Qu'est-ce qu'il m'apporterait, ce gros cône-là ?...
Par Berlol, mardi 8 janvier 2008 à 22:44 :: General :: #879 :: rss
Il faut retourner à l'école,
aujourd'hui ! Je charge ma nouvelle petite valise à
roulettes, acquise hier en remplacement de celle qui depuis 2002 a
changé de couleur — il y avait 28 semaines de
cours jusqu'à l'année dernière (2006),
30 maintenant, à quoi s'ajoute chaque année une
dizaine de semaines d'examens, de concours et de
préparations diverses, ce qui fait 38 en 2002, idem pour
2003, 2004, 2005 et 2006, soit 190 semaines, à quoi
s'ajoutent les 40 semaines de 2007 (allant jusqu'en
mars 2008), total 230 allers-retours (ce qui, dit en passant, représente
4,6 millions de yens dépensés en billets de
train, de quoi faire un bel apport pour l'achat d'un appartement
à Paris, par exemple, mais n'y pensons plus, de toute
façon, je n'ai pas le choix)... Bref, je charge ma nouvelle
petite valise et je m'en vais vaillant, corrigeant en chemin un rapport
de 4e année plutôt bien écrit, sans
même un regard pour le Mont Fuji — qu'est-ce qu'il
m'apporterait, ce gros cône-là ?...
Oui, j'ai plaisir à retrouver mes étudiants ; principalement des étudiantes, d'ailleurs. Leur jeunesse souriante et leur application docile sont un onguent sur les plaies que le monde et ses horreurs me font à chaque bulletin d'information (aujourd'hui Pakistan, chalutier et point presse de Sarkozy). Je sais qu'une bonne partie ira augmenter le gros de la connerie du monde d'ici trois ou quatre ans ; au moins aurai-je profité de leur gentille naïveté et cru les enrichir, en disposer une minorité à vouloir autre chose...
À 19 heures, grâce aux efforts de coordination de mon cousin, je téléphone à mon père, via une infirmière qui lui passe le combiné. Il n'a plus besoin du masque à oxygène, il est assis, il dit qu'il s'ennuie un peu. Il a eu un vrai petit déjeuner. Il faut peu pour retrouver la joie de vivre, ou quelque chose qui s'en approche quand on a été au plus mal. Je rappelle ensuite mon cousin pour qu'on lui apporte des magazines et un carnet à dessin.
Au courrier, entre les barbants documents universitaires, un petit paquet de la fidèle et constante Laure, avec Civil de Daniel Foucard. J'en lis quelques lignes et me promets de m'y mettre dès que possible...
« Tiens, fais le test : un jour tâche d'être désagréable sans motif, bouscule ton client : tutoiement, blague cassante, pet, etc. En deux minutes, il te parlera impôts, pas de devoir, de déontologie, non, il ne s'en mêle pas : il te parlera impôts. Il transformera ton uniforme en objet et lui en sujet. Tu lui feras une réponse de chiotte, ultra efficace du genre : Mais moi aussi je paye mes impôts ! Là, regarde bien sa pupille rétrécir, vois ce sentiment de panique flottant dans le potage de son bon droit, regarde cette pâleur l'accusant d'avoir été trop con trop vite.» (Daniel Foucard, Civil, Paris : Léo Scheer, 2008, coll. Laureli, p. 15)
Oui, j'ai plaisir à retrouver mes étudiants ; principalement des étudiantes, d'ailleurs. Leur jeunesse souriante et leur application docile sont un onguent sur les plaies que le monde et ses horreurs me font à chaque bulletin d'information (aujourd'hui Pakistan, chalutier et point presse de Sarkozy). Je sais qu'une bonne partie ira augmenter le gros de la connerie du monde d'ici trois ou quatre ans ; au moins aurai-je profité de leur gentille naïveté et cru les enrichir, en disposer une minorité à vouloir autre chose...
À 19 heures, grâce aux efforts de coordination de mon cousin, je téléphone à mon père, via une infirmière qui lui passe le combiné. Il n'a plus besoin du masque à oxygène, il est assis, il dit qu'il s'ennuie un peu. Il a eu un vrai petit déjeuner. Il faut peu pour retrouver la joie de vivre, ou quelque chose qui s'en approche quand on a été au plus mal. Je rappelle ensuite mon cousin pour qu'on lui apporte des magazines et un carnet à dessin.
