C'est avec les mots de François que je comprends... Merci à toi d'y être allé à mots couverts.
Or, c'était déjà décidé, avril-juin à l'Institut franco-japonais de Tokyo, ce serait Le Rivage des Syrtes. Je l'ai dit hier midi à une des participantes assidues du cours qui me demandait ce qu'il y aurait après Rimbaud. Ce titre, fétiche pour moi, était dans la liste de mes prévisions de cours depuis quatre ans, je crois. C'était déjà l'œuvre choisie pour ma maîtrise, en 1986...
Maintenant, il est lui-même arrivé au Farghestan.

Alea jacta est.

Sens vers l'amont et sens vers l'aval. Ces mots latins seront aussi les trois pierres blanches de notre nouvelle vie. Aujourd'hui, T. et moi avons pris une grande décision, sur laquelle nous tergiversions depuis plus de six mois.

Sens vers l'amont et sens vers l'aval. Ces mots latins seront aussi les trois pierres blanches de notre nouvelle vie. Aujourd'hui, T. et moi avons pris une grande décision, sur laquelle nous tergiversions depuis plus de six mois. Encore invisible pendant des mois, elle se matérialisera d'ici un ou deux ans...

Yukie nous avait prévenus que le Saint-Martin serait exceptionnellement ouvert ce dimanche. En profitons.
Pas trop de clients. On discute un peu de mangas et par hasard je prononce le nom de Murakami. Et là, grosse surprise, Yukie connaît Murakami Takashi ! Plus précisément, par son frère qui est designer, qui faisait partie, il y a une quinzaine d'années, du groupe de jeunes artistes et d'étudiants dont Murakami faisait partie. Elle dit avoir chez elle plusieurs catalogues de ses expositions. Les amènera...

Le soir, au lit :
« Arracher les cheveux aux cadavres, je n'ignore pas en effet combien c'est vil. Mais crois-moi, tous ces morts le méritent bien. La femme par exemple, à qui je viens d'arracher les cheveux allait vendre au quartier des officiers de la chair séchée de serpent. Elle la coupait en des morceaux de quatre pouces de longueur, qu'elle faisait passer pour du poisson. Si elle n'avait succombé à l'épidémie, elle continuerait à en vendre. Il paraît que les officiers en achetaient toujours pour leur nourriture, disant que c'était bon. Mais, pour ma part, je ne crois pas que sa conduite ait été mauvaise. Elle ne pouvait faire autrement pour éviter de mourir de faim. Je ne crois pas que la mienne, elle aussi, soit répréhensible. Sinon, je mourrais de faim. Que veux-tu que je fasse ? Cette femme qui savait cela ne m'en voudra pas trop, j'en suis sûre.
La vieille femme parla à peu près en ces termes.» (Akutagawa Ryûnosuke, Rashômon et autres contes, « Rashômon » [septembre 1915], p. 81-82)