Le mois dernier encore, je me demandais bien ce que j'aurais à dire de nouveau sur À la Musique, dont l'étude mise en ligne avait constitué l'une de mes premières pages web, en 1996. Bien sûr, la simple mise en scène, dans une salle de classe, de ces remarques pouvait déjà suffire à donner une explication du poème. Mais en creusant à nouveau le même sillon, je me suis aperçu que le terreau avait bien changé (et qu'il faudra peut-être que je fasse une seconde version de la page, en renouant les liens perdus).
D'abord, il y a la somme biographique et littéraire de Jean-Jacques Lefrère, de 2001, que je considère comme un des meilleurs outils à notre disposition. Ensuite, l'édition de L'œuvre intégrale manuscrite de Rimbaud chez Textuel (1996), pour essayer de contextualiser, de reconstruire le temps de l'écriture. Enfin, les développements du web qui permettent, à partir de bribes d'informations glanées chez Lefrère, de retrouver l'historique de la guerre de 1870 (le poème a très probablement été écrit à la fin du printemps 1870) et l'intertexte où Rimbaud a emprunté le contraste entre, d'une part, la mondanité bourgeoise autour de l'orchestre militaire et, d'autre part, le solitaire exalté par la haine du bourgeois et ses premiers émois sexuels, à savoir un poème d'Albert Glatigny intitulé Promenades d'hiver, dans son recueil de 1864, Les Flèches d'or (p. 158) — qui, pour n'être pas passé à la postérité, ne s'en trouve pas moins disponible sur Gallica (cela aussi bien après 1996).
On voit très clairement la progression centrifuge du poème, du kiosque vers les allées de marronniers. Entre mondanité (bourgeois, bureaux, notaires, épiciers, tous détestés) et solitude (le moi mal dans sa peau parce qu'il n'est que suivre), la frontière subjective est marquée, comme de façon prémonitoire, par le mot « contrebande »...

Enfin, le Saint-Martin rouvrit ! C'est qu'on a failli mourir de faim, nous ! Lundi dernier, par exemple. J'en fais la remarque à Yukie, qui le prend à la rigolade... Je lui demande aussi si elle sait pourquoi les frites 2008 — j'en ai une entre les doigts — sont meilleures que les frites 2007.

Après, notre temps se partage entre la sieste, l'écriture de kanjis, la lecture de blogs, l'enregistrement d'émissions de radio, etc. Et des petits dessins pour essayer d'imaginer comment on pourrait redisposer l'appartement. Bref, pas de quoi en faire un paragraphe.