Récupérer un pays propret
Par Berlol, mardi 30 octobre 2007 à 23:59 :: General :: #808 :: rss
Une journée de cours et après c'est le festival
de
l'université — c'est-à-dire pas
d'autres cours
cette semaine.
Interruption du serveur pendant au moins deux heures, ce matin, mais rétablissement de l'accès avant le cours dans lequel j'utilise un blog pour la conversation (on est quand même à la merci de la panne). Pédagogiquement parlant, ça marche très bien : après les commentaires écrits qui peuvent être commentés oralement en classe, on en est à la rédaction de billets par chaque étudiant, avec insertion de liens pour présentation orale en classe. Une étudiante a présenté aujourd'hui en français une page sur le dialecte de Nagoya (en japonais), c'était savoureux.
Dans le train du retour, écoute suite et fin des émissions sur la République de Weimar. La troisième émission était plus culturelle. Nombreuses interventions sur la littérature, le cinéma, le théâtre. Stupéfiant foisonnement de création dans cette Allemagne en apparence libérée de l'impérialisme mais plombée par la défaite et la dette. Tout le monde connaît des noms comme expressionnisme, futurisme, mouvement Dada, Bauhaus. Le modernisme et la modernisation sont culturellement orientés vers l'individu, pour un individualisme qui accompagne d'ailleurs la production économique. Mais sous ces agitations visibles, les forces conservatrices qui craignent par dessus tout cette libération des masses se développent et s'organisent, elles aussi, agitent un pays en proie à une hyper-inflation, promeuvent la peur, les milices... pour canaliser cette force des masses dont l'existence est rendue inévitable par l'industire, la concentration urbaine et les médias.
Le plus étonnant est quand même d'entendre que les aristocrates réactionnaires, nostalgiques de l'ancien régime, auraient laissé monter le prolo et vulgaire Hitler qu'ils n'invitaient pas à leur table pour qu'il fasse le sale boulot que leurs mains trop blanches leur interdisaient de faire, en pensant qu'ils pourraient toujours stopper sa carrière et récupérer un pays propret. Mauvais calcul, visiblement.
T.
revient juste après moi des obsèques de la
cousine paternelle, son avion avait un peu de retard. Elle
rapporte une moisson de nouvelles connaissances, cette branche
campagnarde de la famille ayant sciemment été
délaissée par sa mère qui ne jurait
que par Ginza : les enfants,
petits-enfants, cousins, neveux et nièces de la disparue et
des
trois autres personnes âgées que nous avions
rencontrées en 2005 et 2006.
Elle rapporte aussi des remarques personnelles sur la culture de la péninsule de Kinusaki. Le plus surprenant pour elle, raconte-t-elle, était la cérémonie de la crémation. À Tokyo, pour son père, nous l'avions vécue d'une façon organisée pour l'ordre symbolique et par la prestation de service. Des employés des pompes funèbres faisaient tout pour nous, jusqu'au moment du transfert des restes d'ossements qui avaient été mis en tas par l'un d'entre eux.
À Kunisaki, le dispositif est plus réaliste et il implique. C'est le fils aîné qui doit appuyer sur le bouton pour lancer la crémation (ce qu'il fait en demandant pardon à sa mère). Puis, lorsque les restes sont sortis du four, ils ont encore la forme exacte du corps de la défunte, dont la vision s'impose à la famille réunie — épreuve de réalité, de la réalité de la mort, qui peut — peut-être — permettre à la majorité des vivants de bien comprendre — concevoir — que cette personne n'est plus, toute aimée qu'elle ait été, au point que l'idée de sa mort ait paru jusqu'ici inconcevable. Si prendre avec des baguettes un morceau d'os provenant d'un tas informe est déjà assez pénible, qu'en est-il s'il faut prélever ce morceau dans la forme du corps ? Et de voir cette forme progressivement disparaître tandis que chacun son tour en retire un os pour le déposer dans l'urne ?
Ce soir ou Jamais du 25. Je n'en vois que l'entretien avec Alain Badiou qui sort De quoi Sarkozy est-il le nom ?
Un bien beau titre. Et des propos — je ne cite pas tout — qui me rappellent Weimar, mais ça doit être une coïncidence...
« Les opprimés, de façon générale, n'ont qu'une seule arme. C'est leur discipline. Ils n'ont rien. Ils n'ont pas l'argent, ils n'ont pas les armes, ils n'ont pas le pouvoir, la seule force qu'ils puissent avoir, c'est celle de leur organisation et de leur discipline.»
