L'océan qui importe
Par Berlol, mardi 23 octobre 2007 à 23:59 :: General :: #801 :: rss
Dans le journal, T. a lu qu'il y avait une grève
à l'école de langue Nova. Une grève d'enseignants
étrangers
au Japon ! Après le scandale des tickets
non-remboursables
(des clients qui avaient payé d'avance des cours
pour un ou deux ans, et qui ne pouvaient plus se
faire rembourser — mais il faudrait que je
vérifie, parce
que parfois ma mémoire déforme...),
l'école soi-disant fer de
lance des langues étrangères il y a quelques
années, l'école aux centaines de petites agences
dans
lesquelles des universités avaient commencé
à
externaliser leurs cours de langue (si, si...), cette école
joviale et dynamique qui faisait partie de tous les paysages des gares
japonaises... est sur le point de disparaître.
Bien que je n'aie jamais apprécié cette boîte qui sous-paye des enseignants natifs peu qualifiés en les tenant par le visa, fait une concurrence déloyale au moyen d'onéreuses campagnes de publicité et, le pire, donne des idées de management des langues étrangères jusque dans les ambassades et les instituts, je ne me réjouis pas du chômage et de la précarité qui menacent nombre d'enseignants d'errer bientôt sur le pavé nippon. D'autant qu'une autre boîte la remplacera...
Maintenant que j'ai des lunettes de vue, je peux lire dans le train des livres en japonais avec des furiganas. Et donc chercher dans le dictionnaire des mots que je suis content d'apprendre, que je répète... en sachant que je n'en retiendrai qu'un sur cinq.
Quand je fais du japonais, j'ai souvent l'impression de vouloir vider un océan avec un dé à coudre. Cependant, depuis quelques temps, je comprends qu'en japonais comme en tout, ce n'est pas vider l'océan qui importe, c'est soigner son mouvement de dé.
L'autre jour, j'ai appris avec amusement qu'à Kyoto Éric m'a piqué mon prof de japonais.
Possibilité d'aller voir ça de près mercredi prochain...
En cours de conversation, parmi divers sujets, on parle de la sieste. Un vrai tabou, dans un pays où tout le monde est chroniquement fatigué. Mais prenez un professeur qui passe dans un couloir. Il ne vous dira jamais qu'il n'a rien à faire. Même si ce n'est pas vrai, il vous dira toujours qu'il est très occupé — et en général c'est vrai.
Bien que je n'aie jamais apprécié cette boîte qui sous-paye des enseignants natifs peu qualifiés en les tenant par le visa, fait une concurrence déloyale au moyen d'onéreuses campagnes de publicité et, le pire, donne des idées de management des langues étrangères jusque dans les ambassades et les instituts, je ne me réjouis pas du chômage et de la précarité qui menacent nombre d'enseignants d'errer bientôt sur le pavé nippon. D'autant qu'une autre boîte la remplacera...
Maintenant que j'ai des lunettes de vue, je peux lire dans le train des livres en japonais avec des furiganas. Et donc chercher dans le dictionnaire des mots que je suis content d'apprendre, que je répète... en sachant que je n'en retiendrai qu'un sur cinq.
Quand je fais du japonais, j'ai souvent l'impression de vouloir vider un océan avec un dé à coudre. Cependant, depuis quelques temps, je comprends qu'en japonais comme en tout, ce n'est pas vider l'océan qui importe, c'est soigner son mouvement de dé.
L'autre jour, j'ai appris avec amusement qu'à Kyoto Éric m'a piqué mon prof de japonais.
Possibilité d'aller voir ça de près mercredi prochain...
En cours de conversation, parmi divers sujets, on parle de la sieste. Un vrai tabou, dans un pays où tout le monde est chroniquement fatigué. Mais prenez un professeur qui passe dans un couloir. Il ne vous dira jamais qu'il n'a rien à faire. Même si ce n'est pas vrai, il vous dira toujours qu'il est très occupé — et en général c'est vrai.
Commentaires
1. Le mardi 23 octobre 2007 à 16:38, par patapon :
“Je suis débord(é) de travail, je suis crevé(e), je croule sous le boulot....” sont effectivement des mots qui reviennent souvent dans la bouche des profs japonais. Cependant, quand on va y voir d’un peu près, on s’aperçoit que bon nombre d’entre eux passent une bonne partie de leur temps à inventer du pseudo-boulot (réunions bidons, comités Théodule, usines à gaz de toutes sortes) qui effectivement prend du temps, mais ne débouche, intellectuellement parlant, sur rien du tout. Si la fonction d’un universitaire est de contribuer à produire et à diffuser le savoir, il y en a beaucoup à qui on a envie de dire: peut mieux faire...
2. Le mardi 23 octobre 2007 à 23:15, par eric :
Il était libre, le prof de japonais! et ce n'est pas un statut voué à la monogamie!
voilà, j'ai mordu à l'hameçon : mercredi prochain, c'est noté; je saurai à la fin de la semaine comment on peut s'organiser.
pour ta gouverne, j'ai une longue séance avec le prof de japonais prévue mardi soir; on avait envisagé, le cas échéant, de t'y convier : on a l'esprit large, dénué de prévention contre le ménage à trois.
3. Le mercredi 24 octobre 2007 à 06:55, par Berlol :
Je sais qu'il était libre... Pour mercredi, je te confirmerai moi aussi en fin de semaine.
4. Le mercredi 24 octobre 2007 à 10:36, par Alexe :
C'est marrant, quand j'ai fait du japonais j'avais l'impression que c'était moi le dé à coudre...
Alexe
www.si-les-idees-suffisaient.net
5. Le mercredi 24 octobre 2007 à 17:58, par Berlol :
Sur Nova, dont la situation empire de jour en jour, repartie visionnaire en commentaire de cet article : "Its gonna be a supernova"...
Ajouter un commentaire