Je me souviens vaguement que je m'ennuyais, certains soirs
Par Berlol, lundi 26 novembre 2007 à 23:59 :: General :: #836 :: rss
(Avec une semaine de retard, je m'aperçois que...) Le JLR a quatre ans. Quatre
années ! Et pas un jour n'y manque !
En fait, ça s'est tellement incrusté dans ma vie quotidienne que je me demande comment je faisais avant.
Je me souviens vaguement que je m'ennuyais, certains soirs.
Encore
du grand soleil pour les petites courses matinales (banque, poste,
gare), au point que T. décide elle aussi de sortir son
vélo. Nous allons ensemble au cimetière,
à Gaienmae, par Akebonobashi et Shinanomachi. On entre dans
la période d'or des Gingko. Des foules viennent s'y faire
photographier. Des mariées aussi. La concession familiale
est couverte de feuilles et nous y faisons le ménage. Vers
midi et demi, nous sommes prêts à repartir.
Passons devant chez Pierre pour voir que c'est fermé (le
lundi, sans doute). Revenons sur la station Aoyama-itchome et trouvons
de beaux plateaux-repas japonais (teishoku)
chez Sagami,
avec du poisson grillé pour T., avec du thon cru pour moi (tekkadon). Puis un
cake aux fruits chez Lecomte, pour notre quatre heure... un peu
spécial.
À 16 heures en effet, T. a fixé rendez-vous à deux personnes d'une société de numérisation de microfilms pour qu'elles vérifient l'état des bobines de mazarinades que T. avait fait réaliser il y a une dizaine d'années et pour que le coût du transfert de technologie soit officiellement estimé. Cela ne dure que trente minutes. Après quoi nous prenons le thé à l'anglaise, avec le cake aux fruits.
« Quelle est cette pièce étrange sur l'échiquier ? — Un flic, répond Poutine à Kasparov.» (Éric Chevillard)
Voilà trois jours que je ne sais comment dire mon sentiment à l'égard de Frédéric Taddeï après qu'il a reçu Valérie Pécresse (Ce soir ou Jamais de jeudi dernier). L'opération de séduction de cette tranche horaire, en passant par le plateau branché du service public, a complètement dévoyé, à mes yeux, tout ce que représentait cette émission. D'autant qu'il n'y avait pas d'opposition. Il s'est peut-être dit des choses intéressantes, mais pas de contradiction (sauf un tout petit peu Éric Maurin). Mais dans l'ensemble et pour l'audience médiamétrie, on lui a servi la soupe, à la ministre. Une tribune sans réplique, à la Poutine. Une merveilleuse réforme, n'est-ce pas ! Les moyens actuels, « c'est comme la pluie sur le sable de la plage », dit Pécresse (qui, elle, va mettre du béton sous le sable — béton dans lequel la démocratie sera coulée). Et donc, dixit Pitte-le-caudataire, c'est « trois fois rien », « une infime minorité » de manifestants qui bloquent honteusement les portes des universités !
Et qui est le responsable de ce beau programme télévisé ? Le metteur en scène de ce beau léchage bien baveux ?
Donc, je vais le dire, mon sentiment : Frédéric Taddeï est un vendu.
En fait, ça s'est tellement incrusté dans ma vie quotidienne que je me demande comment je faisais avant.
Je me souviens vaguement que je m'ennuyais, certains soirs.
Encore
du grand soleil pour les petites courses matinales (banque, poste,
gare), au point que T. décide elle aussi de sortir son
vélo. Nous allons ensemble au cimetière,
à Gaienmae, par Akebonobashi et Shinanomachi. On entre dans
la période d'or des Gingko. Des foules viennent s'y faire
photographier. Des mariées aussi. La concession familiale
est couverte de feuilles et nous y faisons le ménage. Vers
midi et demi, nous sommes prêts à repartir.
Passons devant chez Pierre pour voir que c'est fermé (le
lundi, sans doute). Revenons sur la station Aoyama-itchome et trouvons
de beaux plateaux-repas japonais (teishoku)
chez Sagami,
avec du poisson grillé pour T., avec du thon cru pour moi (tekkadon). Puis un
cake aux fruits chez Lecomte, pour notre quatre heure... un peu
spécial.À 16 heures en effet, T. a fixé rendez-vous à deux personnes d'une société de numérisation de microfilms pour qu'elles vérifient l'état des bobines de mazarinades que T. avait fait réaliser il y a une dizaine d'années et pour que le coût du transfert de technologie soit officiellement estimé. Cela ne dure que trente minutes. Après quoi nous prenons le thé à l'anglaise, avec le cake aux fruits.
