Que leur mémoire n'hiberne pas
Par Berlol, jeudi 22 novembre 2007 à 23:53 :: General :: #832 :: rss
Dans la page Wikipédia du 22
novembre, le décès de Maurice
Béjart a déjà
été enregistré ! Sur DailyMotion aussi !
Repensant à lui, je me suis rendu compte qu'il avait
été, dans mon histoire personnelle, de ceux qui
m'avaient ouvert yeux
et oreilles (j'avais dû
voir sa Messe pour le
temps présent à la
télé et j'en avais ensuite eu le 33 tours...).
Quelques minutes plus tard, même page Wikipédia, les avis divergent sur l'utilité d'inscrire la naissance d'un acteur porno après celles d'Isild Le Besco et de Scarlett Johansson — joyeux anniversaire à elles deux !, ainsi qu'à Rosy Varte, qui aura 80 ans l'an prochain. C'est un autre 22 novembre que Kennedy a définitivement perdu cette opportunité.
C'était la rubrique cendres du jour.
« Car le rédacteur funéraire œuvre au milieu des pleurs et des gémissements, soutenant d'une main la veuve défaillante et, de l'autre, une grappe d'orphelins geignards. Il travaille à la feuille d'or parmi les tentures noires. Il cherche les mots qui consolent, qui guérissent, les mots qui requinqueront la veuve dont le visage apaisé, rafraîchi, repoudré, pourra plaire encore.» (Éric Chevillard, Dans la zone d'activité, extrait du n° 28 : « le rédacteur funéraire »)
Ici, les choses sont beaucoup moins impressionnantes. Sauf le froid, peut-être, qui surprend tout le monde. En sortant ce matin, je me demandais d'où je connaissais ces épaisseurs graduées de gris humides... Mais oui, évidemment : c'est le temps de Paris !
Mes trois cours se sont bien passés. À six semaines de la fin du semestre, les étudiants disposent déjà d'une large palette de possibilités de communication. Il faut maintenant les aider à oser, à combiner — et prier pour que leur mémoire n'hiberne pas.
Je récupère une partie de mon retard en visionnant le Ce soir ou Jamais du 14, sur la peur de l'extrême-orient. Les sinologues nous apprennent beaucoup de choses que les infos ne nous disent pas habituellement, c'est bon à entendre. Et puis j'aime bien le franc-parler de Ling Xi.
Quelques minutes plus tard, même page Wikipédia, les avis divergent sur l'utilité d'inscrire la naissance d'un acteur porno après celles d'Isild Le Besco et de Scarlett Johansson — joyeux anniversaire à elles deux !, ainsi qu'à Rosy Varte, qui aura 80 ans l'an prochain. C'est un autre 22 novembre que Kennedy a définitivement perdu cette opportunité.
C'était la rubrique cendres du jour.
« Car le rédacteur funéraire œuvre au milieu des pleurs et des gémissements, soutenant d'une main la veuve défaillante et, de l'autre, une grappe d'orphelins geignards. Il travaille à la feuille d'or parmi les tentures noires. Il cherche les mots qui consolent, qui guérissent, les mots qui requinqueront la veuve dont le visage apaisé, rafraîchi, repoudré, pourra plaire encore.» (Éric Chevillard, Dans la zone d'activité, extrait du n° 28 : « le rédacteur funéraire »)
Ici, les choses sont beaucoup moins impressionnantes. Sauf le froid, peut-être, qui surprend tout le monde. En sortant ce matin, je me demandais d'où je connaissais ces épaisseurs graduées de gris humides... Mais oui, évidemment : c'est le temps de Paris !
Mes trois cours se sont bien passés. À six semaines de la fin du semestre, les étudiants disposent déjà d'une large palette de possibilités de communication. Il faut maintenant les aider à oser, à combiner — et prier pour que leur mémoire n'hiberne pas.
Je récupère une partie de mon retard en visionnant le Ce soir ou Jamais du 14, sur la peur de l'extrême-orient. Les sinologues nous apprennent beaucoup de choses que les infos ne nous disent pas habituellement, c'est bon à entendre. Et puis j'aime bien le franc-parler de Ling Xi.
Commentaires
1. Le vendredi 23 novembre 2007 à 01:56, par brigetoun :
le gris humide qui fait ressortir le vaguement sordide des murs vieux et en mal d'entretien (mais je ne me résignerais pas pour autant à leur souhaiter le raclage que l'on nomme ravalement) - Avignon est entrée dans une période où elle n'appartient plus qu'à ses habitants.
Béjart, une vie qui se finit, une dans qui s'était un peu fanée
2. Le vendredi 23 novembre 2007 à 06:27, par Philippe De Jonckheere :
Je me dis que le monde de la danse contemporaine est très méconnu pour que l'on puisse croire une seule seconde que ce ringard épouvantable qu'était Béjart puisse appartenir à son panthéon et pareillement attirer les regards et ce concert de superlatifs post mortem.
Mettre Béjart plus haut ou même à la même hauteur que Merce Cunningham, Trisha Brown, pour les Américains et Pina Bausch, Georges Appaix ou même Hervé Robbe pour les Européens, c'est vraiment confondre des choses pas confondables, afficher un tableau de Buffet à côté d'un Picasso, jouer du Chausson avant du Bartok ou encore comparer Christine Angot à Proust.
On confond tout vraiment.
Amicalement
Philippe De Jonckheere
3. Le vendredi 23 novembre 2007 à 07:06, par Berlol :
Tu n'as pas tort sur le fond, même si je n'irai pas jusqu'à ringard épouvantable... En revanche, je ne cesserai jamais de te répéter que pour Angot tu fais erreur.
4. Le vendredi 23 novembre 2007 à 08:04, par brigetoun :
me sens moins seule là - mais comme on nous ressasse sa vie je réalise qu'il avait su choisir ses amis, une qualité non ?
5. Le vendredi 23 novembre 2007 à 10:03, par Philippe De Jonckheere :
Berlol, "je ne cesserai jamais de te répéter", oui, je crois que ce sont là nos habituelles marques d'amitiés, l'exemple, tu t'en doutes bien, n'ayant pas été choisi au hasard (ni même le nom des chorégraphes, mais là c'est davantage pour faire crisser les nerfs d'amis dont je tais volontairement l'identité et dont je sais qu'ils passent parfois par ici)
Amicalement, donc.
Phil
Ps si si "ringard épouvantable" je maintiens, tu ne devrais pas trouver d'article qui ne fut dithyrambique à son sujet dans les archives du "Figaro", c'est un bon instrument de mesure.
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