Que ce qui rapporte des points
Par Berlol, jeudi 29 novembre 2007 à 23:59 :: General :: #839 :: rss
Hier soir, la mort de Fred Chichin m'a cueilli comme un uppercut. Je
suis resté groggy quelques minutes, des larmes plein les
yeux, submergé comme je ne croyais pas pouvoir
l'être pour une personne que je ne connais pas
personnellement. C'est qu'on ne prévoit pas comment une
annonce de mort nous atteint. La disparition d'écrivains qui
me tenaient à cœur n'a parfois
entraîné qu'une tristesse
modérée, sans doute parce qu'ils
étaient âgés et que ma relation avec
eux est intacte par les œuvres. Des chanteurs de mon enfance
ont été regrettés, mais en suivant le
concert médiatique. Je m'aperçois — je
me suis aperçu hier soir — que le cas des Rita
Mitsouko est un peu spécial. L'âge que j'avais,
mes activités d'alors (les années 80), la danse
et la drague, l'intérêt pour des paroles pleines
de sens et de dérision, des réussites
esthétiques et musicales, une admiration infinie
pour Le
petit Train, tout a contribué
à les faire entrer profond en moi, comme inscrits dans mon
code génétique et comme peu d'autres groupes ou
musiciens ont pu le faire (Chet Baker,
les Cocteau Twins,
au moins, comme ça, sans réfléchir).
Je croyais aussi qu'ayant décroché depuis dix
ans, j'étais à l'abri, hors
d'atteinte...
« [...] train de la mort / mais que fais-tu ? / le referas-tu encore ?
[...] reverra-t-on une autre fois / passer les trains comme autrefois ? / c'est pas moi qui répondra.
[...] petit train, où t'en vas-tu / train de la mort, mais que fais-tu ? / le referas-tu encore ? [...] »
La relation avec les étudiants a aussi des vertus thérapeutiques. Les faire travailler, constater leurs progrès, malgré un climat social peu favorable à la réflexion gratuite (la plupart des étudiants ne font plus que ce qui rapporte des points). Et de moins en moins favorable au français.
Au séminaire de cinéma (après une séance de photos officielles pour le programme des cours de l'an prochain), avec Mon petit doigt m'a dit..., on détaille plan par plan la première séquence des Beresford à la maison de retraite, comment on comprend l'Alzheimer de la tante Ada, ce qui est dans l'ordre des choses, et comment arrive la rencontre improbable entre Prudence et Mme Evangélista, le contraste clair & sombre entre les deux femmes, le contraste dans l'image de chacune, jusqu'à l'opposition anecdotique entre lait et café — contrastes qui vont polariser ces femmes l'une sur l'autre, Bélisaire Beresford restant en dehors du coup quasiment jusqu'à la fin.
Ces épreuves du jour m'ont épuisé. Je me recharge au bureau avec quelques travaux d'écriture, un peu de France Info, de Guignols de l'info, l'actu d'Alizée aussi (faut miser sur la jeunesse...). Et puis j'ai dressé la liste de mes tâches pour décembre, c'est proprement ahurissant. M'est d'avis que le JLR va morfler.
« [...] train de la mort / mais que fais-tu ? / le referas-tu encore ?
[...] reverra-t-on une autre fois / passer les trains comme autrefois ? / c'est pas moi qui répondra.
[...] petit train, où t'en vas-tu / train de la mort, mais que fais-tu ? / le referas-tu encore ? [...] »
La relation avec les étudiants a aussi des vertus thérapeutiques. Les faire travailler, constater leurs progrès, malgré un climat social peu favorable à la réflexion gratuite (la plupart des étudiants ne font plus que ce qui rapporte des points). Et de moins en moins favorable au français.
Au séminaire de cinéma (après une séance de photos officielles pour le programme des cours de l'an prochain), avec Mon petit doigt m'a dit..., on détaille plan par plan la première séquence des Beresford à la maison de retraite, comment on comprend l'Alzheimer de la tante Ada, ce qui est dans l'ordre des choses, et comment arrive la rencontre improbable entre Prudence et Mme Evangélista, le contraste clair & sombre entre les deux femmes, le contraste dans l'image de chacune, jusqu'à l'opposition anecdotique entre lait et café — contrastes qui vont polariser ces femmes l'une sur l'autre, Bélisaire Beresford restant en dehors du coup quasiment jusqu'à la fin.
Ces épreuves du jour m'ont épuisé. Je me recharge au bureau avec quelques travaux d'écriture, un peu de France Info, de Guignols de l'info, l'actu d'Alizée aussi (faut miser sur la jeunesse...). Et puis j'ai dressé la liste de mes tâches pour décembre, c'est proprement ahurissant. M'est d'avis que le JLR va morfler.
Commentaires
1. Le jeudi 29 novembre 2007 à 13:48, par Philippe De Jonckheere :
Berlol, ce que tu dis là à propos de Fred Chichin est assez juste, je n'aurais pas su dire pourquoi non plus hier cela m'a rendu triste, et , dans la voiture avec Madeleine, lui expliquer à elle, et son étonnement à elle que je connaisse par coeur les paroles de chansons de la radio qu'elle n'avait jamais entendues et que justement elle trouvait mystérieuses, pas sûre comme elle me le dit, contrite, qu'elle aimait. Il y avait quelque chose de très attachant dans les Rita Mitsouko, quelque d'aussi simple que certaines scènes de "Soigne ta droite" de Jean-Luc Godard où on les voit se crêper un peu (gentiment) le chignon pour un fa dièse qui n'est que fa et que oui, comme dit alors Fred Chichin, ça fait une putain de différence.
Amicalement
Phil
2. Le jeudi 29 novembre 2007 à 14:44, par Berlol :
Oh ! Merci pour le fa dièse ! J'avais tout à fait oublié ça ! Est-ce que tu as vu "La Vie du rail" ? (dont est extraite la vidéo d'"Un soir, un chien" que j'ai mise en lien hier) (Moi non.)
3. Le vendredi 30 novembre 2007 à 08:47, par Philippe De Jonckheere :
Non pas vu. Je me demande toujours, est-ce qu'une telle réponse, pas très intéressante, doit être faite en commentaire ou par mail privé.
Amicalement
Phil
4. Le vendredi 30 novembre 2007 à 13:44, par Berlol :
Pas très intéressante, certes, mais permet de souligner que ce film ne semble pas très connu, diffusé, etc. Avec son titre jeu de mots (du rail, duraille), je me demande de quoi il s'agit. Si quelqu'un l'a vu, j'aimerais bien avoir son opinion.
5. Le samedi 1 décembre 2007 à 15:52, par philrahmy :
pareil que vous deux les amis, triste
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