« Quelle est cette pièce étrange sur l'échiquier ? — Un flic, répond Poutine à Kasparov.» (Éric Chevillard)
Voilà trois jours que je ne sais comment dire mon sentiment à l'égard de Frédéric Taddeï après qu'il a reçu Valérie Pécresse (Ce soir ou Jamais de jeudi dernier). L'opération de séduction de cette tranche horaire, en passant par le plateau branché du service public, a complètement dévoyé, à mes yeux, tout ce que représentait cette émission. D'autant qu'il n'y avait pas d'opposition. Il s'est peut-être dit des choses intéressantes, mais pas de contradiction (sauf un tout petit peu Éric Maurin). Mais dans l'ensemble et pour l'audience médiamétrie, on lui a servi la soupe, à la ministre. Une tribune sans réplique, à la Poutine. Une merveilleuse réforme, n'est-ce pas ! Les moyens actuels, « c'est comme la pluie sur le sable de la plage », dit Pécresse (qui, elle, va mettre du béton sous le sable — béton dans lequel la démocratie sera coulée). Et donc, dixit Pitte-le-caudataire, c'est « trois fois rien », « une infime minorité » de manifestants qui bloquent honteusement les portes des universités !
Et qui est le responsable de ce beau programme télévisé ? Le metteur en scène de ce beau léchage bien baveux ?
Donc, je vais le dire, mon sentiment : Frédéric Taddeï est un vendu.
Commentaires
1. Le lundi 26 novembre 2007 à 09:32, par christine :
très bon anniversaire et longue vie au JLR !
(... nous autres habitués eussions dû y penser pour toi, désolée)
en passant : même sentiment concernant la soupe servie à la ministre chez Taddeï ... et ce d'autant qu'elle était le lendemain soir l'invitée de Guillaume Durand sur la 2 (dans ses "Esprits (dits) libres"! (heureusement Sollers était là qui a retrouvé les accents maoistes de sa jeunesse pour relayer avec un brin d'outrance, mais ça faisait du bien, l'indignation des étudiants)) et hier soir celle de Christine Ockrent sur la 3 ... l'indépendance des médias fait plaisir à voir !
2. Le lundi 26 novembre 2007 à 13:23, par brigetoun :
agréable de penser que nous donner un peu de plaisir, vous fait plaisir. Pour Taddeï ce n'est pas un vendu, ou pas conscient, il baigne dans sa sphère et Pécresse est assez intelligente pour être présentable - assez redoutable bonne-femme
3. Le lundi 26 novembre 2007 à 14:02, par Berlol :
Tiens ! Avec Sollers !... Je vais aller écouter ça. Lui qui était accusé de n'être partisan de Ségolène Royal que parce que c'est une femme ! Intéressant de voir comment il s'oppose à celle-ci.
4. Le lundi 26 novembre 2007 à 14:57, par Bikun :
4 ans d'écriture, bravo...tu fais sans doute parti du plf - à rapprocher du paf mais en version littéréticulaire...:-)
5. Le mardi 27 novembre 2007 à 01:51, par eric :
pour les gens concernés qui passeraient par là, au diapason des fulminations légitimes de Berlol :
www.sauvonsluniversite.co...
6. Le mercredi 28 novembre 2007 à 00:40, par jenbamin :
pour Bikun : dans « Intello Academy », Corinne Maier proposait l'appellation “pif” = paysage intello français. Lecture de ce petit ouvrage recommandée à tous...
7. Le mercredi 28 novembre 2007 à 13:54, par jcb :
Le JLr n'a que 3 ans seulement pour moi.
www.jcbourdais.net/journa...
Rendez-vous dans 3 ans ?
A la vitesse où ça va, il y aura sans doute autre chose que les blogs, qui sembleront alors peut-être d'une autre époque...
Profitons donc de ce qui sera un jour " le bon vieux temps " et bon anniversaire !
8. Le mercredi 28 novembre 2007 à 14:29, par Berlol :
Ah, tu fais bien de mettre ce lien ! C'est "déjà" le bon vieux temps !
Pour ce qui est d'autre chose d'ici 3 ou 4 ans, je n'en suis pas si sûr. Le blog est un format à la fois individuel, économique, démocratique et simple. Je ne crois pas que les réseaux sociaux, par exemple, type MySpace ou Facebook, puissent le remplacer. En revanche, on voit de plus en plus de blogs à tendance littéraire (d'auteurs, chercheurs, enseignants, personnes du PIF) ou journalistique qui détournent et concentrent une grande partie du lectorat. Cela ne me gêne pas, s'ils sont de qualité. Sinon, je donne mon opinion (Assouline, Scheer, etc.). D'ailleurs, ça ne me déplaît pas de rester dans le clair-obscur d'un lectorat réduit (autant dire un réduit, une niche) : j'y dis ce que je veux et je n'ai pas à me taper les mondanités, les centaines de commentaires bidons, les autorités, etc.). C'est aussi ton option, je crois.
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