Choses dont je me suis désintéressé cette année :
  • l'idée d'un appartement à Paris ou de vivre en France (par ailleurs, gravement sarkosée)
  • l'envie de publier un livre (rejet du monde de l'édition, sauf quelques exceptions)
  • les cédés, la musique en général
  • les œuvres au programme des concours (depuis qu'Hubert de Phalèse ne prépare plus de Cap'Agreg)
  • les blogs consacrés à l'actualité politique française ou à l'actualité du web 2.0
  • l'université française — sa stagnation, sa réforme
  • les artichauts, désespérément absents du Japon (à mon grand regret)
  • la viande rouge
  • la notoriété
  • un nouveau costume
  • les congrès de professeurs (leur hypocrisie généralisée)
  • les mondanités, les fêtes, les réveillons
  • et les choses que le désintérêt a déjà plongées dans l'oubli...
On ne sort pas. On a tout ce qu'il faut. Tranquillité totale, dingue. Journée de rangement, pour T. Des semaines qu'elle se promettait ça ! Pour moi, ouverture de deux grandes fenêtres :
  1. enfin une solution pour la communication avec le groupe d'étudiants pour le stage de février (un plug-in permettant d'avoir une liste de distribution au sein d'un blog, ce qui permet d'éviter les pénibles solutions de groupes chez Yahoo, Google, etc.) ;
  2. établissement des textes des prochains cours sur cinq poèmes de Rimbaud (Merci à François, Athena et Gallica ! — Et pas merci à tous ceux qui mettent en ligne des versions fautives).
Plus d'une heure de lecture au cœur — bien accroché — de Mevlido...

« J'ai beau regarder, je ne vois toujours pas par quelle fenêtre... fanfaronna-t-il d'une voix livide.
— Et ça, c'est quoi ? dit quelqu'un.
Tatiana Outougaï se fit très lourde, elle s'emmêlait à ses jambes et lui tordait le poignet avec une férocité de plus en plus prononcée. Sergueïev avait une manière de lui écraser les phalanges l'une contre l'autre qui lui pétrifiait complètement le bras. Il déplaça d'un centimètre l'axe de sa saisie et tout le flanc droit de Mevlido fut, à son tour, paralysé.
La main gauche de Samiya Choong rampa dans les cheveux de Mevlido pour lui tirer la tête vers l'arrière, mais, comme leur longueur ne permettait pas une saisie efficace, elle poursuivit sa route le long du crâne, jusqu'au front, jusqu'à pouvoir crocheter du bout des doigts les arcades sourcilières. Alors il devint possible de redresser la tête de Mevlido, afin qu'il aperçoive l'invisible fenêtre.
[...] Au risque de lui briser la nuque et de lui abîmer les paupières, car c'était à partir de là qu'elle lui agrippait le crâne, Samiya Choong continuait à lui maintenir la tête levée. Et oui, c'était bien un rasoir qui.
Un rasoir-sabre.
C'était bien un rasoir qu'elle faisait aller sous le menton de Mevlido, au-dessus de la bonde de l'évier, comme un archet.» (Antoine Volodine, Songes de Mevlido, p. 234-235)