Mon bureau n'avait pas changé. Tout a redémarré comme si je n'avais pas été absent un mois et demi. J'étais plongé dans la préparation des cours, pour la reprise, quand la secrétaire de notre département a frappé à ma porte. Elle venait me donner une enveloppe de France. Un livre, dont voici l'incipit tout à fait prometteur. Un grand merci à la personne qui me l'a envoyé. Question : de qui est-ce ?

« Il faut avoir connu Morlaix.
Ce qui y dégoutte de miroitement dans tout. Au centre, le canal et la promenade, ses petits muscles ronds en platane, les bornes doigtant les ciels dans les panoramas de vitreuse vitre et la chaîne courant qui saute peu. Trente kilomètres qu'on voudrait en ligne droite et la mer fait au bout une nuit cani de chicots gris-blanc.»

Le sentiment semble celui du jeune Rimbaud daubant Charleville dans À la musique... cependant pour « cani », je m'interroge...
Quelque chose du chien, peut-être (mords-les) ? Mais trêve... Le devoir m'appelle. Un cours de langue, où je m'aperçois qu'un collègue qui avait au premier semestre le groupe dont j'hérite aujourd'hui a omis de différencier voyelles et consonnes, base du choix d'élider l'article défini pour les mots commençant par ? Une voyelle. OK, vous suivez. Qu'a-t-il pu faire, six mois durant, sans ça. C'est comme une voiture sans la bougie ou la courroie de transmission. Il a dû pousser.
Second cours, de conversation, de troisième année, ce que c'est que l'ordinateur et l'internet, en français, avec des étudiantes très motivées. Ça va être un régal. De retour au bureau, je redémarre le blog dédié à ce cours. Ce qui m'occupe jusqu'à 20 heures.

Après le dîner, je perds un temps fou (pas complètement perdu) sur le blog Léo Scheer à lire des commentaires plutôt intéressants, puis à réviser un peu l'article Wikipédia de Camille Laurens. Je n'ai pas le temps d'ajouter du contenu mais je mets en français à peu près lisible les deux premiers paragraphes. Faut être modeste. D'autres passeront. Chacun sa petite pierre. À votre bon cœur.