De six à huit, élagage des notes de cours (en général, j'ai toujours de quoi tenir un siège de trois jours...). On ira de la discussion avec le directeur de l'asile de vieillards jusqu'au commencement de la nuit de veille, puis du début du chapitre II au réveil Marie partie. Suffisant pour voir comment le texte installe : du hiérarchique social qui casse l'élan naturel (Légion d'honneur, yeux clairs, main retenue), la récurrence déjà de la lumière blessante — car éclairant une obscure culpabilité de toujours : « De toute façon, on est toujours un peu fautif (Albert Camus, L'Étranger, chap. II, p. 35), mais aussi, en contraste après tous les malentendus de Marengo, la possibilité, dans la quasi nudité dans l'eau, d'une relation naturelle, animale presque, sexuelle assurément, qui soit vi(v)able (l'amour qui sauve ? — la bouée qui sauve ?).

Déjeuner au Saint-Martin, encore en terrasse. On n'aurait pas cru ça hier, avec toute la pluie qu'il est tombé. On revoit les amis à qui British Airways n'a toujours rien renvoyé de ce qu'ils leur ont perdu au début de l'été. La personne que T. avait contactée lors de mon cas de 2006 semble encore faire preuve d'efficacité puisque T. a reçu des nouvelles plutôt positives, mais que les ci-devants n'ont pas reçues parce que leur anti-spam a dû les détruire... Ça avance, ça va avancer. Alors qu'ils n'y croyaient plus du tout, eux.

Passons à la médiathèque de l'Institut où j'emprunte deux films et la revue Europe d'août-septembre sur Blanchot et sur Volodine.
Volodine qui disait l'autre jour à Veinstein qu'enfant il avait rencontré Blanchot dans la cuisine d'une amie de ses parents. Chez qui Blanchot venait. Il cherchait le sucre. Enfin, dans la cuisine, une fois, Blanchot était entré pour chercher du sucre, le petit Volodine y était, qui ne s'appelait pas encore comme ça. Ça peut arriver à tout le monde. Mais peut-être qu'on peut dire aussi que dans la vie, en général, il cherchait le sucre, Blanchot.

T. a des coups (de téléphone) à donner, pour des conseils de finalisation du dossier à rendre vendredi. Un collègue à Kyoto, un autre à Tokyo. Moi, je m'équipe en cycliste et file dans le vent vers Akihabara, pour exploration d'une dizaine de magasins à la recherche des nouveaux modèles d'ordinateurs portables et de bureau, d'imprimantes. Deux kilos de catalogues plus tard, je rentre en passant par le Seijo Ishii de Korakuen pour un bon camembert — on ne peut vivre que d'intellect. Et quelques photos du ciel. J'ai trouvé une impressionnante quantité de chantiers de démolition et de construction, dans Akihabara. Dans deux ou trois ans, je ne serai pas étonné qu'une grande partie de toutes ces petites boutiques de composants informatiques viennent à disparaître. Et que ne reste que des poids lourds comme le Yodobashi Akiba. Parmi les magasins visités, c'est d'ailleurs le seul à avoir un espace dédié aux imprimantes professionnelles — une bonne quarantaine de modèles. Là, je dis bravo.
Une fois devant mon ordinateur, je complète mon budget en allant chercher les prix des modèles d'appareils souhaités.
Premier nabe de l'automne (chou, navet, carotte, ailes de poulet). Autour du plat fumant, ni télé ni film ni radio : à l'omniprésence des rires et des ballons, panem et circenses, nous opposons notre opiniâtre tri de mots et de sens pour qu'un dossier soit parfait et pris.