Alors, de quoi Sarkozy est-il le nom ?
« Je pense qu'il est le nom d'une société qui a peur, en effet, et qui demande qu'on la protège. Je sens dans cette société la demande d'un maître protecteur qui, justement, sera aussi capable d'user de violence contre ceux dont on a peur. Cette peur vient à mon avis de ce que la France, après une longue histoire glorieuse, est aujourd'hui une puissance moyenne, dotée de privilèges et de richesses considérables, mais c'est une puissance moyenne dans un monde qui est dominé par des colosses émergents comme la Chine ou l'Inde ou des puissances considérablement plus fortes comme les États-Unis. Et par conséquent, l'avenir de la France est incertain. Nous ne savons pas, le peuple français ne sait pas où va ce pays. Il sait qu'il a un grand passé mais il doute qu'il ait un grand avenir. Et cela crée, en effet, un sentiment de peur, un sentiment de refermement, un sentiment de protection, et Sarkozy est un des noms de ce phénomène. Le vote pour Sarkozy est une demande de protection.» (Alain Badiou, entretien avec Frédéric Taddeï, Ce soir ou Jamais, France 3, le 25 octobre 2007)
Interruption du serveur pendant au moins deux heures, ce matin, mais rétablissement de l'accès avant le cours dans lequel j'utilise un blog pour la conversation (on est quand même à la merci de la panne). Pédagogiquement parlant, ça marche très bien : après les commentaires écrits qui peuvent être commentés oralement en classe, on en est à la rédaction de billets par chaque étudiant, avec insertion de liens pour présentation orale en classe. Une étudiante a présenté aujourd'hui en français une page sur le dialecte de Nagoya (en japonais), c'était savoureux.
Dans le train du retour, écoute suite et fin des émissions sur la République de Weimar. La troisième émission était plus culturelle. Nombreuses interventions sur la littérature, le cinéma, le théâtre. Stupéfiant foisonnement de création dans cette Allemagne en apparence libérée de l'impérialisme mais plombée par la défaite et la dette. Tout le monde connaît des noms comme expressionnisme, futurisme, mouvement Dada, Bauhaus. Le modernisme et la modernisation sont culturellement orientés vers l'individu, pour un individualisme qui accompagne d'ailleurs la production économique. Mais sous ces agitations visibles, les forces conservatrices qui craignent par dessus tout cette libération des masses se développent et s'organisent, elles aussi, agitent un pays en proie à une hyper-inflation, promeuvent la peur, les milices... pour canaliser cette force des masses dont l'existence est rendue inévitable par l'industire, la concentration urbaine et les médias.
Le plus étonnant est quand même d'entendre que les aristocrates réactionnaires, nostalgiques de l'ancien régime, auraient laissé monter le prolo et vulgaire Hitler qu'ils n'invitaient pas à leur table pour qu'il fasse le sale boulot que leurs mains trop blanches leur interdisaient de faire, en pensant qu'ils pourraient toujours stopper sa carrière et récupérer un pays propret. Mauvais calcul, visiblement.
T.
revient juste après moi des obsèques de la
cousine paternelle, son avion avait un peu de retard. Elle
rapporte une moisson de nouvelles connaissances, cette branche
campagnarde de la famille ayant sciemment été
délaissée par sa mère qui ne jurait
que par Ginza : les enfants,
petits-enfants, cousins, neveux et nièces de la disparue et
des
trois autres personnes âgées que nous avions
rencontrées en 2005 et 2006.Elle rapporte aussi des remarques personnelles sur la culture de la péninsule de Kinusaki. Le plus surprenant pour elle, raconte-t-elle, était la cérémonie de la crémation. À Tokyo, pour son père, nous l'avions vécue d'une façon organisée pour l'ordre symbolique et par la prestation de service. Des employés des pompes funèbres faisaient tout pour nous, jusqu'au moment du transfert des restes d'ossements qui avaient été mis en tas par l'un d'entre eux.
