Rentrez-lui ses chiffres dans le gosier
Par Berlol, jeudi 10 janvier 2008 à 23:59 :: General :: #881 :: rss
J'aurais mieux aimé, au moins dans un petit coin encore digne de la
blogosphère, qu'on parlât un peu plus des
manuscrits d'Henry
Brulard que des fesses de Simone de Beauvoir...
Ceci dit, une fois qu'on se sera bien repu de ces fesseries dans le petit bassin, il restera toute l'année pour explorer les grands fonds : parler de la tête qui a pensé, des yeux qui ont vu le monde, des mains qui ont tracé les nouveaux contours de la condition féminine. Il valait peut-être mieux, finalement, que ce fût dans ce sens-ci — tête par-dessus cul — que dans l'autre.
Trois cours avec étudiants stressés par l'approche des examens. Pour le groupe qui partira avec moi dans trente-cinq jours, extraction d'horaires de la SN.CF (pas évident de s'y retrouver à la base du site — allez-y et cherchez simplement des horaires de train, vous verrez...).
Bon moment de détente avec David en prenant un thé dans mon bureau.
Le soir, je m'ennuie à mourir avec le ramassis d'économistes de Ce soir ou Jamais. Ils disent tout et leur contraire, sont incapables de s'entendre, veulent faire croire à leur scientificité par le recours aux chiffres, aux rapports d'institutions, sans jamais avouer — ce serait la honte — qu'ils sont d'abord pétris d'idéologie, d'un côté comme de l'autre. Le pire, c'est qu'à l'exception d'une ou deux petites voix qui ne sont d'ailleurs pas celles d'économistes, ils assujettissent tous, et irréversiblement, l'ensemble de la condition humaine aux facteurs économiques.
S'il y a un économiste dans votre entourage ou à votre portée, rentrez-lui ses chiffres dans le gosier, bâillonnez-le et envoyez-le travailler une semaine dans un fast-food (c'est un des emplois par lesquels nos étudiants découvrent le plus souvent le monde du travial*, ces jours-ci) — après, on verra s'il ne veut pas, lui aussi, changer le monde.
« Seuls les riches ont le courage de déclarer que l'extrême pauvreté est intolérable. Les pauvres se taisent.» (Hubert Lucot, Grands Mots d'ordre et petites phrases, p. 173)
« Il ne faut pas exclure les petites gens mais les inclure dans l'économie mondiale en baissant leur salaire.» (Ibid., p. 174)
* Beau lapsus digital, non ?
Ceci dit, une fois qu'on se sera bien repu de ces fesseries dans le petit bassin, il restera toute l'année pour explorer les grands fonds : parler de la tête qui a pensé, des yeux qui ont vu le monde, des mains qui ont tracé les nouveaux contours de la condition féminine. Il valait peut-être mieux, finalement, que ce fût dans ce sens-ci — tête par-dessus cul — que dans l'autre.
Trois cours avec étudiants stressés par l'approche des examens. Pour le groupe qui partira avec moi dans trente-cinq jours, extraction d'horaires de la SN.CF (pas évident de s'y retrouver à la base du site — allez-y et cherchez simplement des horaires de train, vous verrez...).
Bon moment de détente avec David en prenant un thé dans mon bureau.
Le soir, je m'ennuie à mourir avec le ramassis d'économistes de Ce soir ou Jamais. Ils disent tout et leur contraire, sont incapables de s'entendre, veulent faire croire à leur scientificité par le recours aux chiffres, aux rapports d'institutions, sans jamais avouer — ce serait la honte — qu'ils sont d'abord pétris d'idéologie, d'un côté comme de l'autre. Le pire, c'est qu'à l'exception d'une ou deux petites voix qui ne sont d'ailleurs pas celles d'économistes, ils assujettissent tous, et irréversiblement, l'ensemble de la condition humaine aux facteurs économiques.
S'il y a un économiste dans votre entourage ou à votre portée, rentrez-lui ses chiffres dans le gosier, bâillonnez-le et envoyez-le travailler une semaine dans un fast-food (c'est un des emplois par lesquels nos étudiants découvrent le plus souvent le monde du travial*, ces jours-ci) — après, on verra s'il ne veut pas, lui aussi, changer le monde.
« Seuls les riches ont le courage de déclarer que l'extrême pauvreté est intolérable. Les pauvres se taisent.» (Hubert Lucot, Grands Mots d'ordre et petites phrases, p. 173)
« Il ne faut pas exclure les petites gens mais les inclure dans l'économie mondiale en baissant leur salaire.» (Ibid., p. 174)
* Beau lapsus digital, non ?
Commentaires
1. Le jeudi 10 janvier 2008 à 22:10, par martine sonnet :
pas le temps de développer mais, à chaud, je suis un peu gênée par l'expression "les nouveaux contours de la condition féminine" (à tout prendre je crois que j'aimerais encore mieux les "nouveaux atours" et "condition féminine", ça pèse...)
2. Le jeudi 10 janvier 2008 à 23:44, par Berlol :
Je comprends ce que vous voulez dire. Cependant, "atours" a un sens résolument positif. Or, je ne suis pas certain que ce que Beauvoir dessine soit tout à fait positif. Vous nous en direz peut-être plus "à froid" ?
3. Le vendredi 11 janvier 2008 à 00:21, par jenbamin :
« Prenez trois économistes, vous aurez quatre avis différents. »
Dit-on.
4. Le vendredi 11 janvier 2008 à 00:48, par brigetoun :
ceci dit il y a quand même eu de sacrés changements dans ladite condition, plus que dans les atours, par rapport à la jeunesse de Simone de Beauvoir ou même à la mienne. Nous sommes légitimes maintenant.
Pour le ce soir ou jamais des économistes j'ai tenu dix minutes
5. Le vendredi 11 janvier 2008 à 02:51, par Philippe De Jonckheere :
Berlol, je comprends ce que tu veux dire, c'est tout de même consternant cette affaire de fesses. Je t'assure que l'on fait de son mieux pour tenter d'élever le niveau du débat et pour dire que pour nous Simone de Beauvoir c'était surtout une destinée remarquable du siècle précédent et oui, des écrits qui resteront. On s'y emploie mais ce n'est pas facile.
Hier interviewé par la Radio Suisse Romande, j'ai tenté de le faire. www.desordre.net/blog/blo...
Suis aussi passé à la librairie m'acheter trois de ses livres pas encore lus, histoire de faire bonne mesure dans cette affaire. Alors oui, tête par dessus cul, on va finir par y venir. Mais tu as raison que tout ceci est désordre!
Amicalement
Phil
6. Le vendredi 11 janvier 2008 à 05:46, par christine :
quant à moi je suis tout de même assez fière d'avoir engendré un peu de "désordre" dans notre petit coin de blogosphère en réagissant à cette une et en remarquant que la photo avait été retouchée : même si les premières vagues soulevées chez Philippe étaient nettement plus dignes que les vaguelettes reprises dans rue89 et jusque chez ton ami Assouline
m'a amusé le fait que ces vagues me reviennent dans la vraie vie lorsqu'une lectrice, sur mon lieu de travail, m'a parlé de mon billet sans savoir que j'en étais l'auteur
et puis grâce à ton commentaire éclairé, berlol, j'ai pu apprendre que "tout le monde a des fesses" ce qui fut une révélation majeure !
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