Le rêve d'un beauf : présenter sa mère et son fils au leader chinois (qui n'en a rien à cirer). Et ramasser 20 milliards. Toute la beaufitude française, premier soutien de Sarkozy, s'en gargarisera la semaine entière.

Mets de l'huile !
La réforme universitaire ne vient pas bien, ça grippe. Il faudrait une carotte, ou quelque chose qui fasse passer la pilule. Soudain, on annonce que les budgets universitaires seront augmentés de 50 % d'ici cinq ans. C'est nouveau ! Ça vient de sortir ! (Mais seulement si on laisse passer la réforme, bien sûr...)
Question subsidiaire : Vous y croyez, vous ?
(Remarquez, ce sera peut-être avec de l'argent rapporté de Chine...)

«— Tu t'endettais alors pour refaire ta petite cuisine ; veux-tu aujourd'hui porter ton feu chez les investisseurs qui ont compris que la moindre connerie pour laquelle les nanas ou les mecs comme toi banquaient un max offrait les meilleures perspectives de rendement financier ? Ne crains-tu pas que le resserrement de ton imaginaire soit ferme et définitif ?
— Oui, je reconnais que la société qui m'a vendu cette petite cuisine à chier dans laquelle j'engageais toute ma subjectivité offrait aux investisseurs les meilleures perspectives de rendement financier. Ses résultats sont limpides et sur ce segment de marché sa stratégie qui consistait à persuader les investisseurs que le resserrement de mon imaginaire leur offrait les meilleures perspectives de rendement financier a payé.»
(Jean-Charles Massera, A cauchemar is born, p. 172)

Les différents textes qui composent ce recueil n'offrent pas tous cette jubilation combinatoire de morceaux de LQR. Il y a aussi ce qui pourrait s'appeller des décalages géostratégiques fictionnels. Par exemple, plusieurs textes (p. 141-155) d'un mouvement de résistance française postérieur à 1993, visant à statuer sur les droits du peuple français à recouvrer son territoire toujours occupé par les Allemands depuis 1940, et dans lesquels sont aussi négociés les situations d'une « bande de Lille-Roubaix-Tourcoing » et d'une « zone de Moulins ». Ce qui amène tout un chacun à regarder ce que sont ces sortes de textes, ou ces termes pervers que les médias nous resservent à l'envi sans que l'on sache très bien de quoi il s'agit : bande (de Gaza), enclave, zone, corridor, cordon, camp... Et les populations précisément prises en otage (autrement que les usagers des transports en commun) dont on a mille fois filmé le malheur, au point que presque plus personne ne s'en émeut tellement c'est normal...
Je finis le livre dans le shinkansen (mes copies sont déjà corrigées). Puis c'est les cours, on commence les décomptes, les préparations pour les examens de fin d'année, les étudiants deviennent fébriles.
Au portable, message de Sophie qui voudrait avancer à ce soir le dîner de demain. Sans trop y réfléchir, je donne mon accord pour aller chez elle avec Andreas, qui a les instructions de voyage.
Qu'est-ce que j'avais pas fait là ! Le problème de l'est de Nagoya, à partir d'Ikeshita (pied du lac), c'est qu'il y a des collines partout, à perte de vue. On s'en farcit au moins cinq en trois quarts d'heure ! On en descend aussi une sur près de trois kilomètres en sachant qu'on va devoir la remonter pour rentrer... Au final, on est presque dans la campagne, c'est-à-dire n'importe où dans une banlieue japonaise.
Heureusement, ce n'est pas pour rien ! Salade tomates-mozzarella et lasagnes sont impeccables. Non seulement, j'aime ces conversations débridées et indescriptibles entre nos horizons radicalement différents mais en plus, ça me fait un cours accéléré d'anglais.
Ce que je n'avais pas calculé, pour les côtes du retour, c'est qu'on aurait des tas de calories à brûler... Du carburant, quoi !