Grand soleil. Bain de réveil,  piles rechargées. Cette fois, nous prenons tout ce qui nous est servi au petit déjeuner, sachant que ça sera consommé dans la matinée. T. demande même des onigiris à emporter.
9h15, nous garons la voiture sur un parking nommé Oonuma-ike iriguchi (l'entré de l'étang Oonuma). Vérifions notre équipement comme avant la cordée. Chemin de service du Parc régional pour se chauffer en pente douce une bonne heure jusqu'à l'étang (artificiel) Oonuma. Le givre est partout, le soleil aussi. Roches géantes et souches moussues très dans l'univers des dessins animés de Miyazaki. Très peu de gens, ici — on est loin des troupeaux de Takao-san et de Hakone (on croisera une vingtaine de personnes dans la journée).
Le chemin suit l'étang sur un kilomètre. Avant de monter abruptement vers le lieu-dit des Quarante-huit Étangs, il nous propose de descendre tout près à la pointe sacrée, couverte de petits temples jusqu'au tori dans l'eau...
Rude montée de plus d'une heure, nombreux rondins bien fixés pour faire escalier. On se déshabille, jusqu'à la chemisette tellement ça chauffe — malgré les 8° ambiants — et on accroche les vêtements sur les sacs à dos, comme des pros.
Aux 48 Étangs, rare paysage avec chemin de planches traversant les marécages (je ne recompte pas les pièces d'eau, je leur fais confiance). Au beau milieu, une aire de repos avec une dizaine de bancs, encore ensoleillés pour vingt minutes peut-être, quelques nuages courent sur nous. Juste le temps qu'il nous faut, parmi quelques randonneurs sortant sandwiches et soupes instantanées, pour découvrir et engouffrer nos très classiques onigiris, quelques figues sèches et des mini Snikers. Vidons les gourdes à moitié.
13h30, l'heure de redescendre avant que le froid ne nous enveloppe. Abdos, cuisses et genoux sont sollicités au maximum par ces hautes marches glissantes — et la canne n'est pas de trop. Sommes à la voiture à 15h15. Total : 5h30 de marche, 30 minutes d'arrêts divers.

Ontologique : l'entrée de l'étant en est aussi la sortie.

En voiture vers Oku-Shiga, quelques kilomètres, jusqu'à l'hôtel du même nom où nous allons prendre un café (la plupart des autres sont fermés). Lieu de souvenirs nombreux pour T. qui est venue skier dans ce domaine en famille trois ou quatre fois il y a près de vingt-cinq ans, après que le Prince Hotel avait développé cette zone isolée (Oku-Shiga signifie le fond de Shiga, comme Oku-san signifie l'épouse, soit celle qui reste au fond de la maison, c'est-à-dire dans la cuisine...). Elle me raconte comment ça se passait avec sa mère et ses sœurs. Sauf cet hôtel, rafraîchi et agrandi, tout ou presque, dans cette vallée, a été construit après, jusqu'au récent et rutilant hôtel Grand Phenix. Et l'on n'était pas venu jusqu'ici en 98 lors de ce fameux week-end de ski.

De retour à notre hôtel à la nuit tombante (17h15), nous nous précipitons au bain pour nous débarrasser de la fatigue.
Avalons ensuite l'intégralité de notre dîner sans broncher, encore excellent. Et à la télé, Biohazard 2, parfait pour ne pas réfléchir, repos, massages, prises de notes, préparation du lendemain. Mais pas le temps pour la littérature ; mes deux livres resteront inouverts jusqu'au bout du week-end.