À Kunisaki, le dispositif est plus réaliste et il implique. C'est le fils aîné qui doit appuyer sur le bouton pour lancer la crémation (ce qu'il fait en demandant pardon à sa mère). Puis, lorsque les restes sont sortis du four, ils ont encore la forme exacte du corps de la défunte, dont la vision s'impose à la famille réunie — épreuve de réalité, de la réalité de la mort, qui peut — peut-être — permettre à la majorité des vivants de bien comprendre — concevoir — que cette personne n'est plus, toute aimée qu'elle ait été, au point que l'idée de sa mort ait paru jusqu'ici inconcevable. Si prendre avec des baguettes un morceau d'os provenant d'un tas informe est déjà assez pénible, qu'en est-il s'il faut prélever ce morceau dans la forme du corps ? Et de voir cette forme progressivement disparaître tandis que chacun son tour en retire un os pour le déposer dans l'urne ?
Ce soir ou Jamais du 25. Je n'en vois que l'entretien avec Alain Badiou qui sort De quoi Sarkozy est-il le nom ?
Un bien beau titre. Et des propos — je ne cite pas tout — qui me rappellent Weimar, mais ça doit être une coïncidence...
« Les opprimés, de façon générale, n'ont qu'une seule arme. C'est leur discipline. Ils n'ont rien. Ils n'ont pas l'argent, ils n'ont pas les armes, ils n'ont pas le pouvoir, la seule force qu'ils puissent avoir, c'est celle de leur organisation et de leur discipline.»
Alors, de quoi Sarkozy est-il le nom ?
« Je pense qu'il est le nom d'une société qui a peur, en effet, et qui demande qu'on la protège. Je sens dans cette société la demande d'un maître protecteur qui, justement, sera aussi capable d'user de violence contre ceux dont on a peur. Cette peur vient à mon avis de ce que la France, après une longue histoire glorieuse, est aujourd'hui une puissance moyenne, dotée de privilèges et de richesses considérables, mais c'est une puissance moyenne dans un monde qui est dominé par des colosses émergents comme la Chine ou l'Inde ou des puissances considérablement plus fortes comme les États-Unis. Et par conséquent, l'avenir de la France est incertain. Nous ne savons pas, le peuple français ne sait pas où va ce pays. Il sait qu'il a un grand passé mais il doute qu'il ait un grand avenir. Et cela crée, en effet, un sentiment de peur, un sentiment de refermement, un sentiment de protection, et Sarkozy est un des noms de ce phénomène. Le vote pour Sarkozy est une demande de protection.» (Alain Badiou, entretien avec Frédéric Taddeï, Ce soir ou Jamais, France 3, le 25 octobre 2007)
Commentaires
1. Le mardi 30 octobre 2007 à 23:39, par vinteix :
Alain Badiou n'est pas toujours ou du moins n'a pas toujours été (du temps de son maoïsme enchanté...) du côté des "Lumières" les plus éclairantes... mais la persévérance de son combat et certaines de ses idées iconoclastes sont toujours bonnes à entendre..
Et pendant ce temps, le PDG protecteur et décomplexé de la France, qui est au moins "le nom de lui-même", se fait allègrement doubler son salaire...
2. Le mercredi 31 octobre 2007 à 00:35, par Dom :
Le temps de son maoïsme enchanté, c'est ici et maintenant : la discipline et l'organisation meilleures et seules armes des opprimés... Pas l'indiscipline et la démobilisation ?
3. Le mercredi 31 octobre 2007 à 00:36, par christian :
Ce rituel de crémation et de récupération d'éléments inertes du désormais "Ex- Vivant" aiderait-il à "faire son deuil". En Europe, le corps est mis en bière... Il conserve donc sa forme de vivant, ce qui favorise peut-être une fixation du souvenir sur l'image du décédé. Alors qu'ici, on est obligé de "faire avec ses souvenirs".
Bon, sur ce, je vais me mettre une bière dans le corps! Ça vaut quand même mieux! Mes amitiés et condoléances à toi, à T.
4. Le mercredi 31 octobre 2007 à 02:26, par brigetoun :
agréable de voir que des cranes arrivent à découvrir ce qu'un bon sens de base tient pour évident : que les populismes sont toujours arrivés avec un assentiment un peu dégouté des "classes dirigeantes", ce par quoi elles ont été peu à peu bouffées et remplacées sauf dans leurs éléments les plus récents ou maléables - que le vote Sarkozy est une demande de père ou de chef et de protection. Reste à partir de ces évidences pour nuancer
5. Le mercredi 31 octobre 2007 à 02:46, par Berlol :
Je crois que l'indiscipline et la démobilisation vis-à-vis d'un certain état des choses, d'une certaine bien-pensance n'ont de chance de servir à quelque chose comme du changement que dans la mesure où elles deviennent discipline et mobilisation pour autre chose. Tout le problème est de savoir si ce devenir est humainement possible (sans être obligé de fabriquer artificiellement un homme nouveau, impasse déjà sur tous les plans) et pour quelle autre chose, ontologiquement et socialement parlant. Mais déjà un esprit social qui viserait un peu autre chose que le profit et des accords qui favoriseraient un peu de décroissance, ça serait un grand pas. Je ne vois pas qu'on soit en train d'essayer de le faire...
