dimanche 23 septembre 2007
Sans poulie, on combine
Par Berlol, dimanche 23 septembre 2007 à 23:59 :: General
C'est donc également quand j'atterrissais au Japon, le 18
septembre, apprends-je par François Bon,
qu'Éric Chevillard a lancé L'Autofictif,
dont les premiers aphorismes retiendront assurément
l'attention : « Vous
publiez un nouveau
livre, c'est le moment qu'attendaient
impatiemment vos amis et plus fidèles lecteurs pour vous
confier que le
précédent leur est tombé des
mains.»
Pour l'instant, je parlerais volontiers de chutes de cahiers. De là à dire que c'est un blog... On va dire que je radote, mais je persiste et signe. Un blog sans commentaires, c'est comme l'amour sans la sueur, du gruyère sans trous, un ascenseur sans poulie, on combine comme on veut — bref, du blog Canada Dry. Et je le redis à mes amis écrivains qui bloguent. Bloguer, c'est se coltiner les commentaires. Sinon, ça revient à balancer des éditos du haut de sa revue, comme l'ont toujours fait les intellectuels, en se coupant de la base.
Allez, ma journée ! Enregistrements de France Culture, retard presque rattrapé. D'abord la semaine d'À Voix nue avec Georges-Emmanuel Clancier — alors que je m'occupe de la galerie photo du colloque Mérimée et que j'écris le nom d'Anne Clancier dans certaines légendes... Puis quatre Jeux d'épreuves à la file, des bouts entendus à la volée, en faisant autre chose (comme les liens audio ne sont plus présentés dans les pages d'archives de cette émission, ce qui n'est pas le cas dans toutes, voici les liens pour aller directement écouter celles des 1er, 8, 15 et 22 septembre, au moins quelques mois encore).
Mais la parole du jour, je ne m'y attendais pas, revient à une universitaire émérite, spécialiste de l'histoire des luttes sociales aux États-Unis. Total respect, Marianne Debouzy !
« Il y avait aussi une autre dimension à ce combat [contre la torture, dans les années 1950-60], c'est qu'il ne faut pas oublier la façon dont la torture, la pratique de la torture a été niée par les politiques à l'époque, et les mensonges énormes qui ont été opposés à ceux que l'on a désignés du nom méprisant de « chers professeurs ». Et évidemment il a fallu plus de trente ans, plus de quarante ans pour que, finalement, il soit reconnu que nous avions dit la vérité. Et voilà aussi un aspect politique de la torture, c'est qu'on la pratique sans le dire et même en proclamant qu'on ne saurait faire des choses aussi barbares.
Antoine Perraud : — Donc il y avait là [...] un déni, une négation, voire une sorte de négationnisme. Et toute votre vie, vous avez, Marianne Debouzy, voulu combattre cette forme de négation.
Marianne Debouzy : — Oui. Je termine ma vie en me disant que je ne suis pas certaine, ni moi ni les autres, d'y avoir réussi et je me dis qu'avoir passé une partie de mon enfance sous Pétain, avoir ensuite subi Guy Mollet, pour terminer avec Sarkozy, je me dis : quel parcours ! » (dans Jeux d'archives du 22 septembre 2007)
Après ça, il faut du courage pour se farcir Valérie Pécresse au Rendez-vous des politiques d'hier. Elle ne dit pourtant pas que des conneries, mais faut voir après ce que ça devient dans les faits.
Les Poivre d'Arvor sont à la littérature ce que les Bogdanov étaient à la science-fiction.
Pendant ce temps-là, T. avait une réunion avec les copropriétaires d'ici et deux représentants du cabinet d'architecture du nouveau bâtiment d'en face. On leur reproche d'avoir mis fenêtres et balcons de notre côté et trop près, et bien sûr le mur de fer de trois mètres. Ils s'en sont pris pour leur grade, m'a-t-elle dit en substance. Ils ont dix jours pour rendre une réponse cohérente. Jusqu'à maintenant, ce n'était que borborygmes.
En fin d'après-midi, sortie à Yurakucho et Ginza. On cherche une housse de table à repasser, la nôtre est cuite, on dirait de l'amiante. Pas trouvé. On revient avec des plats traiteur pour demain midi, parce que pour ce soir...
Ah oui, c'est peut-être l'événement du jour ! Vers 13h45, on a entendu un sifflet sur deux notes. C'était un marchand ambulant de tofu (et non un marchand de tofu ambulant). Or, depuis que nous habitons ici, il n'est jamais passé de marchand ambulant de tofu. Nous sommes sortis illico pour en acheter, avons rencontré une voisine qui allait chez le coiffeur, à qui j'ai dit que justement j'allais y aller à trois heures, quelle coïncidence, mais sans doute pas le même, en tout cas je ne l'ai pas vue chez le mien. Et son tofu était très bon. Nous espérons qu'il repassera.
