les omelettes norvégiennes, lumineuses par le calvados qui leur flambe sur la meringue.
Plus tard, dans le grenier, lecture d'Une femme est un diable par Carole Bergen et Sylvain Ledda, suivie d'un petit verre de calvados de notre réserve collective.