Gifler l'écran et m'en aller
Par Berlol, mardi 2 octobre 2007 à 23:59 :: General :: #780 :: rss
Au lever, plus de blog ! Envolé, le JLR. Ni
index, ni billets, ni commentaires, ni accès gestionnaire.
Rien, nada !,
comme les humains chez Céline Minard ! Eh bien,
ça
ne m'a fait ni chaud ni froid. J'ai vérifié que
le
domaine berlol.net
était bien là, et donc l'accès au JLR mensuel,
l'archive, dont j'ai aussi copie sur quatre ordinateurs non
situés au même endroit. Le courrier et la
connexion FTP
fonctionnent aussi. Et même le blog des cours, qui n'est pas
sous Dotclear,
mais sous WordPress, avec une base MySQL
différente, quoique déposée chez le
même serveur.
Cette disparition n'est pas vraiment compréhensible, mais ce que je sais c'est que je n'ai moi-même effectué aucune modification. Qu'il peut donc s'agir d'une dégradation naturelle du système (liée par exemple à des programmes qui auraient une date limite), d'une attaque ayant réussi à trouver une faille de sécurité chez mon serveur, d'une panne ou d'un changement de matériel — et qu'il y a de fortes chances que ça touche aussi quelques centaines d'autres personnes, parmi lesquelles il s'en trouvera certainement pour protester dès l'ouverture des bureaux.
J'ai juste un petit pincement triste — comme le lapin qu'on est obligé de poser à un ami en cas de force majeure — en pensant aux lecteurs habituels qui ne vont pas me trouver, à ceux qui craindront qu'il soit arrivé malheur (tremblement de terre..., mais la radio l'aurait dit...) et qui n'auront pas nécessairement le réflexe de la version mensuelle.
De toute façon, pas le temps de m'étendre, le mardi est chargé.
Faut que je fasse un stage PHP et MySQL. Un jour.
Shinkansen de 9h03 vers l'ouest, d'où j'accompagne Jaume Roiq Stevens — nom étrange, au demeurant — de Houston à Oulan-Bator, dans la folie des troupeaux d'animaux fous et la schize d'un désespoir d'où sort toute armée quelque humaine compagnie, chimérique hélas. La disparition subite de l'humanité passant déjà au second plan, j'ai l'impression, l'intuition, n'ayant pas encore lu tout le livre, que les causes exactes n'en seront pas dévoilées, que ça pourrait rester le ressort caché du roman — et conséquemment l'infinie démangeaison du lecteur. Car en effet, qu'est-ce qui pourrait permettre de faire précisément disparaître, même involontairement, l'intégralité de l'espèce humaine sans tuer un seul animal, sinon la découverte d'une absolue spécificité humaine dans l'organisation des molécules. J'imagine qu'il faudrait en fait coupler deux découvertes : celle d'une spécificité humaine, dans le génome, par exemple, et celle d'une dématérialisation instantanée de tous les organismes positivement identifiés dans un rayon d'action planétaire (hors duquel se trouvait notre astronaute à l'instant T).
Mais bon, si c'est juste pour dire ça, c'est vrai que Céline Minard a bien fait de nous épargner les explications.
En fin d'après-midi, je trouve un peu de temps pour envoyer un petit courrier chez mon serveur et leur demander si par hasard ils ne se seraient pas aperçu de quelque chose. Trois minutes plus tard, je reçois la réponse suivante : « We are currently trouble shooting an issue at the server where your site resides. We can’t check your concern. Sorry for the inconvenience. This will be fixed within this day.»
Et voilà, je n'arrive même pas à les maudire. J'imagine toute une agitation, quelques personnes dans le genre de mes amis Manu et Bikun il y a quelques années, stressés par les clients et les cadres, en train de taper des commandes de vérification, de brancher débrancher des appareils, relancer des systèmes, poser un café, un sandwich sur un bord de table, téléphoner pour un câble, une rustine logicielle, un mot de passe, une faille de sécurité, ou que sais-je ?
Évidemment, si ça ne marche pas demain...
