jeudi 27 septembre 2007
Ça ne cloche pas, parce que c'est moebien
Par Berlol, jeudi 27 septembre 2007 à 23:59 :: General
J'ai récrit quatre fois quelques lignes sur la Birmanie et
puis je les ai effacées. Elles ne voulaient rien
dire, ne servaient
à rien. Sinon à écrire ce qui
l'était déjà et
à rendre pitoyable l'impuissance d'une pseudo
compréhension. Comme si les quelques
informations qui parviennent
permettaient de savoir ce qui se passe. Et il sera trop tard quand nous
pourrons comprendre.
Préférer une fin heureuse et incompréhensible — hélas peu probable.
Trois cours du jeudi et en supplément la première séance de préparation des étudiants qui partiront à Orléans en février prochain. Ils doivent se faire faire des passeports, énoncer leurs vœux pour les familles d'accueil et remplir des documents administratifs. Leur joie n'a d'égale que leur inquiétude devant ce gouffre béant qui s'ouvre devant eux : la France !
Au séminaire de cinéma, très bon accueil d'un film de cinquante ans. Après une quarantaine de minutes, je me suis retourné et j'ai pu voir que tous les yeux étaient grands ouverts, les visages captivés. L'Ascenseur pour l'échafaud fonctionne donc encore. Je craignais que le noir et blanc, le jazz et la relative lenteur du montage n'aient un effet soporifique sur des jeunes gens gavés d'intrigues superposées et ultra-rapides. Il faut croire que c'est le contraire qui s'est produit. On n'a vu que les deux tiers ; je me suis arrêté pile quand le flic (Lino Ventura) dit à la noctambule involontaire (Jeanne Moreau) qu'on recherche l'ancien para (Maurice Ronet) pour un double meurtre au Motel de Trappes... Comment tout ça pourra-t-il finir ?
La seule chose qui cloche dans ce film pourtant très rigoureux, c'est ce qui constitue la preuve ultime — psychologique — de la culpabilité : les photos du couple dans l'appareil miniature. Car qui a pu prendre ces clichés dans de tels moments d'intimité ? Un passant, un ami ? Peu probable. Un retardateur automatique ? Où aurait-on posé l'appareil dans un tel cadre de verdure ? Non, ça ne colle pas.
Ces photos viennent décidément d'un autre monde que celui de la fiction. Elles viennent d'avant la nuit, celle qui vient de finir et celle de la prison à venir. Elles viennent du hors-champ d'une réelle séance de photos destinée à fabriquer la preuve cinématographique du secret des amants, « là, quelque part, réunis », dit la femme prise dans le flagrant délit du bain de révélation filmé. Et donc ça ne cloche pas, parce que c'est moebien.
Préférer une fin heureuse et incompréhensible — hélas peu probable.
Trois cours du jeudi et en supplément la première séance de préparation des étudiants qui partiront à Orléans en février prochain. Ils doivent se faire faire des passeports, énoncer leurs vœux pour les familles d'accueil et remplir des documents administratifs. Leur joie n'a d'égale que leur inquiétude devant ce gouffre béant qui s'ouvre devant eux : la France !
Au séminaire de cinéma, très bon accueil d'un film de cinquante ans. Après une quarantaine de minutes, je me suis retourné et j'ai pu voir que tous les yeux étaient grands ouverts, les visages captivés. L'Ascenseur pour l'échafaud fonctionne donc encore. Je craignais que le noir et blanc, le jazz et la relative lenteur du montage n'aient un effet soporifique sur des jeunes gens gavés d'intrigues superposées et ultra-rapides. Il faut croire que c'est le contraire qui s'est produit. On n'a vu que les deux tiers ; je me suis arrêté pile quand le flic (Lino Ventura) dit à la noctambule involontaire (Jeanne Moreau) qu'on recherche l'ancien para (Maurice Ronet) pour un double meurtre au Motel de Trappes... Comment tout ça pourra-t-il finir ?
La seule chose qui cloche dans ce film pourtant très rigoureux, c'est ce qui constitue la preuve ultime — psychologique — de la culpabilité : les photos du couple dans l'appareil miniature. Car qui a pu prendre ces clichés dans de tels moments d'intimité ? Un passant, un ami ? Peu probable. Un retardateur automatique ? Où aurait-on posé l'appareil dans un tel cadre de verdure ? Non, ça ne colle pas.
Ces photos viennent décidément d'un autre monde que celui de la fiction. Elles viennent d'avant la nuit, celle qui vient de finir et celle de la prison à venir. Elles viennent du hors-champ d'une réelle séance de photos destinée à fabriquer la preuve cinématographique du secret des amants, « là, quelque part, réunis », dit la femme prise dans le flagrant délit du bain de révélation filmé. Et donc ça ne cloche pas, parce que c'est moebien.