Je ne peux que m'associer avec joie à la proposition d'Éric Chevillard.

« [...] Si ces tests ADN étaient étendus à toute la population, ils garantiraient la saine origine des Français et permettraient l’extradition pattue militari des usurpateurs. Je suggère donc à chacun de mes concitoyens de faire parvenir sans délai et sous la forme qui lui paraîtra la plus opportune un échantillon de son urine à monsieur Brice Hortefeux, 101 rue de Grenelle, Paris.
Ou plus simplement, puisque les techniques d’analyse sont désormais si fiables qu’il suffit de presque rien pour distinguer coupables et innocents : un crachat.»


Et vais de ce pas m'enquérir de la meilleure façon d'empaqueter mon glaviot en courrier par avion.

En attendant l'envoi des glaires sous pli ministériel, je garde toute ma salive pour répondre ce matin à d'éventuelles questions relatives à l'octroi d'un visa permanent au Japon...
En effet, j'ai reçu la semaine dernière la convocation sur laquelle j'avais rédigé mon adresse en février, en déposant ma demande. Alors que je croyais que ça viendrait en mai, ça arrive en novembre. Il faut dire que je n'ai rien fait pour accélérer le dossier d'aucune façon, de crainte de froisser des susceptibilités contraires à la bonne marche du processus. Je suis donc — bien habillé mais sans cravate — à 10 heures dans le nord de Fushimi, je prends l'ascenseur pour le 3e, j'avise le panneau pour l'ordre des opérations (il y a déjà deux bonnes centaines d'immigrés de toutes origines qui attendent sur des rangs de fauteuils ou dans des queues), me dirige vers le guichet des timbres fiscaux, en achète deux à 4.000 yens, vais au comptoir 10 pour déposer ma convocation et mon passeport, m'assieds à mon tour en attendant qu'on appelle le numéro qu'on m'a donné, le 452, alors qu'on appelle à ce moment le 431, lis une vingtaine de minutes A Cauchemar is born tout en suivant le mouvement des numéros et des appelés, manque m'endormir tellement tout est calme ici, vais au comptoir 11 quand mes trois chiffres s'y affichent, récupère mon passeport des mains d'un homme souriant que je remercie et... c'est tout. Pas de question subsidiaire éliminatoire comme dans les grands concours de Pif Magazine, pas de test linguistique ni de dépôt d'ADN comme en France. Rien ne sert de postillonner. Garde ta salive pour hurler ta joie !
C'est quand même cool le Japon (ceci dit, ça fait quand même quinze ans que j'y suis...).

« Pékin et Bagdad ont affirmé que leurs avions avaient pris pour cible plusieurs postes de commandement et radars au sud du 50e parallèle, situés à moins de 110 kilomètres de Paris, et justifié les raids par l'augmentation de la fréquence des opérations françaises de défense antiaérienne.
[...] Les premières réactions dans le monde sont venues de Vienne et de Tokyo. L'Austro-Hongrie a condamné les frappes et accusé la nouvelle administration chinoise d'ignorer "tous les principes et les normes internationales humanitaires" (Jean-Charles Massera, A Cauchemar is born, Paris : Verticales, coll.  Minimales, 2007, p. 17 et 19)

Ayant regagné la base à temps, je déjeune au Downey avec David et un collègue japonais. On parle du film Mon petit Doigt m'a dit, que le collègue a vu mais dont il avait visiblement oublié la trame et sa subtilité — lui qui aime pourtant l'opéra n'a aucun souvenir de l'effet de l'air des Pêcheurs de perle sur Catherine Frot, rendue amnésique par une solive de cimetière.
On n'a guère le temps d'épiloguer sur l'excellence des barbouzes à la retraite. Remonté au bureau, j'y expédie les tâches courantes pour m'éclipser dès que possible et aller prendre un shinkansen bien mérité dans lequel je dors près d'une heure et demie, avant que T. me serve la soupe en même temps que quatre épisodes de barbouzes pas encore à la retraite (épisodes de la 6e saison de 24 Heures : récupération des têtes nucléaires, fin des islamistes, la Chine menaçante réveille la Russie, le bureau ovale change de tête).
Après quoi, je prends la machine à remonter le temps et m'attelle à la journée décisive de Meursault, jusqu'aux coups de feu qui détruisent « l'équilibre du jour.» (Albert Camus, L'Étranger, folio 2, p. 95) — et après je vais me coucher à mon tour.