Ils seront fiers, ils iront
Par Berlol, lundi 22 octobre 2007 à 23:59 :: General :: #800 :: rss
Pour une fois, bille en tête, je cite et contresigne Pierre
Assouline :
« [...] Sous l’influence d’Henri Guaino, ce type dangereux qui lui sert de plume et de conseiller, et qui lui a déjà pondu un discours affligeant aux Africains pour leur expliquer leur incapacité fondamentale à entrer dans l’Histoire, le chef de l’Etat a commis l’erreur non seulement d’instrumentaliser une mémoire et une tradition qui lui sont étrangères (pas la moindre impasse Guy Môquet à Neuilly mais un boulevard Maurice Barrès, ce qui n’est pas pour déplaire à M. Guaino qui se dit justement “de sensibilité barrésienne”) mais aussi la maladresse de l’incarner personnellement. Ce qu’il fait systématiquement en toutes circonstances au risque de se voir renvoyer à la figure une initiative louable dans son principe mais qui se métamorphose par sa faute en réflexe antisarkozyste. Cette fois, c’était une fois de trop. [...] »
J'ai vu Guaino au 20-Heures d'hier, sur ce sujet. C'est en effet, derrière sa mine presque timide, sourire pincé, clignant des yeux, bégayant presque, un des individus qui (me) laisse une des plus désagréables impressions qui soit. Et ce n'est pas la première fois.
Ce qu'ils veulent, derrière tout ça, c'est des petits Français prêts à se sacrifier pour leur chef, sans réfléchir.
Ils auront de l'émotion, ils seront fiers, ils iront.
Pour le reste, j'ai trop la tête dans le guidon (du gros dossier) pour continuer. Je complèterai demain...
Oui, j'en étais resté à l'essence des jours...
Habituellement liquide ou vaporeuse. Mais hier, tout à fait solide, nous a-t-il semblé, tant T. et moi nous sommes arc-boutés de concert sur la cohérence globale de notre dossier, bouchant les failles conceptuelles, réduisant les longueurs techniques, nous mettant à la place d'un jury (honnête) pour débusquer ce qui serait obscur ou injustifié — c'est qu'il faut budgéter annuellement jusqu'aux cartouches d'encre et aux dévédés vierges !
Jusqu'au découragement, vers 2 heures du matin, en voyant les formulaires encore à remplir sur des pages web hyper sécurisées...
Encore des cheveux blancs d'ici vendredi.
« [...] Sous l’influence d’Henri Guaino, ce type dangereux qui lui sert de plume et de conseiller, et qui lui a déjà pondu un discours affligeant aux Africains pour leur expliquer leur incapacité fondamentale à entrer dans l’Histoire, le chef de l’Etat a commis l’erreur non seulement d’instrumentaliser une mémoire et une tradition qui lui sont étrangères (pas la moindre impasse Guy Môquet à Neuilly mais un boulevard Maurice Barrès, ce qui n’est pas pour déplaire à M. Guaino qui se dit justement “de sensibilité barrésienne”) mais aussi la maladresse de l’incarner personnellement. Ce qu’il fait systématiquement en toutes circonstances au risque de se voir renvoyer à la figure une initiative louable dans son principe mais qui se métamorphose par sa faute en réflexe antisarkozyste. Cette fois, c’était une fois de trop. [...] »
J'ai vu Guaino au 20-Heures d'hier, sur ce sujet. C'est en effet, derrière sa mine presque timide, sourire pincé, clignant des yeux, bégayant presque, un des individus qui (me) laisse une des plus désagréables impressions qui soit. Et ce n'est pas la première fois.
Ce qu'ils veulent, derrière tout ça, c'est des petits Français prêts à se sacrifier pour leur chef, sans réfléchir.
Ils auront de l'émotion, ils seront fiers, ils iront.
Pour le reste, j'ai trop la tête dans le guidon (du gros dossier) pour continuer. Je complèterai demain...
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Oui, j'en étais resté à l'essence des jours...
Habituellement liquide ou vaporeuse. Mais hier, tout à fait solide, nous a-t-il semblé, tant T. et moi nous sommes arc-boutés de concert sur la cohérence globale de notre dossier, bouchant les failles conceptuelles, réduisant les longueurs techniques, nous mettant à la place d'un jury (honnête) pour débusquer ce qui serait obscur ou injustifié — c'est qu'il faut budgéter annuellement jusqu'aux cartouches d'encre et aux dévédés vierges !
Jusqu'au découragement, vers 2 heures du matin, en voyant les formulaires encore à remplir sur des pages web hyper sécurisées...
Encore des cheveux blancs d'ici vendredi.
