Presque rien.

La tranquillité.

Le matin, un agent immobilier nous apporte une estimation de la valeur de notre appartement. C'est intéressant, mais on ne vendra pas. Justement pour les conditions qui font que c'est intéressant : nous sommes en plein soleil, les plantes poussent sur le balcon (notamment, une plante récupérée presque morte sur le balcon de Bikun au moment de son déménagement et qui ne refleurit que ces jours-ci), c'est calme — en plein centre de Tokyo.
Dans l'après-midi, je fais un saut au Seijo Ishii de Korakuen pour quelques denrées alimentaires. Et des petites roses d'un très beau pastel marie-antoinettesque.
Les folies de notre réveillon seront très limitées : de la sole et du camembert. Pas d'alcool à cause des médicaments que T. prend. Elle va bien mieux, d'ailleurs, quand elle ne travaille pas — ce qui est la preuve que travailler fatigue et déprime...
Tout comme les programmes de TV5 Monde pour le réveillon !
Donc se couche avant minuit — un cadeau, pour nous.

Le père Noël passera-t-il ?
(On n'a ni neige ni cheminée.)

« Mais l'imagination fait de rien quelque chose, c'est sa nature, et l'histoire de cet œuf d'argent est peut-être celle de tous les biens matériels qui éveillent notre convoitise. Le désir est beaucoup, la possession peu de chose. Ma mère me chantait aussi une chanson de ce genre la veille de Noël ; mais comme cela ne revenait qu'une fois l'an, je ne me la rappelle pas. Ce que je n'ai pas oublié, c'est la croyance absolue que j'avais à la descente par le tuyau de la cheminée du petit père Noël, bon vieillard à barbe blanche, qui, à l'heure de minuit, devait venir déposer dans mon petit soulier un cadeau que j'y trouvais à mon réveil. Minuit ! Cette heure fantastique que les enfants ne connaissent pas et qu'on leur montre comme le terme impossible de leur veillée ! Quels efforts incroyables je faisais pour ne pas m'endormir avant l'apparition du petit vieux ! J'avais à la fois grande envie et grand'peur de le voir : mais jamais je ne pouvais me tenir éveillée jusque-là, et le lendemain, mon premier regard était pour mon soulier, au bord de l'âtre. Quelle émotion me causait l'enveloppe de papier blanc, car le père Noël était d'une propreté extrême, et ne manquait jamais d'empaqueter soigneusement son offrande. Je courais pieds nus m'emparer de mon trésor. Ce n'était jamais un don bien magnifique car nous n'étions pas riches.» (George Sand, Histoire de ma vie, 1855, p. 155, ou p. 80-81 selon l'édition)