Me suis translaté de 350 km vers l'ouest.

Lisant Anna Moï, il y a quelques temps, j'avais appris l'importance cruciale de la mise en branle des moines dans les rues d'un pays bouddhiste. Aussi, dès qu'il a été question des défilés de Birmanie, j'ai pensé à une amplification possible, qui finirait par mettre le régime en danger. La réaction politique peut être un massacre, tout le monde le sait. Mais les massacres sont de plus en plus difficiles à cacher, et les amis politiques du régime birman sont peu nombreux.

Si vous doutiez encore de la nullité de Philippe Douste-Blazy, de Xavier Bertrand ou de François Fillon, l'état catastrophique de l'assurance-maladie — qui devait revenir à l'équilibre cette année selon leurs réformes — pourra vous aider à ouvrir les yeux sur la triste réalité de ces individus (deux des trois ont d'ailleurs amélioré leur position personnelle). Ceci pour faire suite à mes propos d'hier sur les paroles de Valérie Pécresse (car ce n'est pas de gaité de cœur que je parle de ces gens-là tous les jours).

Ça y est ! Le limaçon qui tentait de diriger le Japon depuis un an est remplacé. Yasuo Fukuda, de vingt ans son aîné, ne paraît pas non plus être un foudre de guerre — ce qui ne sera pas plus mal pour les relations avec la Chine (fortement détériorées par les visites à Yasukuni de Koizumi).
Quant à Shinzo Abe, il est à l'hôpital depuis une dizaine de jours, officiellement pour stress.

Il y a des jours comme ça, où l'actualité politique m'interpelle (quelque part, au niveau du vécu). Les médias nous donnent ça comme pitance. Mondialisée, elle aussi, la pitance. Ça nous évite de penser au temps qui passe. Et à la mort qui vient. Moi, j'aime d'autant mieux être distrait de ces pensées-là que de toute façon y penser ne permet pas de comprendre la mort, et encore moins de la conjurer. Raison pour laquelle je n'apprécie guère les écrivains, penseurs, artistes qui se focalisent là-dessus.
Je pourrais avoir de plus nobles distractions, alors.

À moins que la fréquentation d'Antoine Volodine (ci-dessus, chronique France Info du 22) ne finisse par me faire douter de la réalité d'une fin dans la mort... Ou que la maladie de A. ne m'évite de me souvenir de qui j'étais et qu'il faut mourir. Deux superbes façons de se défiler, non ? Mais à tout prendre, je préfère la première solution ; je ne voudrais pas laisser T. — merci, Olivia, de m'ouvrir les yeux.

« Il ne m'aime plus, quand j'arrive il ne se tourne plus vers moi, je m'approche il ne me regarde pas, je l'embrasse il ne réagit pas, je lui prends la main il proteste et la retire, je ne sais pas si je dois le laisser là ou le forcer à me suivre, il ne m'aime plus, je ne suis plus rien pour lui, il m'oublie, il m'efface de sa mémoire, c'est la maladie, je sais, mais ce n'est pas seulement ça, je me demande si on peut effacer par choix, si on peut profiter de la maladie pour se faciliter la vie, se libérer d'un poids, tout recommencer, dans un grand dénuement certes, avec des moyens restreints, mais tout recommencer quand même, avoir une vie légère, une vie nouvelle, une vie sans contrainte, une vie sans lien, une vie sans obligation, une vie sans histoire, pas une vie comme la mienne.» (Olivia Rosenthal, On n'est pas là pour disparaître, p. 122)