mardi 20 novembre 2007
On met beaucoup de balles à côté
Par Berlol, mardi 20 novembre 2007 à 23:59 :: General
Dans le Asahi Shimbun
ce matin, un article plutôt bref (Reuters donne plus de
détails) sur les nouvelles mesures anti-terroristes qui
entrent en vigueur aujourd'hui. Parmi lesquelles, en effet, le retour
des empreintes digitales pour les étrangers entrant
sur le territoire japonais, y compris ceux qui y travaillent depuis
longtemps. Une vidéo de démonstration,
avec musique d'aéroport, a également
été réalisée. Je dis le retour car il y
avait, jusqu'en 2000, une empreinte de doigt sur la carte de
séjour. Il faut croire que le terrorisme a
récemment fait une percée au Japon... Plus
sérieusement, rappelons que le dernier attentat terroriste,
celui de la secte Aum, avait été
perpétré par des individus 100 %
Japonais.
Une pétition existe déjà, pour l'abolition de cette mesure. Que je ne juge pas utile de signer. Non que je sois pour, mais parce que je ne crois pas à ce genre d'actions ici. Et que le suivisme américain des politiques japonais est au-delà de toute considération éthique. Seule une campagne de presse puissante et négative pourrait parvenir à faire retirer cette honteuse discrimination — si elle émanait de la presse nationale. Ce qui n'arrivera pas.
Comme je somnolais dans le train, des bribes de Serviles Servants prenaient d'oniriques proportions. Yeux ouverts, c'était la campagne japonaise, yeux fermés, c'était des bocaux de graisse et des doses d'héroïnes dans des lieux délabrés. Trois jeunes qui bavardaient derrière me maintenaient quand même plus près du monde réel.
« D'abord Willard. Chercher si ce nom me va bien. J'essaye donc tous les matins, sans ouvrir les yeux, en restant dans la position de mon réveil, sans bouger un membre. Je me concentre et pense. Et remue et cherche des images, des sons, qu'importe. Quelque chose à quoi me raccrocher. Rien, en fin de compte. Je ne suis rien mais je suis vivant. Voilà une chose que Brando ne m'enlèvera pas.» (Tarik Noui, Serviles Servants, p. 90)
J'ai fait mes deux cours dans la joie d'un homme pressé d'en finir parce que je venais de recevoir l'étonnant cahier — comment dire autrement ? — de la maison Dissonances, signé Fanette Mellier pour le graphisme de l'objet et Éric Chevillard pour le texte. C'est encore à Laure que je le dois. Sois-en remerciée, très chère !
Même L'Alamblog chronique, c'est dire !
« J'hésite. Le boucher débite avec précision une carcasse en côtelettes parfaites, on dirait plutôt qu'il tourne les pages de quelque littérature substantielle enfin dégagée des vaines abstractions.» (Éric Chevillard, Dans la zone d'activité, Paris : Éditions Dissonances, 2007, p. 2 — serait-ce la carcasse graisseuse de Brando, découpée par Willard ?... Non, non, secoue-toi !)
La nuit est tombée et il commence à faire frisquet quand David et moi retournons jouer au ping-pong au second sous-sol du gymnase universitaire. Les cheerleaders y ont maintenant leurs habitudes d'entraînement et nous ménagent systématiquement un espace pongistique de six tables. Notre reprise n'est pas brillante, on transpire à peine, on met beaucoup de balles à côté. Ça sera mieux la semaine prochaine...
Une pétition existe déjà, pour l'abolition de cette mesure. Que je ne juge pas utile de signer. Non que je sois pour, mais parce que je ne crois pas à ce genre d'actions ici. Et que le suivisme américain des politiques japonais est au-delà de toute considération éthique. Seule une campagne de presse puissante et négative pourrait parvenir à faire retirer cette honteuse discrimination — si elle émanait de la presse nationale. Ce qui n'arrivera pas.
Comme je somnolais dans le train, des bribes de Serviles Servants prenaient d'oniriques proportions. Yeux ouverts, c'était la campagne japonaise, yeux fermés, c'était des bocaux de graisse et des doses d'héroïnes dans des lieux délabrés. Trois jeunes qui bavardaient derrière me maintenaient quand même plus près du monde réel.
« D'abord Willard. Chercher si ce nom me va bien. J'essaye donc tous les matins, sans ouvrir les yeux, en restant dans la position de mon réveil, sans bouger un membre. Je me concentre et pense. Et remue et cherche des images, des sons, qu'importe. Quelque chose à quoi me raccrocher. Rien, en fin de compte. Je ne suis rien mais je suis vivant. Voilà une chose que Brando ne m'enlèvera pas.» (Tarik Noui, Serviles Servants, p. 90)
J'ai fait mes deux cours dans la joie d'un homme pressé d'en finir parce que je venais de recevoir l'étonnant cahier — comment dire autrement ? — de la maison Dissonances, signé Fanette Mellier pour le graphisme de l'objet et Éric Chevillard pour le texte. C'est encore à Laure que je le dois. Sois-en remerciée, très chère !
Même L'Alamblog chronique, c'est dire !
« J'hésite. Le boucher débite avec précision une carcasse en côtelettes parfaites, on dirait plutôt qu'il tourne les pages de quelque littérature substantielle enfin dégagée des vaines abstractions.» (Éric Chevillard, Dans la zone d'activité, Paris : Éditions Dissonances, 2007, p. 2 — serait-ce la carcasse graisseuse de Brando, découpée par Willard ?... Non, non, secoue-toi !)
La nuit est tombée et il commence à faire frisquet quand David et moi retournons jouer au ping-pong au second sous-sol du gymnase universitaire. Les cheerleaders y ont maintenant leurs habitudes d'entraînement et nous ménagent systématiquement un espace pongistique de six tables. Notre reprise n'est pas brillante, on transpire à peine, on met beaucoup de balles à côté. Ça sera mieux la semaine prochaine...