Cette couleuvre qui bat des cils
Par Berlol, mercredi 23 janvier 2008 à 23:59 :: General :: #894 :: rss
Matinée en grande partie à la maison. Je trie, je
jette, de la paperasse surtout, et je commence la
préparation du voyage, le tout en écoutant
d'abord ce que dit Joe Boyd sur Dylan (Ce
soir ou Jamais du jeudi 17), puis le
débat qui suit sur la Belgique — débat
qui, au fond, ne sera utile
qu'à ceux qui veulent étudier
sérieusement le
concept de dialogue de
sourds...
« [...] dans l'année 64-65, Dylan a commencé à fumer de la marijuana, il a changé de vêtements. C'est pas toujours comme les blue-jeans, costume d'ouvrier. Il arrive à Newport avec un blouson très coloré, avec des cercles rouges et noirs. C'est une chose incroyable pour les gens. Parce que c'est pas la folk music, c'est pop, c'est autre chose. Et il chante pas sur les sujets comme l'injustice, la paix, la guerre, il chante Mr Tambourine Man. C'est quoi, ça ? C'est quoi ? C'est pas un thème pour la révolution, ça. [...] » (J. Boyd, dont voici six minutes sur drogue et révolution)
Dans l'après-midi, je fais passer un oral blanc à trois étudiantes qui iront à l'épreuve dimanche. L'une, dont je connais pourtant les qualités, perd tous ses moyens après trois bouts de phrases, baisse les yeux, se saborde. Je l'exhorte à se focaliser sur la question posée et non sur le fait d'être en face d'un examinateur. Une autre, inversement, a beaucoup de sang-froid et je regrette de devoir l'interrompre à la fin du temps imparti. Elles ont suivi la même formation, et au-delà des compétences, c'est l'émotivité qui fait la différence — une forme d'injustice.
Deux heures après, j'assiste David à l'organisation du TCF pour les 8 inscrites de la session. On aimerait bien que nos collègues japonais s'intéressent un peu à cette épreuve, ils verraient ce qu'est, dans sa simplicité formelle, une véritable progression d'objectifs de langue.
Notre seul problème, c'est le chauffage, arrêté pendant toute la partie orale : soit le climatiseur fait un bruit de haut-fourneau, avec la chaleur qui va avec, soit il se tait de longues minutes pour laisser place aux zips des manteaux...
Pas de mercredîner cette semaine. Je me fais une méga salade de carottes, pour être poli, et j'affiche Guaino dans le poste (CSOJ de lundi). Près d'une heure et demie avec ce pisse-froid, cette couleuvre qui bat des cils pour tout nous faire avaler. L'émission — qui d'ailleurs s'écarte de sa mission première de présenter l'actualité par la culture, comme Taddeï aime à le répéter — a au moins le mérite de laisser voir qu'au bout d'une heure de réponses polies à la forme négative, l'homme qui se veut consensuel laisse percer l'intransigeant qui au fond de lui jamais ne — con — cède. C'est l'Afrique et le discours de Dakar, et comment il nie tout ce qu'on lui reproche, à lui et à Sarkozy, qui constituent les meilleures preuves de sa duplicité.
Fausse concession et négation rhétorique sont les deux mamelles de Guaino. Lui reconnaître tout de même le courage d'être venu jusque dans ce traquenard où il devait savoir que personne ne le soutiendrait — qui n'est peut-être même pas du courage puisqu'il est drogué de sa certitude d'avoir raison !
« [...] dans l'année 64-65, Dylan a commencé à fumer de la marijuana, il a changé de vêtements. C'est pas toujours comme les blue-jeans, costume d'ouvrier. Il arrive à Newport avec un blouson très coloré, avec des cercles rouges et noirs. C'est une chose incroyable pour les gens. Parce que c'est pas la folk music, c'est pop, c'est autre chose. Et il chante pas sur les sujets comme l'injustice, la paix, la guerre, il chante Mr Tambourine Man. C'est quoi, ça ? C'est quoi ? C'est pas un thème pour la révolution, ça. [...] » (J. Boyd, dont voici six minutes sur drogue et révolution)
Dans l'après-midi, je fais passer un oral blanc à trois étudiantes qui iront à l'épreuve dimanche. L'une, dont je connais pourtant les qualités, perd tous ses moyens après trois bouts de phrases, baisse les yeux, se saborde. Je l'exhorte à se focaliser sur la question posée et non sur le fait d'être en face d'un examinateur. Une autre, inversement, a beaucoup de sang-froid et je regrette de devoir l'interrompre à la fin du temps imparti. Elles ont suivi la même formation, et au-delà des compétences, c'est l'émotivité qui fait la différence — une forme d'injustice.
Deux heures après, j'assiste David à l'organisation du TCF pour les 8 inscrites de la session. On aimerait bien que nos collègues japonais s'intéressent un peu à cette épreuve, ils verraient ce qu'est, dans sa simplicité formelle, une véritable progression d'objectifs de langue.
Notre seul problème, c'est le chauffage, arrêté pendant toute la partie orale : soit le climatiseur fait un bruit de haut-fourneau, avec la chaleur qui va avec, soit il se tait de longues minutes pour laisser place aux zips des manteaux...
Pas de mercredîner cette semaine. Je me fais une méga salade de carottes, pour être poli, et j'affiche Guaino dans le poste (CSOJ de lundi). Près d'une heure et demie avec ce pisse-froid, cette couleuvre qui bat des cils pour tout nous faire avaler. L'émission — qui d'ailleurs s'écarte de sa mission première de présenter l'actualité par la culture, comme Taddeï aime à le répéter — a au moins le mérite de laisser voir qu'au bout d'une heure de réponses polies à la forme négative, l'homme qui se veut consensuel laisse percer l'intransigeant qui au fond de lui jamais ne — con — cède. C'est l'Afrique et le discours de Dakar, et comment il nie tout ce qu'on lui reproche, à lui et à Sarkozy, qui constituent les meilleures preuves de sa duplicité.
Fausse concession et négation rhétorique sont les deux mamelles de Guaino. Lui reconnaître tout de même le courage d'être venu jusque dans ce traquenard où il devait savoir que personne ne le soutiendrait — qui n'est peut-être même pas du courage puisqu'il est drogué de sa certitude d'avoir raison !
Commentaires
1. Le mercredi 23 janvier 2008 à 13:27, par pat :
message à Berlol
Suis je ce chainon manquant de tes amis perdus
je le suis bel et bien et kashmir de led zep n'a cessé d'être présent ainsi que I'm so afraid de Fleetwood mac contacte moi sans gêne, sans peur, sans haine
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