Ce soir ou Jamais d'hier en dînant. Face à face de deux scientifiques. Je serai toujours plus du côté de Jacques Testard que de celui de Jean-Didier Vincent. Quand ce dernier s'emporte en disant qu'avoir dû attendre 70 ans pour savoir que l'amiante était mortel n'a aucune importance et qu'il faut continuer à développer les OGM sans se préoccuper des éventuels dangers, je manque gifler l'écran et m'en aller. Après, ce n'est pas sans intérêt, mais le débat sur la surveillance et le fichage électroniques, ça ronronne, ça reprend tout ce qu'on sait déjà. Seul ce que développe Dany-Robert Dufour mérite la pleine attention. En gros : « les vices privés font le bien public » (Bernard Mandeville) ET, conséquemment, toutes ces libertés données nécessitent des technologies de création, diffusion, profusion, ajustement — et, paradoxalement, des techniques de contrôle et d'arraisonnement de tous ceux qui dépassent les bornes, d'autant plus nombreux qu'ils n'ont plus ces bornes en eux-mêmes.
Cette disparition n'est pas vraiment compréhensible, mais ce que je sais c'est que je n'ai moi-même effectué aucune modification. Qu'il peut donc s'agir d'une dégradation naturelle du système (liée par exemple à des programmes qui auraient une date limite), d'une attaque ayant réussi à trouver une faille de sécurité chez mon serveur, d'une panne ou d'un changement de matériel — et qu'il y a de fortes chances que ça touche aussi quelques centaines d'autres personnes, parmi lesquelles il s'en trouvera certainement pour protester dès l'ouverture des bureaux.
J'ai juste un petit pincement triste — comme le lapin qu'on est obligé de poser à un ami en cas de force majeure — en pensant aux lecteurs habituels qui ne vont pas me trouver, à ceux qui craindront qu'il soit arrivé malheur (tremblement de terre..., mais la radio l'aurait dit...) et qui n'auront pas nécessairement le réflexe de la version mensuelle.
De toute façon, pas le temps de m'étendre, le mardi est chargé.
Faut que je fasse un stage PHP et MySQL. Un jour.
Shinkansen de 9h03 vers l'ouest, d'où j'accompagne Jaume Roiq Stevens — nom étrange, au demeurant — de Houston à Oulan-Bator, dans la folie des troupeaux d'animaux fous et la schize d'un désespoir d'où sort toute armée quelque humaine compagnie, chimérique hélas. La disparition subite de l'humanité passant déjà au second plan, j'ai l'impression, l'intuition, n'ayant pas encore lu tout le livre, que les causes exactes n'en seront pas dévoilées, que ça pourrait rester le ressort caché du roman — et conséquemment l'infinie démangeaison du lecteur. Car en effet, qu'est-ce qui pourrait permettre de faire précisément disparaître, même involontairement, l'intégralité de l'espèce humaine sans tuer un seul animal, sinon la découverte d'une absolue spécificité humaine dans l'organisation des molécules. J'imagine qu'il faudrait en fait coupler deux découvertes : celle d'une spécificité humaine, dans le génome, par exemple, et celle d'une dématérialisation instantanée de tous les organismes positivement identifiés dans un rayon d'action planétaire (hors duquel se trouvait notre astronaute à l'instant T).
Mais bon, si c'est juste pour dire ça, c'est vrai que Céline Minard a bien fait de nous épargner les explications.
En fin d'après-midi, je trouve un peu de temps pour envoyer un petit courrier chez mon serveur et leur demander si par hasard ils ne se seraient pas aperçu de quelque chose. Trois minutes plus tard, je reçois la réponse suivante : « We are currently trouble shooting an issue at the server where your site resides. We can’t check your concern. Sorry for the inconvenience. This will be fixed within this day.»
Et voilà, je n'arrive même pas à les maudire. J'imagine toute une agitation, quelques personnes dans le genre de mes amis Manu et Bikun il y a quelques années, stressés par les clients et les cadres, en train de taper des commandes de vérification, de brancher débrancher des appareils, relancer des systèmes, poser un café, un sandwich sur un bord de table, téléphoner pour un câble, une rustine logicielle, un mot de passe, une faille de sécurité, ou que sais-je ?
Évidemment, si ça ne marche pas demain...
Ce soir ou Jamais d'hier en dînant. Face à face de deux scientifiques. Je serai toujours plus du côté de Jacques Testard que de celui de Jean-Didier Vincent. Quand ce dernier s'emporte en disant qu'avoir dû attendre 70 ans pour savoir que l'amiante était mortel n'a aucune importance et qu'il faut continuer à développer les OGM sans se préoccuper des éventuels dangers, je manque gifler l'écran et m'en aller. Après, ce n'est pas sans intérêt, mais le débat sur la surveillance et le fichage électroniques, ça ronronne, ça reprend tout ce qu'on sait déjà. Seul ce que développe Dany-Robert Dufour mérite la pleine attention. En gros : « les vices privés font le bien public » (Bernard Mandeville) ET, conséquemment, toutes ces libertés données nécessitent des technologies de création, diffusion, profusion, ajustement — et, paradoxalement, des techniques de contrôle et d'arraisonnement de tous ceux qui dépassent les bornes, d'autant plus nombreux qu'ils n'ont plus ces bornes en eux-mêmes.
