(Avec une semaine de retard, je m'aperçois que...) Le JLR a quatre ans. Quatre années ! Et pas un jour n'y manque !
En fait, ça s'est tellement incrusté dans ma vie quotidienne que je me demande comment je faisais avant.
Je me souviens vaguement que je m'ennuyais, certains soirs.

Encore du grand soleil pour les petites courses matinales (banque, poste, gare), au point que T. décide elle aussi de sortir son vélo. Nous allons ensemble au cimetière, à Gaienmae, par Akebonobashi et Shinanomachi. On entre dans la période d'or des Gingko. Des foules viennent s'y faire photographier. Des mariées aussi. La concession familiale est couverte de feuilles et nous y faisons le ménage. Vers midi et demi, nous sommes prêts à repartir. Passons devant chez Pierre pour voir que c'est fermé (le lundi, sans doute). Revenons sur la station Aoyama-itchome et trouvons de beaux plateaux-repas japonais (teishoku) chez Sagami, avec du poisson grillé pour T., avec du thon cru pour moi (tekkadon). Puis un cake aux fruits chez Lecomte, pour notre quatre heure... un peu spécial.

À 16 heures en effet, T. a fixé rendez-vous à deux personnes d'une société de numérisation de microfilms pour qu'elles vérifient l'état des bobines de mazarinades que T. avait fait réaliser il y a une dizaine d'années et pour que le coût du transfert de technologie soit officiellement estimé. Cela ne dure que trente minutes. Après quoi nous prenons le thé à l'anglaise, avec le cake aux fruits.

« Quelle est cette pièce étrange sur l'échiquier ? — Un flic, répond Poutine à Kasparov.» (Éric Chevillard)

Voilà trois jours que je ne sais comment dire mon sentiment à l'égard de Frédéric Taddeï après qu'il a reçu Valérie Pécresse (Ce soir ou Jamais de jeudi dernier). L'opération de séduction de cette tranche horaire, en passant par le plateau branché du service public, a complètement dévoyé, à mes yeux, tout ce que représentait cette émission. D'autant qu'il n'y avait pas d'opposition. Il s'est peut-être dit des choses intéressantes, mais pas de contradiction (sauf un tout petit peu Éric Maurin). Mais dans l'ensemble et pour l'audience médiamétrie, on lui a servi la soupe, à la ministre. Une tribune sans réplique, à la Poutine. Une merveilleuse réforme, n'est-ce pas ! Les moyens actuels, « c'est comme la pluie sur le sable de la plage », dit Pécresse (qui, elle, va mettre du béton sous le sable — béton dans lequel la démocratie sera coulée). Et donc, dixit Pitte-le-caudataire, c'est « trois fois rien », « une infime minorité » de manifestants qui bloquent honteusement les portes des universités !
Et qui est le responsable de ce beau programme télévisé ? Le metteur en scène de ce beau léchage bien baveux ?
Donc, je vais le dire, mon sentiment : Frédéric Taddeï est un vendu.