Au courrier, entre les barbants documents universitaires, un petit paquet de la fidèle et constante Laure, avec Civil de Daniel Foucard. J'en lis quelques lignes et me promets de m'y mettre dès que possible...
« Tiens, fais le test : un jour tâche d'être désagréable sans motif, bouscule ton client : tutoiement, blague cassante, pet, etc. En deux minutes, il te parlera impôts, pas de devoir, de déontologie, non, il ne s'en mêle pas : il te parlera impôts. Il transformera ton uniforme en objet et lui en sujet. Tu lui feras une réponse de chiotte, ultra efficace du genre : Mais moi aussi je paye mes impôts ! Là, regarde bien sa pupille rétrécir, vois ce sentiment de panique flottant dans le potage de son bon droit, regarde cette pâleur l'accusant d'avoir été trop con trop vite.» (Daniel Foucard, Civil, Paris : Léo Scheer, 2008, coll. Laureli, p. 15)
Commentaires
1. Le mardi 8 janvier 2008 à 07:14, par brigetoun :
oui le retour de l'ennui et le droit de se nourrir, moments merveilleux, même si on n'en a qu'une vague prise de conscience
2. Le mardi 8 janvier 2008 à 15:39, par patapon :
Le monde et ses horreurs... Pour le Pakistan, tout à fait d’accord avec toi, mais pour la conférence de presse de Sarkozy, tout de même, comme horreur, on aura vu pire! Dédramatisons! Et tant qu’on n’aura que des horreurs comme ce point-presse, ça ira!
3. Le mardi 8 janvier 2008 à 16:55, par christine :
amusant ton calcul ! moi aussi avec les sommes considérables versées à la sncf depuis plus de 20 ans j'aurais peut-être pu devenir propriétaire : mieux vaut que je n'essaie pas d'estimer le montant total de mes billets de tgv !
et comme antidote à la conférence de presse de Sarkozy (dont je pense aussi qu'elle fait partie des horreurs du jour ... chacun a les horreurs qu'il peut, patapon) je te conseille de te précipiter dès que possible sur son commentaire dans l'émission de rentrée de Taddéï, avec des invités très en forme
4. Le mardi 8 janvier 2008 à 19:43, par Berlol :
Ah que voilà une bonne nouvelle ! Merci, Christine !
5. Le mercredi 9 janvier 2008 à 03:52, par patapon :
Du calme, du calme! Je crois qu’il faut faire le départ entre ce qui est horrible et ce qui est ridicule. Ce qui est horrible: Hitler, Pol Pot, Ahmadinejad, les Frères Musulmans (liste non exhaustive). Ce qui est ridicule: les implants capillaires de Berlusconi, les aventures de Nicolas et Carla à Disneyland, Bigard chez le Pape, la moustache de José Bové, Jean-Luc Mélenchon...
6. Le jeudi 10 janvier 2008 à 05:57, par emm. :
d'accord avec patapon, n'est ce pas donner trop d'importance à Sarkozy que de le penser en horreur, ou bien si c'est la seule horreur que la France a, alors en effet réjouissons nous, car ce n'est pas Pol Pot, ni Hitler, ni tant d'autres du siècle passé, en cours, à venir.
un bon remède : couper la radio, éteindre la TV et se plonger dans un bon livre comme celui de Foucard... le reste n'est que bavardage inconsistant, sans intérêt.
7. Le jeudi 10 janvier 2008 à 07:14, par Berlol :
Hitler en 1932 et Pol Pot en 1975 avaient eu l'heur de plaire à bien des gens et semblaient être les hommes de la situation, providentiels même, avec un caractère d'évidence. Or, pour ma part, je ne sais pas ce que sera et fera M. Sarkozy dans six mois ou dans trois ans. Je n'ai pas confiance en lui et son comportement fait de vulgarité et d'évidences ne me semble augurer de rien de bon. Je souhaite vivement avoir tort, vous savez !
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