Commentaires
1. Le mercredi 3 octobre 2007 à 12:49, par Philippe De Jonckheere :
Je constate avec plaisir que les ennuis sont finis. C'est que par mail, je ne voulais pas trop t'alarmer, mais comme tu le sais je sais un peu comment ces choses là fonctionnent, et surtout comment elles ne fonctionnent pas, au point d'en vivre, et vraiment cela aurait pu être plus grave.
J'apprends incidemment que tu cultives le principe de la sauvegarde jusqu'à répartir dans quatre endroits différents des sauvegardes à jour, là je dis on devrait tous faire comme toi. Quatre c'est sans doute excessif, mais il y a peut être une raison japonaise ou orientale à cela, comme de mettre cinq épices dans le poisson, il y aurait une loi puissante qui recommanderait les quatre sauvegardes.
N'empêche as-tu pensé à mon collègue qui travaille le jour et la nuit dans une de ces salles informatiques et qui a du trimer toute la nuit et une partie du jour pour restaurer le serveur sur lequel se trouvait ta base de données, sans doute aurait-il préféré une nuit plus calme pendant laquelle il aurait pu travailler sur les pages de son petit site internet personnel.
Parce que personne ne pensera à le faire, je le remercie, en frère.
Amicalement
Phil
2. Le mercredi 3 octobre 2007 à 14:18, par Bikun :
En fait, ce que je retiens de mes années de support informatique, lors d'un problème la communication est indispensable. L'informatique matérielle et logicielle est à l'image de l'homme: imparfaite et faillible.
Mais c'est devenu un outil (de travail et de communication) vital (?).
3. Le mercredi 3 octobre 2007 à 22:07, par F :
merci, Phil, on va réfléchir à la loi des 4 sauvegardes (j'ai disque dur externe, mais sur la même table que mon portable!), mais notre ovh.net paraît plus solide que le serveur californien de Berlol, qui le lèse aussi dans les référencements francophones - Berlol, pourquoi tu déménages pas plus près, sur infomaniak.ch par exemple ? - quant à l'articulation site "fixe" et blog, je me dis que notre hôte, malgré ses jeux de miroirs, n'a jamais pris en charge sérieusement, depuis 4 ans, la partie fixe, ne serait-ce que la page d'accueil : tout pour le journal... ceci dit, pour notre santé à tous, est-ce qu'on ne devrait pas inaugurer de temps en temps un "jour sans blog" ?
4. Le jeudi 4 octobre 2007 à 02:28, par Berlol :
Merci tous les trois de votre soutien.
Pour répondre aux questions :
J'ai 4 sauvegardes parce que j'ai 4 ordinateurs (deux aux lieux de résidence, un au lieu de travail, un portable). J'ai également un disque externe, ce qui fait 5, en réalité... En japonais, 5, c'est mieux que 4 (qui se prononce comme la mort). Donc, s'il devait y avoir une loi, comme le propose Philippe, ce serait assurément celle des 5 sauvegardes, comme les épices dans le poisson...
J'ai pensé au collègue, je l'ai même écrit...
Le site fixe ou le journal, il fallait choisir parce que je n'ai pas plus de temps. J'ai choisi le dynamique. Tant pis pour le site fixe...
Cher François, comme tu le sais déjà, je crois, je n'ai cure des référencements francophones, je n'ai aucune stratégie pour me faire mieux connaître, ou attirer les commentaires, etc. Le salon que j'affectionne n'est ni une foire aux bestiaux ni une salle des ventes. Côté commerce en ligne, d'ailleurs, la seule expérience que j'aie tentée, avec Amazon, est un fiasco total (j'y reviendrai).
Pour un "jour sans blog", je vais y réfléchir mais ça ne sera pas demain la veille...
5. Le jeudi 4 octobre 2007 à 12:32, par F :
oui, frère, on en a déjà causé - mais tout ça est mouvant et vivant, et il faut que tu sois dans ce bain général où on se démène - je sais bien que ça ne te fera pas t'inscrire sur technorati, mais bon... dommage pour les auteurs que tu cites et analyses ! et tu ne nous empêcheras pas de faire régulièrement des liens plein de sudation sauvage !
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