En général, il cherchait le sucre
Par Berlol, samedi 20 octobre 2007 à 23:44 :: General :: #798 :: rss
De six à huit, élagage des notes de cours (en
général, j'ai toujours de quoi tenir un
siège de trois
jours...). On ira de la discussion avec le directeur de l'asile de
vieillards jusqu'au
commencement de la nuit de veille, puis du début du chapitre
II
au réveil Marie partie. Suffisant pour voir comment le texte
installe : du hiérarchique social qui casse
l'élan
naturel (Légion d'honneur, yeux
clairs, main retenue), la récurrence
déjà de la lumière blessante
— car
éclairant une obscure culpabilité de
toujours : « De
toute façon, on est toujours un peu fautif.»
(Albert Camus, L'Étranger,
chap. II, p. 35), mais aussi, en contraste après tous les
malentendus de Marengo, la
possibilité, dans la quasi
nudité dans l'eau, d'une relation naturelle, animale
presque,
sexuelle assurément, qui soit vi(v)able (l'amour qui
sauve ?
— la bouée qui sauve ?).
Déjeuner au Saint-Martin, encore en terrasse. On n'aurait pas cru ça hier, avec toute la pluie qu'il est tombé. On revoit les amis à qui British Airways n'a toujours rien renvoyé de ce qu'ils leur ont perdu au début de l'été. La personne que T. avait contactée lors de mon cas de 2006 semble encore faire preuve d'efficacité puisque T. a reçu des nouvelles plutôt positives, mais que les ci-devants n'ont pas reçues parce que leur anti-spam a dû les détruire... Ça avance, ça va avancer. Alors qu'ils n'y croyaient plus du tout, eux.
Passons à la médiathèque de l'Institut où j'emprunte deux films et la revue Europe d'août-septembre sur Blanchot et sur Volodine.
Volodine qui disait l'autre jour à Veinstein qu'enfant il avait rencontré Blanchot dans la cuisine d'une amie de ses parents. Chez qui Blanchot venait. Il cherchait le sucre. Enfin, dans la cuisine, une fois, Blanchot était entré pour chercher du sucre, le petit Volodine y était, qui ne s'appelait pas encore comme ça. Ça peut arriver à tout le monde. Mais peut-être qu'on peut dire aussi que dans la vie, en général, il cherchait le sucre, Blanchot.
T.
a des coups (de téléphone) à donner,
pour des
conseils de finalisation du dossier à rendre vendredi. Un
collègue à Kyoto, un autre à Tokyo.
Moi, je
m'équipe en cycliste et file dans le vent vers Akihabara,
pour
exploration d'une dizaine de magasins à la recherche des
nouveaux modèles d'ordinateurs portables et de bureau,
d'imprimantes. Deux kilos de catalogues plus tard, je rentre en passant
par le Seijo Ishii de Korakuen pour un bon camembert — on ne
peut vivre que d'intellect. Et quelques photos du ciel. J'ai
trouvé une impressionnante quantité de chantiers
de démolition et de construction, dans Akihabara. Dans deux
ou trois ans, je ne serai pas étonné qu'une
grande partie de toutes ces petites boutiques de composants
informatiques viennent à disparaître. Et que ne
reste que des poids lourds comme le Yodobashi
Akiba. Parmi les magasins visités, c'est
d'ailleurs le seul à avoir un espace
dédié aux imprimantes professionnelles
— une bonne quarantaine de modèles. Là,
je dis bravo.
Une fois devant mon ordinateur, je complète mon budget en allant chercher les prix des modèles d'appareils souhaités.
Premier nabe de l'automne (chou, navet, carotte, ailes de poulet). Autour du plat fumant, ni télé ni film ni radio : à l'omniprésence des rires et des ballons, panem et circenses, nous opposons notre opiniâtre tri de mots et de sens pour qu'un dossier soit parfait et pris.
Déjeuner au Saint-Martin, encore en terrasse. On n'aurait pas cru ça hier, avec toute la pluie qu'il est tombé. On revoit les amis à qui British Airways n'a toujours rien renvoyé de ce qu'ils leur ont perdu au début de l'été. La personne que T. avait contactée lors de mon cas de 2006 semble encore faire preuve d'efficacité puisque T. a reçu des nouvelles plutôt positives, mais que les ci-devants n'ont pas reçues parce que leur anti-spam a dû les détruire... Ça avance, ça va avancer. Alors qu'ils n'y croyaient plus du tout, eux.
Passons à la médiathèque de l'Institut où j'emprunte deux films et la revue Europe d'août-septembre sur Blanchot et sur Volodine.