6. Le mercredi 31 octobre 2007 à 03:15, par vinteix :
En Europe, en tout cas en France, une belle image concernant la fixation du souvenir de nos chers morts était avant la mise en bière la pratique, disparue ou en tout cas devenue très marginale (même si elle est encore pratiquée dans certaines maternités pour les enfants morts-nés), de la photographie des défunts sur leur lit de mort, parfois même assis sur un fauteuil, comme mis en scène dans une pose paisible, notamment de jeunes enfants morts dans les bras de leur mère ou père... Il y avait eu il y a quelques années une très belle exposition ("Le dernier portrait") de ces photos du XIXeme siècle, d'anonymes ou de personnages célèbres (écrivains, artistes, hommes politiques) au Musée d'Orsay... dont certaines ont été reprises par Nathalie Rheims dans son "Lumière invisible à mes yeux" (L.Scheer, 2003)
Quant au rituel évoqué par Berlol, ne l'ayant pas encore vécu, j'imagine que cela doit être quelque chose d'en effet assez "impressionnant", pour le dire platement...
Néanmoins, la tendance dominante, en Occident en tout cas, étant généralement à l'occultation ou au maquillage pudique de la mort - sauf quand elle est spectaculaire et médiatisée : guerres, attentats, catastrophes naturelles... -, à l'édulcoration de "la mort privée", comme de la matérialité organique du corps (culte du corps-haine du corporel, "diktat" hygiéniste du "corps parfait" qui ne vieillirait pas, maquillé, en super santé, etc. un rêve de pureté, fantasme de perfection pour le coup mortifère), je trouve ces rituels, que ce soit celui de la photographie mortuaire au XIXeme siècle, au-delà même de son caractère "esthétique" très troublant et émouvant, ou celui de l'après crémation au Japon qui consiste à prélever les ossements avec les baguettes, et d'autres bien sûr à travers le monde, très importants, voire nécessaires... pour accepter (autant que possible) la réalité de la mort, faciliter le travail de deuil ou tout simplement ne pas fuir le tragique de la vie...
7. Le mercredi 31 octobre 2007 à 04:08, par Berlol :
Tout à fait d'accord avec toi. C'est cette nécessité que j'évoque par : « épreuve [...] de la réalité de la mort » pour « bien comprendre — concevoir — que cette personne n'est plus »...
8. Le mercredi 31 octobre 2007 à 06:32, par eric :
Alain Badiou a l'air de tenir des propos sensés, quoiqu'assez creux : ça doit être l'effet "Alain", une fois revenu (à mi-chemin, tout de même), de ses élucubrations maoïstes, on dirait presque du Alain Duhamel (pour la deuxième citation).
Beau texte, émouvant et juste, sur la crémation.
En changeant de registre sur le sujet, j'aime bien le jeu de mots de Christian. Ca me rappelle une copie de Première STI, commentaire de texte de la fin de L'Ingénu : l'infâme persécuteur de la vertu candide arrivant chez sa victime, la belle Saint-Yves, qui vient de mourir, "le premier objet qui se présente à lui est une bière"; ce qui donna lieu à un développement plaquant mon topo sur l'ironie voltairienne et la dérision des sacrements, puisque les proches de la défunte noyaient leur désespoir dans le houblon... Il y a un livre sur la beauté du contresens en littérature, je crois...
Sinon, sur la prise du pouvoir par les nazis et les jeux dangereux des patriciens fatigués, je ne connais rien de mieux que Les Damnés, de Visconti : le mélange du marxisme et de l'esthétisme décadent est détonant.
9. Le mercredi 31 octobre 2007 à 08:53, par Dabichan :
Récupérer un pays propret... C'est fort probablement ce qu'espèrent les autorités nippones avec leur nouvelle loi (entrée en vigueur prévue le 20 novembre prochain) portant sur la prise systématique des empreintes digitales de tout étranger se présentant devant un agent de l'immigration (voir l'article suivant). Le cas des étrangers résidents permanents n'est pas très clair : un document en japonais parle d'exempter les étrangers résidents spéciaux (tokubetsu eijûsha)... les coréens du Japon en somme.