Commentaires
1. Le lundi 22 octobre 2007 à 22:12, par brigetoun :
cette fois le billet d'Assouline était remarquable
2. Le mardi 23 octobre 2007 à 04:22, par patapon :
Comme je suis un ancien du lycée Carnot, je me souviens que, dans les années 70, les élèves communistes (nombreux dans ce lycée bourgeois) nous avaient distribué à cette date le texte de la lettre de Guy Môquet (suscitant ainsi les sarcasmes des lycéens de droite). Maintenant c’est le contraire. Mais qu’on regarde le texte: c’est une lettre personnelle, intime, adressée à ses parents: on ne peut donc en rien la récupérer... il est très délicat, très difficile, de toucher à ce document, mais il est en tout cas impossible d’en faire un instrument de propagande au service de quoi que ce soit (de “gauche” comme de “droite”).
3. Le mardi 23 octobre 2007 à 06:30, par Berlol :
D'abord, quand on prépare le projet de commémoration obligatoire, on peut changer "camarades" en "compagnons", glisser d'un vocable communiste à un vocable gaulliste. Et hop ! Guaino l'a fait, et dit ne pas trouver ça important. Ensuite c'est que, du vide politique même de cette lettre, on ne peut tirer que les qualités humaines intrinsèques de l'individu Môquet, dont la première est le sens du sacrifice. Je ne vois en effet pas d'autre récupération possible. Mais celle-ci, apolitique, redirigeable dans n'importe quelle direction, avec une bonne télécommande, est de loin la plus dangereuse, car c'est la porte ouverte au fanatisme... D'où mon titre.
4. Le mardi 23 octobre 2007 à 14:33, par Philippe De Jonckheere :
C'est curieux, vous êtes comme cela quelques uns à ne pas du tout apprécier l'Assouline, pionier autoproclamé de l'internet littéraire (www.desordre.net/bloc/bru... ), et bien sûr je vous rejoins là dessus, mais vous avez toujours l'air de savoir exactement ce qu'il a écrit dernièrement dans son torche cul de blog. Pour ma part quand je déteste, et en l'espèce je déteste, il ne me vient pas à l'idée d'aller voir dans son vomis. Faudra m'expliquer.
Amicalement
Phil
5. Le mardi 23 octobre 2007 à 15:13, par Berlol :
L'info, Coco ! Il y a des blogs dont je me désabonne sans hésitation. Et puis il y en a que je n'aime pas mais que je suis (du verbe suivre) parce qu'il y a de temps en temps des informations utiles...
Au fait, Philippe, as-tu reçu mon courriel du 20 octobre ?
6. Le mercredi 24 octobre 2007 à 02:36, par Philippe De Jonckheere :
Berlol, je t'ai répondu, tardivement, mais je t'ai répondu, je t'ai répondu non, mais je cherche quelqu'un qui pourrait répondre oui. Manière de ne pas te dire non. Ce qui me peine.
Amicalement
Phil
7. Le mercredi 24 octobre 2007 à 06:54, par Berlol :
Merci, ne t'inquiète pas. On va y arriver.
8. Le mercredi 24 octobre 2007 à 21:36, par Clément :
Moralité: le jubilatoire PORCHERIE des béru, se laisse toujours aussi bien entonner.
Cher Berlol, il y a au Japon au moins un autre "ancien" de Paris III à avoir eu la chance de suivre au début des années 90 les enseignements de D.Delbreil (mon initiateur à la narratologie), J.P.Goldenstein ("Entrées en littérature" m'a suivi au Japon), H.Behar (à qui je dois la lecture imposée des "Mémoires de guerre" du Général, pour les besoins de ses recherches; cela ne saurait s'oublier),G.Saad, D.Cecchi (par qui je découvris Mishima), E.Baumgartner (ma directrice de recherche en maîtrise) et d'autres au contact de qui je me suis formé en tant que jeune homme et futur enseignant. Pardonnez-moi cette énumération peut-être déplacée en cet espace, je voulais simplement exprimer ma gratitude à leur égard, dire, combien leurs leçons me furent précieuses et le restent.
J'ai beaucoup de plaisir à vous lire, amusé des différents effets conjugués de proximité géographique et de distances sociale et temporelle entre nos trajectoires.
Du pays du soleil levant
un précaire de l'enseignement.
Clément
9. Le mercredi 24 octobre 2007 à 21:50, par Berlol :
Cher Clément, je serais très heureux de vous rencontrer. J'ai connu tous les professeurs que vous nommez et suis encore en relation régulière avec deux d'entre eux. Nous nous sommes peut-être déjà croisés, d'ailleurs... Mais je n'ai souvenir d'aucun Clément. A moins que vous n'utilisiez un pseudo. Si vous êtes tenté, laissez un commentaire en me donnant une adresse de courrier (qui n'apparaîtra pas dans le commentaire public) et je vous joindrai en privé.
10. Le mercredi 24 octobre 2007 à 22:03, par Clément :
Clément est mon véritable prénom, mais je suis presque sûr que nous ne nous sommes jamais croisés. Je peux vous adresser mon CV qui vous en dira un peu plus sur moi, si vous le souhaitez (mais je n'ai pas votre mail). Je serais bien sûr moi aussi ravi de vous rencontrer. Je réside à yokohama, mais assure mes "piges" pédagogiques dans différentes boîtes Tokyoïtes.
Bien à vous,
Clément
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