Pour l'instant, je parlerais volontiers de chutes de cahiers. De là à dire que c'est un blog... On va dire que je radote, mais je persiste et signe. Un blog sans commentaires, c'est comme l'amour sans la sueur, du gruyère sans trous, un ascenseur sans poulie, on combine comme on veut — bref, du blog Canada Dry. Et je le redis à mes amis écrivains qui bloguent. Bloguer, c'est se coltiner les commentaires. Sinon, ça revient à balancer des éditos du haut de sa revue, comme l'ont toujours fait les intellectuels, en se coupant de la base.
Allez, ma journée ! Enregistrements de France Culture, retard presque rattrapé. D'abord la semaine d'À Voix nue avec Georges-Emmanuel Clancier — alors que je m'occupe de la galerie photo du colloque Mérimée et que j'écris le nom d'Anne Clancier dans certaines légendes... Puis quatre Jeux d'épreuves à la file, des bouts entendus à la volée, en faisant autre chose (comme les liens audio ne sont plus présentés dans les pages d'archives de cette émission, ce qui n'est pas le cas dans toutes, voici les liens pour aller directement écouter celles des 1er, 8, 15 et 22 septembre, au moins quelques mois encore).
Mais la parole du jour, je ne m'y attendais pas, revient à une universitaire émérite, spécialiste de l'histoire des luttes sociales aux États-Unis. Total respect, Marianne Debouzy !
« Il y avait aussi une autre dimension à ce combat [contre la torture, dans les années 1950-60], c'est qu'il ne faut pas oublier la façon dont la torture, la pratique de la torture a été niée par les politiques à l'époque, et les mensonges énormes qui ont été opposés à ceux que l'on a désignés du nom méprisant de « chers professeurs ». Et évidemment il a fallu plus de trente ans, plus de quarante ans pour que, finalement, il soit reconnu que nous avions dit la vérité. Et voilà aussi un aspect politique de la torture, c'est qu'on la pratique sans le dire et même en proclamant qu'on ne saurait faire des choses aussi barbares.
Antoine Perraud : — Donc il y avait là [...] un déni, une négation, voire une sorte de négationnisme. Et toute votre vie, vous avez, Marianne Debouzy, voulu combattre cette forme de négation.
Marianne Debouzy : — Oui. Je termine ma vie en me disant que je ne suis pas certaine, ni moi ni les autres, d'y avoir réussi et je me dis qu'avoir passé une partie de mon enfance sous Pétain, avoir ensuite subi Guy Mollet, pour terminer avec Sarkozy, je me dis : quel parcours ! » (dans Jeux d'archives du 22 septembre 2007)
Après ça, il faut du courage pour se farcir Valérie Pécresse au Rendez-vous des politiques d'hier. Elle ne dit pourtant pas que des conneries, mais faut voir après ce que ça devient dans les faits.
Les Poivre d'Arvor sont à la littérature ce que les Bogdanov étaient à la science-fiction.
Pendant ce temps-là, T. avait une réunion avec les copropriétaires d'ici et deux représentants du cabinet d'architecture du nouveau bâtiment d'en face. On leur reproche d'avoir mis fenêtres et balcons de notre côté et trop près, et bien sûr le mur de fer de trois mètres. Ils s'en sont pris pour leur grade, m'a-t-elle dit en substance. Ils ont dix jours pour rendre une réponse cohérente. Jusqu'à maintenant, ce n'était que borborygmes.
En fin d'après-midi, sortie à Yurakucho et Ginza. On cherche une housse de table à repasser, la nôtre est cuite, on dirait de l'amiante. Pas trouvé. On revient avec des plats traiteur pour demain midi, parce que pour ce soir...
Ah oui, c'est peut-être l'événement du jour ! Vers 13h45, on a entendu un sifflet sur deux notes. C'était un marchand ambulant de tofu (et non un marchand de tofu ambulant). Or, depuis que nous habitons ici, il n'est jamais passé de marchand ambulant de tofu. Nous sommes sortis illico pour en acheter, avons rencontré une voisine qui allait chez le coiffeur, à qui j'ai dit que justement j'allais y aller à trois heures, quelle coïncidence, mais sans doute pas le même, en tout cas je ne l'ai pas vue chez le mien. Et son tofu était très bon. Nous espérons qu'il repassera.