Should Japan fingerprint foreigners?
Two views of a pressing issue
By MATT DIOGUARDI
Fingerprinting puts foreign residents at risk
News photo
Imagine you live in a small town. Every time a crime is committed the police come to your door and escort you to the police station, take your fingerprints, and compare them to those found at the crime scene.
News photo
As you are the only person so regularly singled out, you ask, "Hey, why always me?" The answer is, "if you're innocent, why worry about it?"
Eventually after your visits to the police station become almost daily, you plead with the officers to leave you alone. One of them has a revelation: "Hey, instead of destroying your fingerprints each time, let's make a permanent record! Then, every time there's a crime we'll use that?"
Problem solved? Of course not. Having had enough, you spit in outrage, "why me? Why is it always my fingerprints and not anyone else's you compare to those found at crime scenes?" One officer smiles sheepishly and explains, "it's because you're a foreigner."
Sound unrealistic? Unfortunately, it's not. It's a reality. It's already happened in the U.S., and it will soon be happening here.
Do you wish to enter Japan? Then you are suspect. Before you can enter you must turn over your fingerprints and allow them to be cross checked against an international list of criminals and terrorists. And that's just the beginning.
The prints will remain on record for 70 years. According to the new procedures, if requested, the Justice Ministry will turn over the data to the police and other government agencies.
What's that mean? It means like our fictional character in the beginning of this story, that for any crime committed in Japan, there is a high probability that you will be treated as a de facto suspect.
While no citizens will have to submit fingerprints by default, yours will already be there. And you'd better believe you are a de facto suspect in each case. It'll be as easy as pushing a few buttons on a computer.
Is it fair for a foreigner to be a de facto suspect in potentially any crime in Japan where fingerprints are lifted? No.
The Japan Federation of Bar Associates has come out strongly against this measure. (See: www.nichibenren.or.jp/ja/publication/booklet/data/nyukanhou_qa.pdf)
Among the many useful arguments they make, they point out that the measure might well stigmatize foreigners as somehow being more inherently capable of crime than Japanese.
They also note that it is clearly unconstitutional under Article 13. And yes, the constitution does apply to people seeking entry into Japan. They may not be citizens, but they are people.
Ultimately, this policy puts foreigners at unfair risk. I typed in the phrase "how to fake fingerprints" on Google recently and got back over half a million hits. I checked the first 60, which told you how to do just that.
You leave your fingerprints everywhere you go. You leave them on trains, on vending machines, any place you lay your hands. Foreigners will have to take this in stride as they become de facto suspects in almost every crime committed.
There are respected scholars, former police officers, and journalists now questioning the entire science of fingerprinting. And whose to say how long it takes before collected prints are leaked through Winnie?
Putting all this aside, guess what? This policy just won't work. Does anyone really believe that all terrorists are foreigners? The Tokyo subway sarin attack comes to mind (6000 injured, 12 dead), so does the bombings of Mitsubishi Heavy Industries in Tokyo in 1974 (20 injured, 8 dead) and the Hokkaido Prefectural Government office in Sapporo in 1976 (80 injured, 2 dead). The obvious prejudice here is palpable.
Lest anyone forget, most of the 9/11 terrorists entered America legally. Terrorists often have clean records and are not on watch lists.
So if not terrorists, who is on the watch lists? Well as the Justice Ministry will rely on an international list, in many cases they have no way of knowing.
There have already been credible reports of activists in America being detained because their names turned up on terrorists watch lists (simply a mistake?).
Recently some British citizens were outraged when they found that their names had been put into a criminal database (more mistakes?).
Terrorists with clean records will be able to enter, ordinary people will be hindered and face rights abuses.
If none of this is enough, has anyone stopped to even fathom the cost involved here?
So what you have here is a ineffective policy that clearly discriminates against foreigners and costs a bundle of cash.
In short, the worst of all worlds.
WHAT DO YOU THINK OF THE FINGERPRINT LAW? E-MAIL US AT:
community@japantimes.co.jp
The Japan Times: Tuesday, June 6, 2006
10. Le mercredi 31 octobre 2007 à 08:57, par Dabichan :
Toujours sur ce même oppressant problème...
