Harcèlement moral — étagères, cartons, rouleaux de scotch
Par Berlol, mardi 4 décembre 2007 à 23:59 :: General :: #844 :: rss
Après avoir visionné les infos de France 2, mon
petit délire en préparant le thé
matinal :
En vérité, je vous le dis. C'était pas bien, la colonisation. Non, pas beau, pas beau, pas beau. Et même pas républicain. Mais bon, pas de ma faute, moi, j'avais 7 ans. Alors, vous pensez !...
Voilà, c'est dit. Allez, c'est bon ? les milliards, on les a ?
C'est... ? Quoi ? Contradictoire ? Avec la loi où on a dit qu'il y avait eu des bons côtés ? Et avec le discours de l'autre jour à Dakar ? Oh, mais y commencent à me courir, tous. Lagarde ! Ici ! Interdire de penser, c'est bien. Mais interdire de mémoriser, c'est mieux. Souvenez-vous-en !
Très belle surprise dans le shinkansen à l'écoute de Grande Entreprise, fiction de Nathalie Kuperman diffusée le 20 octobre (encore disponible à l'écoute ici). Variation sur trois objets de bureau qui expriment le harcèlement moral — étagères, cartons, rouleaux de scotch — comme une lente accumulation de sarrautesques petites phrases, jusqu'au basculement dans le symbolique. Et très bon choix des voix pour la mise en ondes.
Après deux cours et une réunion, je m'emmitoufle et rentre pour des courses et préparer le dîner. Pendant lequel je regarde Ce soir ou Jamais du 28 novembre, sur Hugo Chavez. Ah, c'est pas l'hiver, sur le plateau ! Ambiance d'Amérique centrale ! Quelles empoignades, quelle discorde ! Et pas inutile. Il se dit plein de choses très intéressantes. Juste que c'est le bordel, des dialogues de sourds, et on a l'impression à la fin de l'émission que certains vont à peine commencer à s'entendre.
Et, pour finir, en écoutant l'album Stranded de Roxy Music (1973, ici Psalm ou Mother of Pearl, par exemple), quelques pages du nouveau livre de Dominique Meens, reçu tout à l'heure (en le remerciant de son envoi gracieux) :
« Je décrirais aujourd'hui demain pour ventiler l'odeur d'égout, la mauvaise haleine, chassant l'un pour l'autre.
La route qui sort du village au nord s'écarte de la plage et la rejoint plus loin ; « Pacoa » nomme l'espace laissé par la courbe, quadrillé de pistes poussiéreuses. Au nord, à cinq minutes, tempêtes sur le devant, inondations sur l'arrière, ont détruit une maison. De même vers le sud, où de grands pans de béton gisent sur le sable, anciennes cuves où l'on élevait des larves de crevettes. Des gens vivent là, dans ce qui reste d'habitable. Deux immeubles, une baraque verte, au voisinage, ont été construit depuis, un peu plus en retrait de l'océan. Une famille, un couple, un type seul, viennent visiter les lieux, irrégulièrement. Personne ne se résout à s'installer. « Désolation », dit la voix de la chambre du fond.
— Tu ne dors pas ?
— Non.
— Qu'est-ce que tu fais ?
— Je me demandais... Qu'est-ce que tu en penses ?
— Quoi donc ?
— Le roman français...» (Dominique Meens, Aujourd'hui demain, Paris : P.O.L, 2007, p. 12-13)
En vérité, je vous le dis. C'était pas bien, la colonisation. Non, pas beau, pas beau, pas beau. Et même pas républicain. Mais bon, pas de ma faute, moi, j'avais 7 ans. Alors, vous pensez !...
Voilà, c'est dit. Allez, c'est bon ? les milliards, on les a ?
C'est... ? Quoi ? Contradictoire ? Avec la loi où on a dit qu'il y avait eu des bons côtés ? Et avec le discours de l'autre jour à Dakar ? Oh, mais y commencent à me courir, tous. Lagarde ! Ici ! Interdire de penser, c'est bien. Mais interdire de mémoriser, c'est mieux. Souvenez-vous-en !
Très belle surprise dans le shinkansen à l'écoute de Grande Entreprise, fiction de Nathalie Kuperman diffusée le 20 octobre (encore disponible à l'écoute ici). Variation sur trois objets de bureau qui expriment le harcèlement moral — étagères, cartons, rouleaux de scotch — comme une lente accumulation de sarrautesques petites phrases, jusqu'au basculement dans le symbolique. Et très bon choix des voix pour la mise en ondes.
