Première séance de l'année au centre de sport. Je transpire gros en compagnie de stagiaires de la police et de leur formateur. Quand il s'adresse à eux, il s'adresse aussi à moi et ses remarques, qui emportent parfois mon adhésion, presque malgré moi, me font froid dans le dos. La réussite du texte de Foucard tient d'abord dans la justesse du ton policier, dans l'évidence (presque sarkozienne) de la société coercitive dès que l'on adopte un angle résolument collectiviste et sécuritaire... Jusqu'où cela ira-t-il ?

«Si les show TV, du style Une journée avec la Police ont autant de succès d'audience, ce n'est pas seulement parce que le public se plaît à constater la dureté de notre métier, c'est d'abord parce qu'il nous soutient dans notre effort. L'identification du civil au policier est totale. Seul un discours correctif à tenir en public, du style : ces flics, franchement, ils abusent permet de compenser cet amour inavouable.
Le civil nous aime parce qu'il déteste la violence. C'est une partie qui se déroule sans lui, sinon il serait armé ou costaud. Il accepte la violence, disons plutôt qu'il la tolère dans la mesure où il dispose d'une force de frappe publique : la Police. Comme le votant avec le politicien, il délègue sa capacité de réplique, en cas d'agression, à une milice mieux équipée que lui.» (Daniel Foucard, Civil, p. 55)

David et moi devons déjeuner à la cantine, au lieu d'aller au Downey. C'est la faute d'une de mes étudiantes, à qui j'ai accordé un rendez-vous à 13h30 pour corriger son mémoire sur Louis Malle. Une ou deux autres affaires à régler par courrier après, et me voici reparti pour le train rapide, toujours Civil en main.
À Iidabashi, T. m'attend pour acheter du pain et dîner dehors. Mais le vendredi soir, tout est plein dans Kagurazaka, surtout d'employés de bureau s'invitant mondainement pour fêter la nouvelle année. On échoue au Royal Host où l'on est sûrs d'être tranquilles.

À la maison, jusqu'au coucher, je m'exile en musique avec Rimbaud. Et un petit peu avec Glatigny, aussi.