Rouvert nuit et jour
Par Berlol, dimanche 4 novembre 2007 à 18:48 :: General :: #810 :: rss
Quittons vers 9 heures Shiga-Kogen
et la sympathique famille qui anime cet hôtel-pension. Fort
brouillard, on ne voit pas les voitures
à 10 mètres et pourtant il y en a
déjà plus que les autres jours. Au lieu d'une
petite
randonnée,
nous choisissons d'aller jusqu'à Manza, c'est-à-dire de
remonter
vers
le Mont Shirane, voir si l'air ne serait pas plus
dégagé là-haut. Comme Manza n'est pas
grand,
T. conseille que nous allions directement au Prince Hotel prendre un
café, qu'il n'y aura rien
d'autre.
Et
quand on en sort, après un café
plutôt
léger, des gâteaux fades et un achat de petits
cadeaux
pour nos proches dans une boutique en hall de gare (ce n'est plus ce
que ça a été, les Prince
Hotel !),
surprise : le brouillard s'est totalement
évaporé, il fait grand soleil.
Incroyable ! Oui, ma bonne dame, c'est comme ça, la
montagne, le temps peut changer très vite !
Reprenons la route vers Shiga-Kogen. Il y a beaucoup de circulation, maintenant. Des voitures familiales, avec enfants et ancêtres, des groupes de motards, des coupés de jeunes couples, pas mal de plaques de Tokyo, et tout ça serpente vers les sommets, les points de vue avec escalator, les lieux de pique-nique. Un dimanche au grand air, quoi ! Heureusement, nous avons un plan pour échapper à la foule automobile. Avant Kidoike, nous prenons sur la gauche l'étroite route qui traverse le torrent et monte au col (fermera dans quinze jours) vers un versant des montagnes où il n'y a (presque) pas de bambous nains, où l'on élève des vaches et que j'appelle la Suisse depuis les balades de 94-95, quand on y entendait tinter les cloches. Mais aujourd'hui aucune vache. Où sont-elles ? Les a-t-on rentrées ? On nous cache tout.
Au fond de la vallée, nombreux rotemburos (ou rotenburos, 露天風呂, sentos ou bains de plein air, parfois mixte). Nous nous arrêtons à celui dit des Cinq couleurs. Il y a foule de voitures au parking et queue à l'entrée. On sépare hommes et femmes pour le vestiaire, de simples paniers où l'on entasse ses vêtements, puis pour le sento fermé, mais il y a une porte qui donne sur le bain extérieur où hommes et femmes macèrent de conserve — parce que l'eau n'est pas assez chaude, je trouve. Les hommes avec une petite serviette nonchalante, les femmes avec une grande bien ajustée, que l'on mate quand même au cas où. D'ailleurs T. ne vient pas dans le bain mixte parce qu'elle n'a pas de grande serviette. Moins d'une demi-heure plus tard, on reprend la route. C'était marrant mais, on est d'accord, pas assez chaud.
Passant dans Obuse — ses jolis magasins de gâteaux de châtaigne, de pâtes de châtaigne, de crèmes de châtaigne — noir de monde (normal pour un dimanche), nous voyons bien qu'il ne serait pas raisonnable de nous y arrêter. D'ailleurs, on a déjà acheté assez de sucreries.
Je me souviens que c'est dans un restaurant d'Obuse, à une télévision suspendue dans un coin, que j'ai appris la mort de Lady Diana. Nous étions quatre ou cinq à finir notre soupe de sobas, fraction du groupe de stagiaires de Shiga 1996 — et T. était en stage linguistique à Caen, on en avait parlé le soir au téléphone (sacrée facture à la fin du mois), elle avait un ami qui habitait près d'Alma-Marceau et me dirait les jours suivants les foules qui s'y recueillaient.
Infructueux arrêt à Oasis Obuse, halle commerciale trois kilomètres plus loin, sauf pour quelques paquets de gâteaux à offrir.
Rendons la voiture avec un peu d'avance à la gare de Nagano, pour nous en débarrasser, non sans l'inspecter et la saluer mentalement.
Au Metropolitan Hotel (nous étions tout de même ici en 1998 pour la cérémonie d'inauguration des Jeux olympiques d'hiver, ça nous fait drôle aussi), nous nous installons pour un déjeuner léger. En mangeant, T. se passionne pour la conversation d'une table voisine : il est question d'un mariage dans deux semaines et les deux familles ne sont pas d'accord sur l'organisation, mais T. sent bien que le mal vient de plus loin, la future belle-mère est déjà furieuse contre la future brue qui lui enlève son enfant chéri. Et ça n'ira pas en s'arrangeant. Le monde est donc bien partout pareil.
Shinkansen avant 5 heures, Tokyo avant 7 heures. Soirée rangement et courrier.
