« Quand on veut expliquer l'inexplicable, c'est qu'on s'apprête à excuser l'inexcusable », dit N. Sarkozy, le 29/11/2007 — propos d'une rare simplicité sophistique, qui va droit aux quelques neurones encore actifs chez mes concitoyens et qui renchérit l'ordre qu'on arrête de penser, intimé il y a quelques mois par sa ministre des finances.
Il faut donc d'urgence faire cesser des émissions réfléchissantes comme le Ce soir ou Jamais de mardi, où il est beaucoup questions d'expliquer ce qui peut causer des émeutes urbaines... Si vous prenez le risque d'écouter cette émission (vous serez fiché(e)(s) comme expliqueur-excuseur), ne manquez pas le live d'Erik Truffaz, une pure merveille !

« La République a tout essayé depuis 30 ans... La seule chose qu'on n'a pas faite, c'est d'apporter des solutions économiques. [...] la seule chose qu'on n'a pas essayé, c'est ce qui marcherait...» (Guy Sorman, même émission. No comment.)

Pas mon président de la république, mais le président de ma république. Hélas.

Ce matin enfin j'entre chez Mevlido. J'y avais fait une incursion à sa sortie en septembre mais à la va-vite, avec tout le monde, comme s'il y avait urgence — mais pourquoi se dépêcher ? pourquoi y aller comme dans du consommable ? Y'a pas le feu ! I va pas s'autodétruire après deux semaines à cause de drm dans l'encre électronique ! Et vous, pourquoi vous êtes-vous dépêchés de le lire ? Pourquoi êtes-vous allés si vite ? Y'avait quelque chose à gagner ?
Le texte est clair, pourtant. C'est la pleine maturité. Son univers onirico-futuriste est définitivement imprimé entre nos sur mains...

« Il fit trois pas, traversa le couloir, alla dans la cuisine et, sans allumer, but quelques gorgées d'eau tiède. Il se servait de sa main comme d'une coupe. Sur le mur, au-dessus du garde-manger, les araignées s'agitaient, provoquant dans leurs toiles ces vastes vibrations qu'elles préfèrent réserver aux heures les plus profondes de la nuit et qui, selon quelques spécialistes contestés, correspondent à une sorte de langage. Mevlido s'essuya la bouche et le visage. Il n'avait pas envie d'engager le dialogue avec elles.» (Antoine Volodine, Songes de Mevlido, Paris : Éditions du Seuil, 2007, coll. Fiction & Cie, p. 15)

« La brise nocturne charriait des remugles de guano, des relents de basse-cour et d'excrétions animales et humaines de toutes sortes. C'était une odeur abjecte de ghetto, filamenteuse et humide, noire, malsaine, une odeur de désespoir pré-insurrectionnel et de fosse commune.
L'odeur de notre avenir et de notre passé.
L'odeur du monde réel depuis toujours.» (Ibid., p. 25)