Nos vies avancent Nos vies avancent Nos vies
avancent et chaque fois que les mots s'écrivent nos vies ont avancé et il n'y a pas deux fois
la même lecture le même o
Nous avançons dans la vie on se donne le beau rôle mais il ne sert à rien de bouger
S'avancer n'est pas ce qui fait avancer nos vies elles
avancent toutes seules
Ce sont nos vies qui avancent et pas nous
Nos pas ne nous avancent pas dans la vie ils nous avancent dans l'espace
et c'est toujours n'importe où
la vie en soi n'est pas la même chose que ce qui se passe dans la vie
or quoi qu'il se passe même la vie rêvée même la vie en or
toutes les vies se valent parce que ce n'est jamais que
de la vie Rien de plus que de la vie
Et si on veut croire que ça nous avance à quelque chose ce n'est pas sur la vie qu'il faut compter
La vie qu'il faut conter ne s'avance pas devant nous ne se pavane pas
conter pour compter ce n'est pas le même o
Ou bien ce qui compte ne peut être conté personne n'a la vie
assez longue pour remonter l'avance les acomptes de vie rêvée
Sinon pour rien produire livrer compter faire sens de tous les o tous les petits riens
qui se pavanent pendant que nos vies avancent.

Avec T., longue et un peu houleuse discussion avant pendant et après le déjeuner au saint-Martin, pour savoir ce qu'on va faire dans les années à venir. Devant quitter avant avril 2009 l'appartement que j'occupe près de l'université à un tarif très avantageux, une grande diversité de possibles se présente à nous : acheter une maison pour investir un peu, mais à Tokyo ou à Nagoya ? T. a peu d'attaches à Nagoya, même si la surface accessible changerait du simple au double. Et si maison achetée à Tokyo, alors appartement à louer à Nagoya, mais pas trop cher sinon plus de budget pour les voyages en France. Un équilibre très difficile à trouver, donc. Mais est-il raisonnable de continuer à être séparés la moitié de la semaine ? À moins que ce soit précisément un facteur de longévité du couple ? On n'en sait rien. Et comment savoir ?
Le point très positif, c'est que nous avons un bon contact avec un agent immobilier que j'ai connu il y a près de sept ans, résidant lui-même dans le quartier de l'université et qui a bien compris ce que nous cherchons. En témoigne l'offre d'une maison (déjà vendue la semaine dernière) qui correspond à peu à tous les critères demandés. Et en effet, c'est deux fois moins cher qu'à Tokyo. Mais l'investissement vaudrait-il ? Dans quinze ans, pourrait-on revendre et dégager de l'argent pour notre fin de vie ?