Ça y est, revenu du fin fond des montagnes. C'est rouvert jour et nuit.
Et
quand on en sort, après un café
plutôt
léger, des gâteaux fades et un achat de petits
cadeaux
pour nos proches dans une boutique en hall de gare (ce n'est plus ce
que ça a été, les Prince
Hotel !),
surprise : le brouillard s'est totalement
évaporé, il fait grand soleil.
Incroyable ! Oui, ma bonne dame, c'est comme ça, la
montagne, le temps peut changer très vite !Reprenons la route vers Shiga-Kogen. Il y a beaucoup de circulation, maintenant. Des voitures familiales, avec enfants et ancêtres, des groupes de motards, des coupés de jeunes couples, pas mal de plaques de Tokyo, et tout ça serpente vers les sommets, les points de vue avec escalator, les lieux de pique-nique. Un dimanche au grand air, quoi ! Heureusement, nous avons un plan pour échapper à la foule automobile. Avant Kidoike, nous prenons sur la gauche l'étroite route qui traverse le torrent et monte au col (fermera dans quinze jours) vers un versant des montagnes où il n'y a (presque) pas de bambous nains, où l'on élève des vaches et que j'appelle la Suisse depuis les balades de 94-95, quand on y entendait tinter les cloches. Mais aujourd'hui aucune vache. Où sont-elles ? Les a-t-on rentrées ? On nous cache tout.
Au fond de la vallée, nombreux rotemburos (ou rotenburos, 露天風呂, sentos ou bains de plein air, parfois mixte). Nous nous arrêtons à celui dit des Cinq couleurs. Il y a foule de voitures au parking et queue à l'entrée. On sépare hommes et femmes pour le vestiaire, de simples paniers où l'on entasse ses vêtements, puis pour le sento fermé, mais il y a une porte qui donne sur le bain extérieur où hommes et femmes macèrent de conserve — parce que l'eau n'est pas assez chaude, je trouve. Les hommes avec une petite serviette nonchalante, les femmes avec une grande bien ajustée, que l'on mate quand même au cas où. D'ailleurs T. ne vient pas dans le bain mixte parce qu'elle n'a pas de grande serviette. Moins d'une demi-heure plus tard, on reprend la route. C'était marrant mais, on est d'accord, pas assez chaud.
Passant dans Obuse — ses jolis magasins de gâteaux de châtaigne, de pâtes de châtaigne, de crèmes de châtaigne — noir de monde (normal pour un dimanche), nous voyons bien qu'il ne serait pas raisonnable de nous y arrêter. D'ailleurs, on a déjà acheté assez de sucreries.
Je me souviens que c'est dans un restaurant d'Obuse, à une télévision suspendue dans un coin, que j'ai appris la mort de Lady Diana. Nous étions quatre ou cinq à finir notre soupe de sobas, fraction du groupe de stagiaires de Shiga 1996 — et T. était en stage linguistique à Caen, on en avait parlé le soir au téléphone (sacrée facture à la fin du mois), elle avait un ami qui habitait près d'Alma-Marceau et me dirait les jours suivants les foules qui s'y recueillaient.
Infructueux arrêt à Oasis Obuse, halle commerciale trois kilomètres plus loin, sauf pour quelques paquets de gâteaux à offrir.
Rendons la voiture avec un peu d'avance à la gare de Nagano, pour nous en débarrasser, non sans l'inspecter et la saluer mentalement.
Au Metropolitan Hotel (nous étions tout de même ici en 1998 pour la cérémonie d'inauguration des Jeux olympiques d'hiver, ça nous fait drôle aussi), nous nous installons pour un déjeuner léger. En mangeant, T. se passionne pour la conversation d'une table voisine : il est question d'un mariage dans deux semaines et les deux familles ne sont pas d'accord sur l'organisation, mais T. sent bien que le mal vient de plus loin, la future belle-mère est déjà furieuse contre la future brue qui lui enlève son enfant chéri. Et ça n'ira pas en s'arrangeant. Le monde est donc bien partout pareil.
Shinkansen avant 5 heures, Tokyo avant 7 heures. Soirée rangement et courrier.
Ça y est, revenu du fin fond des montagnes. C'est rouvert jour et nuit.
Commentaires
1. Le dimanche 4 novembre 2007 à 22:44, par Caroline :
Et le Chevillard ? Pas encore commencé ? Moi, j'attends le moment de le relire. Chevillard, il faut toujours y revenir. Et c'est tellement bon...
2. Le dimanche 4 novembre 2007 à 23:14, par Berlol :
Si si, ouvert mercredi dernier puis laissé à la maison... Ça va reprendre, n'ayez crainte ! Merci du passage.
3. Le lundi 5 novembre 2007 à 03:45, par brigetoun :
est ce sa lecture qui entrave le complément ?
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