L'avis émis par l'Association des barreaux du Japon... hostile à cette loi incontestablement inconstitutionnelle, car discriminatoire (le nouvel état du droit poserait comme principe que tout étranger venant au Japon devrait être considéré comme un terroriste ou à tout le moins (!) un criminel en puissance, alors que jamais un Japonais ne saurait sombrer dans la délinquance, c'est bien connu !)
出入国管理及び難民認定法施行規則の一部を改正する省令案に対する意見
2007年10月11日
日本弁護士連合会
本意見書について
第164 国会で成立した出入国管理及び難民認定法の一部を改正する法律(平成18年法律第43号)により、特別永住者等を除く外国人についてその上陸時に指紋等の個人識別情報の提供を義務付ける規定及び特別永住者等の外国人について証印を受けることなく指紋等の個人識別情報を利用して自動化ゲートを通過することを可能とする規定が設けられ、これらの規定は、2007年11月23日までに施行されることとされています。
現在、法務省は、これらの規定の実施のための手続等を定めるとともに、一定の要件に該当する日本人についても自動化ゲートの通過を可能とする規定を整備するため、「出入国管理及び難民認定法施行規則の一部を改正する省令案」を公表し、これに対する意見公募を行っています。
日弁連は、上記の改正法に関し、「外国人の出入国・在留管理を強化する新しい体制の構築に対する意見書」(2005年12月15日付け)及び「入管法『改正』法案の徹底した審議を求める会長声明」(2006年5月15日付け)を発表し、反対の意見を述べてきましたが、上記の省令案についても意見を取りまとめ、2007年10月11日に法務大臣宛に提出しました。
本意見の趣旨は、以下のとおりです。
1. 指紋及び顔の画像情報の提供を義務付けることについて
省令案では、すべての外国人(特別永住者等を除く)の上陸申請時に提供を義務付ける個人識別情報として、顔情報のみならず指紋情報を規定するが、個人識別情報の提供の義務化は、プライバシー権ないし自己情報コントロール権の制約にあたるから必要最小限にとどめるべきものであり、改正法施行にあたって提供を義務付ける個人識別情報として、顔情報のみならず指紋情報を規定するべきではない。
なお、改正法におけるすべての外国人(特別永住者等を除く)の上陸申請時に個人識別情報の提供を義務付ける規定の施行時期等についても、国会等において、国際的動向などを総合的に勘案して、見直しが図られるべきものである。
2. 提供を受けた顔情報及び指紋情報の保管及び利用について
省令案では、外国人の上陸審査時に取得した個人識別情報についての保管や利用に関する規定が存在しないが、これらの個人識別情報は、プライバシー権ないし自己情報コントロール権の保障を受ける重要な情報であるから、旅券上の情報や過去に退去強制を受けた者の情報などとの照合を完了した時点で直ちに消去し、外国人の入国後もこれを保管して犯罪捜査や在留を管理する目的のために利用しないこととすべきであり、その旨を省令において明記するべきである。
3. 自動化ゲートの規定について
省令案では、自動化ゲートの利用のために提供された顔情報や指紋情報の目的外利用について規定していないが、これらの情報は、プライバシー権ないし自己情報コントロール権の保障を受ける重要な情報であるから、日本人を含む市民の顔情報や指紋情報を、犯罪捜査や在留状況ないし生活状況の監視の目的で利用することはできないこととし、その旨を省令において明記するべきである。
なお、自動化ゲートを利用しない者の出入国が現状よりも不便を来たすことのないよう、出入国手続全体の一層の迅速化に努めるべきである。
11. Le mercredi 31 octobre 2007 à 13:44, par brigetoun :
mais dans l'émission de Tadeï Badiou est un hors-d'oeuvre, consistant et important, mais un hors-d'oeuvre et après dans le débat on a Bilger et rapidement je ne peux plus supporter son air patelin joint à une démagogie répressive qui passe si bien.
Pour les rites de la mort, je crois réellement que nous en ressentons le besoin, mais qu'en fait ils ne règlent rien en eux-mêmes et que c'est à chacun de nous de faire avec elle quand elle touche des proches, comme nous le pouvons. Le principal avantage des rites au moment de ce passage est de faire écran, y compris dans l'expression de la compassion. Ils permettent de rester seuls derrière les gestes avec cela, en choisissant éventuellement des soutiens
12. Le mercredi 31 octobre 2007 à 15:20, par Berlol :
Oui, j'ai vu la suite et cet insupportable personnage à l'articulation pâteuse. Sa face de pourceau et sa défense du système répressif et des nouvelles réformes font froid dans le dos.
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