Après rapide relecture du chapitre III hier soir, rédaction des notes de cours ce matin, de six à huit. À la fin du chapitre II, on pourrait croire que L'Étranger s'achève déjà. Une routine semble reprendre, le choc du deuil est absorbé par la petite vie banale d'un employé qui ne veut pas faire de vague. Au travail comme en ville, tout roule comme avant, comme toujours. C'est au retour chez lui que Meursault va entrer sans le savoir dans son destin. Pour ça, Camus le (et nous) met face à un diptyque de dépendances névrotiques : Salamano et son épagneul, Sintès et sa Mauresque. Le parallèle est effrayant, d'autant qu'uni par le sang : la rouge du chien et les croutes de Salamano d'un côté, le boudin, le vin et le sang des taquets de Sintès de l'autre. Si quelques lecteurs peuvent voir que le rouge est mis, Meursault ne perçoit en revanche aucun signal d'alarme et tombe droit dans le panneau. Sintès l'embobine avec sa logique de l'honneur viril, de la tromperie avérée (Ah ! le bel euphémisme que d'avoir « trouvé » un billet de loterie et une indication du mont-de-piété, quand il faudrait dire « fouiller », sans doute) et de la punition à soigner. Mais qui ne voit ces méthodes de proxénète !? Ce langage biaisé du machisme !? La manipulation d'un voisin naïf !?

Le typhon est sur nous. Il n'y a rien à faire pour l'éviter. Ça durera encore la journée. Quelques étudiants en ont profité pour ne pas se lever. Qu'à cela ne tienne, le cours est tout de même bien animé.
Et suivi d'une grande animation de l'Institut puisque c'est le jour de la vente de livres d'occasion. Les bibliothèques de l'Institut et de la Maison franco-japonais ainsi que la librairie Omeisha désherbent, comme aiment à dire les bibliothécaires... Je trouve Œuvres d'Édouard Levé (2002), Carnets d'une soumise de province de Caroline Lamarche (2004), neufs, ainsi que trois Hervé Guibert en poche occasion, La Mort propagande (1977), Des Aveugles (1985), Le Paradis (1992), et, qui vient d'arriver à la librairie, le dernier Modiano.

Déjeuner au Saint-Martin. Là aussi, peu de clients qui ont bravé les éléments pour se nourrir. Pourtant...

Je passe le reste de la journée à installer une nouvelle version de WordPress. Ghrrr@°#§!!!... Dans le cambouis, comme dit François.
Changement d'adresse (Emmanuel Mouret, 2006) pour me distraire. Un peu niais, au premier abord, mais assez intéressant. On sent des clins d'yeux à la Nouvelle Vague (Tous les garçons s'appellent Patrick, Antoine Doinel au lit, de la timidité rhomerique, etc.). De naïfs et bétas, les personnages deviennent attachants. On aurait envie de les revoir en allant au café du coin ou à la boutique de photocopies.