Levés très tard. J'ai fait beaucoup de ski, cette nuit. Sans bâtons. Au réveil, je m'en souvenais très bien. Il y avait Manu qui skiait aussi, et plus loin, Michaël. J'avais un peu mal à la tête. C'est resté toute la journée. Malgré le bain et l'entame d'Emaz.

« Et si c'était cela, aboutir ?
Le mur achèverait.
On ne voit pas bien quoi.» (Antoine Emaz, « Poème du mur », dans Caisse claire, Poèmes 1990-1997, Points Poésie, 2007, p.12)

On sort en début d'après-midi pour aller chercher du mochi, surtout histoire de marcher un peu dans le soleil d'Omote-sando. J'ai toujours en tête le décrochage de Mevlido lu et cité hier, et tout ce qui suit, le Bardo post-atomique. Une puissance d'évocation qui dépasse tout ce que j'ai l'habitude de lire et même mes meilleurs souvenirs de science-fiction.
On ne fait rien de spécial (on dit qu'on ne fait rien de spécial) pour passer d'une année à l'autre, c'est comme monter un escalator, ça avance tout seul et bientôt on sera sur le trottoir de l'avenue 2008.
Un bon nabe et une boîte de foie gras (du duty-free en septembre), pour encore sceller notre union franco-japonaise. T. regarde The Wind that shakes the Barley (Loach, 2006) qu'elle a emprunté à la fac, moi à moitié puisque je l'ai déjà vu, mais j'en retrouve toute la qualité, et T. en est très impressionnée aussi.
À minuit moins cinq, je lui demande si on ouvre du champagne. Elle dit oui. C'est aussi simple.