Dans chaque vie sans le savoir
Par Berlol, jeudi 3 janvier 2008 à 23:59 :: General :: #874 :: rss
Du japonais et des copies, même menu qu'hier en
matinée. Fin d'enregistrements sur France Culture,
plusieurs séries des Nouveaux
chemins de la connaissance (la bêtise
en août, plagiat et pastiche en septembre, Baudelaire
philosophe en octobre-novembre — je le
répète, il suffit de démarrer une des
dernières émissions, de copier-coller du bouton Écouter
l'adresse du fichier son dans le realplayer
en en modifiant la date dans la dernière partie du nom de
fichier).
Ensuite, comme il y a toujours du soleil, on va marcher. Kagurazaka, Waseda, jusqu'au salon de thé de l'hôtel Rihga, où l'on reste plus d'une heure dans des fauteuils délicieusement moelleux à lire chacun son livre.
Ce que Mevlido ressent, ce que Volodine écrit ressemble furieusement, parfois, en moins optimiste, à certaines des choses que j'ai imaginées depuis des années, mi pour m'amuser mi pour me rassurer malgré mon athéisme : un système de réincarnation qui permettrait à T. et moi de nous retrouver dans chaque vie sans le savoir mais avec une sorte de pressentiment, de prédestination à la rencontre, presque... — « mes tempes si choses », comme on dit dans la traduction de Joyce.
« Et si un jour, comme l'avait suggéré Mingrelian, il nouait des liens avec une femme elle aussi envoyée en mission par les Organes, il n'aurait rien de spécial à échanger avec elle. Cette femme elle aussi aurait perdu la mémoire d'un univers prénatal. Ils se côtoieraient, le hasard ou la fatalité les associerait peut-être pendant quelques minutes ou quelques années, ou plusieurs décennies, des restes d'instinct renforceraient leur complicité. Mais à aucun moment ni l'un ni l'autre ne retrouverait le chemin de sa vie précédente. Lui et elle, et peut-être lui et elle ensemble, ils seraient exilés affreusement, mais sans le savoir.» (Antoine Volodine, Songes de Mevlido, p. 260-261)
Après notre retour, à la nuit accablante de froid, nous dînons en regardant deux autres dévédés de la saison 3 de Lost. Mais notre distraction est interrompue net — au milieu d'une opération chirurgicale — par la sonnerie du téléphone. C'est mon cousin qui m'informe que mon père va être admis à l'hôpital en urgence. Pneumonie et insuffisance respiratoire. Un peu plus tard, il m'expliquera par mail, dit-il. Ce qu'il fait, et qui nous rassure beaucoup. État stationnaire, pas plus de détails avant demain.
Sont-ce déjà « le soucil & l’ancholye [qui] croistroient » cette année ? Je n'y veux point accroire ja.
Ensuite, comme il y a toujours du soleil, on va marcher. Kagurazaka, Waseda, jusqu'au salon de thé de l'hôtel Rihga, où l'on reste plus d'une heure dans des fauteuils délicieusement moelleux à lire chacun son livre.
Ce que Mevlido ressent, ce que Volodine écrit ressemble furieusement, parfois, en moins optimiste, à certaines des choses que j'ai imaginées depuis des années, mi pour m'amuser mi pour me rassurer malgré mon athéisme : un système de réincarnation qui permettrait à T. et moi de nous retrouver dans chaque vie sans le savoir mais avec une sorte de pressentiment, de prédestination à la rencontre, presque... — « mes tempes si choses », comme on dit dans la traduction de Joyce.
« Et si un jour, comme l'avait suggéré Mingrelian, il nouait des liens avec une femme elle aussi envoyée en mission par les Organes, il n'aurait rien de spécial à échanger avec elle. Cette femme elle aussi aurait perdu la mémoire d'un univers prénatal. Ils se côtoieraient, le hasard ou la fatalité les associerait peut-être pendant quelques minutes ou quelques années, ou plusieurs décennies, des restes d'instinct renforceraient leur complicité. Mais à aucun moment ni l'un ni l'autre ne retrouverait le chemin de sa vie précédente. Lui et elle, et peut-être lui et elle ensemble, ils seraient exilés affreusement, mais sans le savoir.» (Antoine Volodine, Songes de Mevlido, p. 260-261)
Après notre retour, à la nuit accablante de froid, nous dînons en regardant deux autres dévédés de la saison 3 de Lost. Mais notre distraction est interrompue net — au milieu d'une opération chirurgicale — par la sonnerie du téléphone. C'est mon cousin qui m'informe que mon père va être admis à l'hôpital en urgence. Pneumonie et insuffisance respiratoire. Un peu plus tard, il m'expliquera par mail, dit-il. Ce qu'il fait, et qui nous rassure beaucoup. État stationnaire, pas plus de détails avant demain.
Sont-ce déjà « le soucil & l’ancholye [qui] croistroient » cette année ? Je n'y veux point accroire ja.
Commentaires
1. Le vendredi 4 janvier 2008 à 06:05, par Philippe De Jonckheere :
Nous sommes le 3 janvier et je ne remarque toujours pas la baisse de régime annoncée, non que je m'en plaigne d'ailleurs, mais je me demande si ce n'est pas un peu comme le tabac ou d'autres addictions, difficile d'arrêter. Serais content de d'entendre sur le sujet, même si cela justement t'éloignerait du but fixé.
Amicalement
Phil
2. Le vendredi 4 janvier 2008 à 06:32, par Berlol :
Non, non, tu as tout à fait raison ! La machine lancée rythme mon quotidien. Mais je suis en train de freiner depuis une semaine... Ça crisse comme pas possible. Ici, ça sent la gomme brûlée partout... Tu sens pas, de là-bas ?
3. Le vendredi 4 janvier 2008 à 08:46, par christine :
je faisais le même constat ! et d'ici je ne sens pas trop la gomme brûlée non plus ... peut-être qu'il faudrait changer les plaquettes de frein ?... ceci dit je ne m'en plains pas non plus, car l'addiction est aussi du côté de tes lecteurs
4. Le vendredi 4 janvier 2008 à 23:19, par Berlol :
A p'us de plaquettes de rechange ! Et bonjour, les addicts !
Le JLR non-stop vient aussi de ce que je suis encore en congés. À partir de mardi, ça va changer...
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