Au lever, plus de blog ! Envolé, le JLR. Ni index, ni billets, ni commentaires, ni accès gestionnaire. Rien, nada !, comme les humains chez Céline Minard ! Eh bien, ça ne m'a fait ni chaud ni froid. J'ai vérifié que le domaine berlol.net était bien là, et donc l'accès au JLR mensuel, l'archive, dont j'ai aussi copie sur quatre ordinateurs non situés au même endroit. Le courrier et la connexion FTP fonctionnent aussi. Et même le blog des cours, qui n'est pas sous Dotclear, mais sous WordPress, avec une base MySQL différente, quoique déposée chez le même serveur.
Cette disparition n'est pas vraiment compréhensible, mais ce que je sais c'est que je n'ai moi-même effectué aucune modification. Qu'il peut donc s'agir d'une dégradation naturelle du système (liée par exemple à des programmes qui auraient une date limite), d'une attaque ayant réussi à trouver une faille de sécurité chez mon serveur, d'une panne ou d'un changement de matériel — et qu'il y a de fortes chances que ça touche aussi quelques centaines d'autres personnes, parmi lesquelles il s'en trouvera certainement pour protester dès l'ouverture des bureaux.
J'ai juste un petit pincement triste — comme le lapin qu'on est obligé de poser à un ami en cas de force majeure — en pensant aux lecteurs habituels qui ne vont pas me trouver, à ceux qui craindront qu'il soit arrivé malheur (tremblement de terre..., mais la radio l'aurait dit...) et qui n'auront pas nécessairement le réflexe de la version mensuelle.
De toute façon, pas le temps de m'étendre, le mardi est chargé.

Faut que je fasse un stage PHP et MySQL. Un jour.

Shinkansen de 9h03 vers l'ouest, d'où j'accompagne Jaume Roiq Stevens — nom étrange, au demeurant — de Houston à Oulan-Bator, dans la folie des troupeaux d'animaux fous et la schize d'un désespoir d'où sort toute armée quelque humaine compagnie, chimérique hélas. La disparition subite de l'humanité passant déjà au second plan, j'ai l'impression, l'intuition, n'ayant pas encore lu tout le livre, que les causes exactes n'en seront pas dévoilées, que ça pourrait rester le ressort caché du roman — et conséquemment l'infinie démangeaison du lecteur. Car en effet, qu'est-ce qui pourrait permettre de faire précisément disparaître, même involontairement, l'intégralité de l'espèce humaine sans tuer un seul animal, sinon la découverte d'une absolue spécificité humaine dans l'organisation des molécules. J'imagine qu'il faudrait en fait coupler deux découvertes : celle d'une spécificité humaine, dans le génome, par exemple, et celle d'une dématérialisation instantanée de tous les organismes positivement identifiés dans un rayon d'action planétaire (hors duquel se trouvait notre astronaute à l'instant T).
Mais bon, si c'est juste pour dire ça, c'est vrai que Céline Minard a bien fait de nous épargner les explications.

En fin d'après-midi, je trouve un peu de temps pour envoyer un petit courrier chez mon serveur et leur demander si par hasard ils ne se seraient  pas aperçu de quelque chose. Trois minutes plus tard, je reçois la réponse suivante : « We are currently trouble shooting an issue at the server where your site resides. We can’t check your concern. Sorry for the inconvenience. This will be fixed within this day.»
Et voilà, je n'arrive même pas à les maudire. J'imagine toute une agitation, quelques personnes dans le genre de mes amis Manu et Bikun il y a quelques années, stressés par les clients et les cadres, en train de taper des commandes de vérification, de brancher débrancher des appareils, relancer des systèmes, poser un café, un sandwich sur un bord de table, téléphoner pour un câble, une rustine logicielle, un mot de passe, une faille de sécurité, ou que sais-je ?
Évidemment, si ça ne marche pas demain...

Ce soir ou Jamais d'hier en dînant. Face à face de deux scientifiques. Je serai toujours plus du côté de Jacques Testard que de celui de Jean-Didier Vincent. Quand ce dernier s'emporte en disant qu'avoir dû attendre 70 ans pour savoir que l'amiante était mortel n'a aucune importance et qu'il faut continuer à développer les OGM sans se préoccuper des éventuels dangers, je manque gifler l'écran et m'en aller. Après, ce n'est pas sans intérêt, mais le débat sur la surveillance et le fichage électroniques, ça ronronne, ça reprend tout ce qu'on sait déjà. Seul ce que développe Dany-Robert Dufour mérite la pleine attention. En gros : « les vices privés font le bien public » (Bernard Mandeville) ET, conséquemment, toutes ces libertés données nécessitent des technologies de création, diffusion, profusion, ajustement — et, paradoxalement, des techniques de contrôle et d'arraisonnement de tous ceux qui dépassent les bornes, d'autant plus nombreux qu'ils n'ont plus ces bornes en eux-mêmes.