T. et moi retournons voir les alignements de menhirs dans la lumière matinale. Leur détachement. Beauté ou majesté naturelle du site. Et chacun à son tour d'essayer de comprendre, sans y parvenir. À moins de croire telle ou telle théorie. Dans la boutique de la Maison des mégalithes même, un petit Obélix autour d'un crayon à papier véhicule gentiment l'anachronisme des Gaulois facteurs de menhirs...

« On comprend bien
Que ça t'obsède

D'être un jour dressée
A la verticale
Au-dessus des terres.

On comprend bien.» (Eugène Guillevic, Carnac, p. 91)

Revenus au centre du bourg, nous allons au Musée de la préhistoire. Beaucoup à lire, tableaux, listes, graphiques, mettre en relation textes, dessins et objets, mais pas trop. Des représentations se forment, un lien transhistorique... Le profane peut s'y retrouver tout en appréciant les précautions de langage. On pense traditionnellement qu'à cette époque les hommes chassaient pendant que les femmes faisaient la cueillette, ou quelque chose de ce genre, avec la distance du on pense traditionnellement. Qui va peut-être évoluer.

Allons déjeuner avec nos hôtes aux Terrasses de la mer, à La Trinité. Moules-frites et crêpes dessert, avec plage, léger vent, mer et soleil, du classique. Partons ensuite pour Quiberon, nous arrêtant de temps en temps pour des points de vue sur l'isthme, le fort de Penthièvre. Un café à Portivy.  Puis un kilomètre à pied le long de la Côte Sauvage. Encore un saut de voiture à travers les hôtels et les centres de thalassothérapie, puis à pied jusqu'à la pointe de Conguel, et la journée est déjà presque finie. Avec ces doses de vent et de soleil, on va bien dormir.
Dîner à Auray, dans le typique petit port de Saint-Goustan, célèbre pour ses maisons de pierre et son passage de Benjamin Franklin. L'Aubépine sert une excellente choucroute de la mer, trois en prennent, et de l'andouille de Blaye que je suis seul à vouloir. Avec un pinot noir d'Alsace. Promenade nocturne dans les ruelles de Saint-Goustan où l'on trouve qu'il y a étonnemment de maisons à vendre...

Alors que ne pensions qu'à faire nos valises et aller nous coucher, nous rentrons pile quand commence Lost sur TF1. Deux épisodes de la troisième saison, je suppose, qui nous font sauter dans une phase avancée de l'aventure. Nos hôtes sont un peu surpris de notre enthousiasme, de notre concentration soudaine sur ce qui n'est très normalement pour eux — je me mets à leur place — qu'une série américaine de plus. Mais pour T. et moi, retrouver Jack, Sawyer, Hugo, Sayid et les Autres n'a rien de banal...