Ça se bouscule pas fort pour commenter Camus, depuis samedi !...

Important rendez-vous à la banque, ce matin. On solde un crédit en remboursant toutes les traites restantes (ce qui nous évite une partie des intérêts, et d'avoir ça sur le dos encore des années). Quand c'est fini, j'invite T. au Saint-Martin pour fêter cette libération... avec un classique des classiques poulet-frites. Sûrement le dernier qu'on prend en terrasse, cette année. On s'est aussi réservé trois jours dans un ryokan de Shiga-Kogen début novembre, et on finalise l'opération en allant prendre les billets de train.

Dans une pause du boulot de l'après-midi, je lis quelques pages du Dernier Monde, que je laisse à Tokyo du fait de son encombrement. D'ailleurs, c'est quand même un peu long, ces allers-retours en hélicoptères pour des troupeaux de porcs à rassembler...

« Des dents, des rangées de dents, des griffes, des gueules ouvertes refermées sur des corps gonflés de haine, des choses vivantes passaient par les gouffres et couraient, couraient à la mort. Les âmes animales dont les muscles chauds gorgés de sang rendaient les forces, les âmes boursouflées des déchirés, les muscles des dévorés, les hurlements de joie, les autres, les hurlements de toute espèce et les chuintements bouffaient l'espace qui ne contenait plus une bataille mais une orgie. Qui ne contenait plus rien, qui s'involuait dans un tourbillon de néant.
Étaient-ce donc là les forces de la nature ?
Stevens passa la nuit sur la corniche du monastère à défendre lui aussi sa place forte imprenable et faire lâcher aux bêtes qui volaient par magie les remparts de sa propre ville.
Est-ce bien cela ranger la station ? » (Céline Minard, Le Dernier Monde, p. 188)

Ah oui ! Je suis sorti en vélo, aussi. Pour une course à Office Depot. Des piles. Après, à la nuit tombée, évitant les flots d'employé(e)s de bureau vers des bouches de métro, j'ai tourné une petite heure dans les rues et avenues de Kojimachi. Ça monte et ça descend, c'est marrant. J'ai même trouvé un restaurant qui avait l'air bien, Aux Provençaux.
Pendant ce temps, l'ordinateur enregistrait Jeux d'épreuves de samedi (la semaine prochaine, il y sera question de Volodine...).

Ce n'était que quelques secondes dans un reportage sur le dernier défilé de Thierry Mugler, sur TV5, mais j'ai nettement reconnu le fond musical, une voix tordue et torturée qui criait (du fond de ma mémoire) après les creatures of the night. C'était Tuxedomoon première période. Via le web, j'ai replongé instantanément — étrange façon de parler — dans les sous-sols de mes désirs adolescents, quand mon monde musical allait de Chrome à Scritti Politti.