Levé entre 4 et 5 pour cause de mal de tête, heure passée à m'hydrater la cafetière avec un demi-litre de thé au jasmin, mon médicament, et en finissant le billet d'hier. Puis recouché jusqu'à 7 heures, heure du lever officiel des restes du Berlol. Nouvelle hydratation, au thé vert ; les morceaux d'hier se recollent pour me faire la tête d'aujourd'hui, pas trop mauvaise finalement, à 9h20, souriant et sautillant sur mes ressorts quand il faut apparaître dans la salle de classe pour faire vivre une batterie d'exercices de grammaire.
La suite est à l'avenant. Je propose même une nouvelle façon de présenter les recours aux présents de l'indicatif, du conditionnel et de l'impératif, avec des graphiques de zones interrelationnelles déformées vers soi ou vers l'autre selon que l'on va du respect a priori de l'avis du vis-avis (j'aimerais, je voudrais...) à l'emprise hiérarchisante (fais ci, fais pas ça), en passant par la simple et ronde énonciation situationnelle (je veux, tu peux...), le tout très dynamique, allant venant dans la conversation, et variant selon le type de relation (travail, amis, famille, inconnus, etc.). L'avantage du graphique, c'est qu'il s'applique à toutes les langues, même si cela se réalise différemment dans chaque.

Volodine dans le shinkansen, après un assez mauvais bento.
« La sueur coule sur ton visage, Mevlido, elle coule sur ton visage et sur tes bras nus. Des pieds à la tête, tu ruisselles comme si tu avais une forte fièvre. Une fois de plus, au lieu de cheminer avec naturel sur le trottoir, tu te sens en train de progresser dans ce couloir de la mort à quoi se réduit selon toi la vie, un bout de chemin rendu hideux par sa brièveté et par les échos de tragédie qu'on y soulève à chaque pas. Dead man walking. Tu n'as pas tort, Mevlido, tu as même raison sur toute la ligne, mais il vaut mieux que tu considères les choses autrement. Prends exemple sur ceux que tu croises. Réfugie-toi dans leur ignorance. Apprécie comme ils le font la somnolence qu'ont apportée les vainqueurs. Imite ces gens.
Laisse entrer en toi l'idiotie et l'aveuglement.» (Antoine Volodine, Songes de Mevlido, p. 95-96)

Éplucher des clémentines... Au Japon, c'est un art. Autrefois (le vieux style !), je faisais plein d'épluchures, un tas. Depuis plus de dix ans, tout de même, je m'arrange, ayant observé maints autochtones, pour n'avoir qu'un morceau, avec différentes branches, plus ou moins larges, inégales, parfois à la limite de la séparation. Or, T. fait ça très rapidement et avec quatre larges quarts, linéairement détachés. Je décide d'outrepasser ma honte d'être d'une fruste culture pour lui demander comment elle fait. Nous comparons nos façons de tirer la peau, moi en glissant l'ongle pour aller progressivement, elle en tirant vers l'extérieur, sans passer l'ongle en-dessous. C'était donc ça. Il y avait l'ongle de différence.
L'intérêt principal est de pouvoir replier ensuite les branches zoomorphes de la clémentine vide pour avoir quelque chose qui ne ressemble même pas à un déchet.

J'essaie de regarder le dernier film de Jacques Tati, Parade, sur TV5 Monde, mais je m'endors littéralement. Outre le fait de voir comment étaient accoutrés les Suédois en 1974, je n'y vois strictement aucun intérêt. Pardon pour les tatistes.