Volodine qui disait l'autre jour à Veinstein qu'enfant il avait rencontré Blanchot dans la cuisine d'une amie de ses parents. Chez qui Blanchot venait. Il cherchait le sucre. Enfin, dans la cuisine, une fois, Blanchot était entré pour chercher du sucre, le petit Volodine y était, qui ne s'appelait pas encore comme ça. Ça peut arriver à tout le monde. Mais peut-être qu'on peut dire aussi que dans la vie, en général, il cherchait le sucre, Blanchot.
T.
a des coups (de téléphone) à donner,
pour des
conseils de finalisation du dossier à rendre vendredi. Un
collègue à Kyoto, un autre à Tokyo.
Moi, je
m'équipe en cycliste et file dans le vent vers Akihabara,
pour
exploration d'une dizaine de magasins à la recherche des
nouveaux modèles d'ordinateurs portables et de bureau,
d'imprimantes. Deux kilos de catalogues plus tard, je rentre en passant
par le Seijo Ishii de Korakuen pour un bon camembert — on ne
peut vivre que d'intellect. Et quelques photos du ciel. J'ai
trouvé une impressionnante quantité de chantiers
de démolition et de construction, dans Akihabara. Dans deux
ou trois ans, je ne serai pas étonné qu'une
grande partie de toutes ces petites boutiques de composants
informatiques viennent à disparaître. Et que ne
reste que des poids lourds comme le Yodobashi
Akiba. Parmi les magasins visités, c'est
d'ailleurs le seul à avoir un espace
dédié aux imprimantes professionnelles
— une bonne quarantaine de modèles. Là,
je dis bravo.Une fois devant mon ordinateur, je complète mon budget en allant chercher les prix des modèles d'appareils souhaités.
Premier nabe de l'automne (chou, navet, carotte, ailes de poulet). Autour du plat fumant, ni télé ni film ni radio : à l'omniprésence des rires et des ballons, panem et circenses, nous opposons notre opiniâtre tri de mots et de sens pour qu'un dossier soit parfait et pris.
Commentaires
1. Le dimanche 21 octobre 2007 à 01:13, par vinteix :
Que veux-tu dire, cher Berlol, en parlant du "sucre"? ... pour le moins très intrigant...
Au passage et anecdotiquement, je connais aussi quelqu'un qui a rencontré Blanchot par hasard, battant le pavé au beau milieu de la foule, anonyme noyé parmi les manifestants de mai 68...
A propos de Blanchot encore, sorti il y a quelques mois un très beau livre, assez court, de Richard Millet, "Place des Pensées-Sur Maurice Blanchot" (Gallimard, nrf)... qui relate une visite, avec quelqu'un de chez Gallimard, dans la maison de Blanchot, après sa mort, pour examiner les papiers, cahiers, etc. laissés par M.B...et peut-être aussi "du sucre" ?... où, sans que le mystère de l'homme soit levé, sans sombrer non plus dans l'anecdotique facile ou impudique, cette visite glisse immédiatement dans une méditation sur l'écrivain et l'écriture... avec des passages fort émouvants, comme la rencontre de la fille adoptive de Blanchot, lien dont le mystère reste entier, ou à la fin, quand Millet découvre tout à coup tout un carton de lettres échangées entre Blanchot et Bataille...
Blanchot habitait Place des Pensées (!)...
2. Le dimanche 21 octobre 2007 à 01:17, par brigetoun :
que j'aime la fin du billet, et ce ciel pas trop effervescent. Et l'idée d'être un enfant dans une cuisine où Blanchot vient chercher du sucre sans savoir qui il est
3. Le dimanche 21 octobre 2007 à 02:29, par Manu :
La transformation d'Akihabara ne serait donc pas finie !? Un moyen, comme tu le dis, de se débarrasser de ces petites boutiques, dont les prix ultra-compétitifs les plaçant dans les premières positions de kakaku.com en gênent peut-être certains ? Enfin, elles pourront continuer en ligne, mais quand même, le quartier va perdre un peu de son caractère... Il va finir par ressembler à Shinjuku, côté ouest.
4. Le dimanche 21 octobre 2007 à 07:56, par Berlol :
Pour ce qui est du "sucre", cher Vinteix, je crois bien que Volodine parlait de sucre tout ce qu'il y a de plus sucre, sans doute pour le thé ou le café (je ne sais pas ce que Blanchot prenait, moi). Merci pour le Millet, je vais le commander.
Pour Akihabara, je pencherais plutôt pour une transformation dans le style de Shinjuku Est, les ruelles entre la gare et Isetan. Tu vois ?
5. Le lundi 22 octobre 2007 à 05:45, par Manu :
Bon, il faut que je retourne à Akihabara alors.
Moi je voyais plutôt le côté Odakyu, le plus récent Sakuraya, le Yodobashi et les ruelles derrière avec quelques boutiques.
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