Après ça barre un peu
Par Berlol, mardi 22 janvier 2008 à 23:59 :: General :: #893 :: rss
Shinkansen.
Examens et courriels.
Ce soir ou Jamais du 16 sur le féminisme — au moins un bon début, une moitié intéressante, c'est vrai qu'après ça barre un peu en c...
Finalement, je suis assez mécontent de ce nouveau rythme du JLR. J'ai des jours de retard, je jongle avec les emplois du temps, je suis tenté de fabriquer. Surtout, je ne me souviens plus des choses qui, insignifiantes par leur quantité intrinsèque, peuvent se révéler essentielles quand on les dépose dans du langage où, comme des soupes déshydratées, elles prennent tout leur vrai volume.
Reste à reprendre la main. Ou à sauter des jours. Mais sauter des jours, j'ai presque peur que ça me porte la poisse, que ça fasse tache — ou comme une maille sautée dans le tricot.
« Cinq chauffeurs. L'un d'eux est obèse, un autre a une casquette rouge, un troisième est torse nu, avec un gilet en toile de jean. Les autres sont normaux, ou du moins sans particularité remarquable. Ils te regardent. Ils ont tous la bouche à moitié ouverte.
— Ça parle encore, dit le gros.
— Incroyable, dit un des normaux. Ça parle encore.
— Et de quoi que ça parle ? demande casquette rouge.
— De la nuit, dit le gros.
— Ça parle de la nuit ? s'étonne torse nu.
— Ben oui, ça doit croire encore à la nuit, dit un des normaux.
— Incroyable, dit l'autre normal. Ça croit encore à la nuit.» (Antoine Volodine, Songes de Mevlido, p. 330)
Examens et courriels.
Ce soir ou Jamais du 16 sur le féminisme — au moins un bon début, une moitié intéressante, c'est vrai qu'après ça barre un peu en c...
Finalement, je suis assez mécontent de ce nouveau rythme du JLR. J'ai des jours de retard, je jongle avec les emplois du temps, je suis tenté de fabriquer. Surtout, je ne me souviens plus des choses qui, insignifiantes par leur quantité intrinsèque, peuvent se révéler essentielles quand on les dépose dans du langage où, comme des soupes déshydratées, elles prennent tout leur vrai volume.
Reste à reprendre la main. Ou à sauter des jours. Mais sauter des jours, j'ai presque peur que ça me porte la poisse, que ça fasse tache — ou comme une maille sautée dans le tricot.
« Cinq chauffeurs. L'un d'eux est obèse, un autre a une casquette rouge, un troisième est torse nu, avec un gilet en toile de jean. Les autres sont normaux, ou du moins sans particularité remarquable. Ils te regardent. Ils ont tous la bouche à moitié ouverte.
— Ça parle encore, dit le gros.
— Incroyable, dit un des normaux. Ça parle encore.
— Et de quoi que ça parle ? demande casquette rouge.
— De la nuit, dit le gros.
— Ça parle de la nuit ? s'étonne torse nu.
— Ben oui, ça doit croire encore à la nuit, dit un des normaux.
— Incroyable, dit l'autre normal. Ça croit encore à la nuit.» (Antoine Volodine, Songes de Mevlido, p. 330)
Commentaires
1. Le mercredi 23 janvier 2008 à 03:14, par MP :
Pas sauter des jours : réduire la longueur, agrandir la foulée synthétiser pour rattraper le retard. Puis revenir au rythme du direct : chaque fin de journée, raconter la journée vécue.
2. Le mercredi 23 janvier 2008 à 06:54, par demesny :
Littérature, littérature : carnet du Rimbaud, des pensées du shinkansen, de Volo co-acheteur de valises... Bon, les slips par trois, pourquoi pas mais on ira pas vous demander la couleur... Vous êtes très loin, alors nous on est minuscules dans le petit bout de la lorgnette et ça qui fait du bien, de se voir dans le rétroviseur tenu depuis là-bas... C'est pas forcément agréable, mais c'est pour ça qu'on revient. Donc courage. Tenir. Lâcher la bride, parler rien que du citronnier s'il faut, c'est moins le journal qui compte que le regard.
3. Le jeudi 24 janvier 2008 à 07:32, par Philippe De Jonckheere :
Je serais presque content de te savoir dans la difficulté et les hésitations face à de telles questions de rythmes et de journées manquées, non que je ris de ta déconfiture, pas du tout, mais j'ai de l'empathie, tu t'en doutes bien, vis à vis de ces épineuses questions. Et le sentiment de n'avoir toujours pas répondu moi-même de façon très satisfaisante aux mêmes questions. Je crois que François appelle cela une cote mal taillée. Il a raison, nul se saurait maîtriser d'emblée un outil qui vient d'être inventé. Ou encore comment la première machine roulante de Papin n'avait pas de frein.
Amicalement
Phil
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