Après deux cours et une réunion, je m'emmitoufle et rentre pour des courses et préparer le dîner. Pendant lequel je regarde Ce soir ou Jamais du 28 novembre, sur Hugo Chavez. Ah, c'est pas l'hiver, sur le plateau ! Ambiance d'Amérique centrale ! Quelles empoignades, quelle discorde ! Et pas inutile. Il se dit plein de choses très intéressantes. Juste que c'est le bordel, des dialogues de sourds, et on a l'impression à la fin de l'émission que certains vont à peine commencer à s'entendre.
Et, pour finir, en écoutant l'album Stranded de Roxy Music (1973, ici Psalm ou Mother of Pearl, par exemple), quelques pages du nouveau livre de Dominique Meens, reçu tout à l'heure (en le remerciant de son envoi gracieux) :
« Je décrirais aujourd'hui demain pour ventiler l'odeur d'égout, la mauvaise haleine, chassant l'un pour l'autre.
La route qui sort du village au nord s'écarte de la plage et la rejoint plus loin ; « Pacoa » nomme l'espace laissé par la courbe, quadrillé de pistes poussiéreuses. Au nord, à cinq minutes, tempêtes sur le devant, inondations sur l'arrière, ont détruit une maison. De même vers le sud, où de grands pans de béton gisent sur le sable, anciennes cuves où l'on élevait des larves de crevettes. Des gens vivent là, dans ce qui reste d'habitable. Deux immeubles, une baraque verte, au voisinage, ont été construit depuis, un peu plus en retrait de l'océan. Une famille, un couple, un type seul, viennent visiter les lieux, irrégulièrement. Personne ne se résout à s'installer. « Désolation », dit la voix de la chambre du fond.
— Tu ne dors pas ?
— Non.
— Qu'est-ce que tu fais ?
— Je me demandais... Qu'est-ce que tu en penses ?
— Quoi donc ?
— Le roman français...» (Dominique Meens, Aujourd'hui demain, Paris : P.O.L, 2007, p. 12-13)
Commentaires
1. Le mardi 4 décembre 2007 à 13:55, par Philippe De Jonckheere :
Je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, je hais ce type, il me dégoûte.
Phil qui sait que c'est pas bien malin comme commentaire, mais, vraiment, je hais ce type.
2. Le mardi 4 décembre 2007 à 14:11, par Berlol :
On te comprend...
3. Le mardi 4 décembre 2007 à 14:50, par christine :
Philippe, depuis que j'ai lu il y a une semaine environ sous votre plume (pardon votre clavier) : " Suis-je le seul à vivre l'action gouvernementale comme un affront personnel ? " (je cite de mémoire, pardonnez-moi si je me trompe), cette phrase me revient très régulièrement et je me dis qu'il faut que je vous réponde
je profite donc de cette occasion pour le faire : non vous n'êtes pas le seul ! nous sommes au moins deux, et, d'après ce que je peux entendre autour de moi, beaucoup plus ...
4. Le mardi 4 décembre 2007 à 15:16, par Berlol :
Beaucoup plus nombreux, oui. Un affront personnel, oui. Et, à l'étranger, une honte, aussi. Les questions viennent de temps en temps, un peu ironiques : "Alors, vous êtes content de votre président ?", ou tout simplement : "Alors, Sarkozy ?", comme si j'étais, nous étions, les Français de l'étranger, dépositaires de connaissances particulières qui pourraient éclairer l'incompréhension de nos collègues. Et la réponse : "je n'ai pas voté pour lui", ou "je ne sais pas, je n'y suis pas"... Et cette conclusion, finalement, que le mieux est en effet de ne pas y être.
5. Le mardi 4 décembre 2007 à 23:25, par alain :
Le lien pour écouter Grande entreprise semble diriger sur autre chose.
Et moi aussi comme Philippe et vous ci-dessus, moi aussi, moi aussi, moi aussi...
6. Le mercredi 5 décembre 2007 à 00:08, par Berlol :
Tu as raison, Alain. J'avais oublié de modifier la date pour que ça ouvre l'émission du 20 octobre. Ça y est ! Tu peux y aller !
7. Le mercredi 5 décembre 2007 à 03:29, par patapon :
Il est vrai qu’il faut avoir l’estomac bien accroché pour avaler toutes les couleuvres de l’antisémitisme d’État tel que le pratique ce “grand pays ami”, simplement parce qu’on se dit qu’il ya de juteux contrats à la clé....
8. Le mercredi 5 décembre 2007 à 03:49, par brigetoun :
délicieux la transcription du bonhomme (être représentés par lui !) - quant au premier commentaire j'aime lire le désordre pour ne pas avoir à verbaliser ma détestation profonde, Philippe De Jonckeere le fait si bien !
J'avais bien aimé aussi la "grande entreprise"
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