Deuxième jour sans blog. La promesse de réparation dans la journée n'a pas été tenue. Dans l'après-midi, j'ai renvoyé un courrier et là, à minuit, je n'ai pas encore eu de réponse...  Inspirer. Expirer. Ne pas crier. Regarder ailleurs.

Après mes cours du matin, je file en vélo à la mairie. Je dois y demander un certificat d'imposition pour compléter mon dossier de demande de visa permanent (déposé en février — ça traîne, ce truc-là). Pas d'attente, un formulaire pour nom et adresse, les certificats sont imprimés en trois minutes. Ce n'est pas la première fois, mais je suis chaque fois ébloui par l'efficacité et la bonhommie des services de la mairie, au moins dans cet arrondissement, ailleurs je ne sais pas. Au convenience store, je paie une facture de téléphone en retard, pas payée pendant que j'étais en France et qui a entraîné la coupure du téléphone hier. Dès que le paiement est informatiquement enregistré par le magasin, l'information remonte à la compagnie, qui rétablit la ligne dans l'heure, ce que je vérifie peu après.

Réunion et un peu de bureau (à écrire à Philippe et à Scott pour savoir ce qu'ils pensent bon de faire pour le blog — attendre ou intervenir). Avant 19 heures, je pars avec Andreas pour rejoindre Benoît à Fushimi. Malgré les regrettables défections de Sophie et de ma collègue C., nous passons une excellente soirée au Bar España II (où l'on reparle notamment du chat noir et de la petite fille dans Ascenseur pour l'échafaud, et de tout un tas de choses — forcément, avec tout ce qu'on boit...).

« — Abruti.
Mais la déflagration dont le son avait été absorbé par l'éponge de l'air avait déclenché en arrière-plan un bruit continu de fuites ou crissements de sable. Roiq en cherchait partout alentour la cause lorsqu'il la vit à l'est sous la forme d'un nuage sol-sol qui gonflait rapidement, s'approchait, se précisait et se divisait en un millier de tapements de sabots.
Des chameaux.
— Exactly, des chameaux de Bactriane mon p'tit gars. Résistants, ces animaux-là, extrêmement résistants.
— Ils viennent sur nous ! L'aubaine.
— On remballe, Waterfull, sors de là !
Roiq se précipita vers l'hélico et fit crier les pales pour s'arracher du sol. les bêtes avançaient en désordre mais serrées les unes sur les autres, elles balançaient violemment leurs têtes au bout de leurs cous. Leurs gros genoux violets s'entrechoquaient en craquant. On les entendait souffler sous l'effort et la peur. Roiq tenait l'hélico en stationnaire juste au-dessus du troupeau et laissait passer les animaux dans leur propre poussière avant de déclencher la Grande Poussée. [...] Une bande latérale tenta de se détacher de la masse mais Roiq la ramena dans l'épouvante au milieu de ses congénères qui faisaient ensemble la seule vraie danse macabre de la peur, toutes fourrures collées par la bave et le sang, toutes gueules ouvertes sur le désert imbécile, et maudissant l'homme qui avait disparu, Roiq les poussa au comble de la joie à plonger dans l'Aral, à se noyer dans sa boue putride, à marcher encore sur les cadavres de leur race, à traverser enfin cette saloperie de mer de sel et d'ordure qui n'était guère que les douves de son château enchanté : Vozrovdeniye.»
(Céline Minard, Le Dernier Monde, p. 140-141)

En voyant Ce soir ou Jamais d'hier, où il est question du recul du gouvernement sur le test ADN, je ne regrette pas mon texte du 20 septembre... Quant à la Birmanie, mon impuissance à écrire quoi que soit l'autre jour (et les jours suivants) n'a d'égale que celle des pays dits développés, des intellectuels dits engagés, du droit d'ingérence plutôt mal en point — et l'impuissance des moines probablement torturés, ces jours-ci rejoignant hélas les fictions volodiniennes.
Marc Weitzmann, dont les propos ne sont pas horribles, loin de là, a cependant une ironie et un parler parfois elliptique qui ne passent pas très bien. Surtout quand il accompagne cela d'une sorte de furtif signe d'entente avec l'un ou l'autre des invités. Je me demande s'il ne chercherait pas plus de connivence que ses partenaires et la structure ne permettent d'en avoir sur un plateau de télévision.

Et juste au moment où j'allais aller me coucher, un courrier du support technique, auquel j'essaie de répondre... Et quand j'ai fini et qu'avec indifférence je vérifie l'adresse du JLR, il est là, revenu de son énavouissement, remonté du monde des blogs morts, toujours sans que j'aie rien fait de spécial. Sursis ? Retour définitif ? Comment savoir ? Nous sommes dans leurs mains...