À un billet tout à fait indigne de Sorin, arriviste dans la blaireaucratie du web, une personne, parmi tous les commentaires inutilement argumentés, écrit simplement : « FUMER TUE ». Je trouve ça excellent. Et suffisant. (Même si on peut joindre l'image à la parole.)
En fin de matinée, nous allons au centre de sport, par grand soleil. T. n'est pas retournée à la piscine depuis décembre. Les oreilles bien bouchées, elle n'aura pas peur. Pour moi, c'est le programme habituel : vélo, étirements et lecture, suite de Jérôme Mauche. On reconnaît maintenant qu'une même mécanique d'hybridation thématique, d'incises cassantes et d'adjectivation saturante opère dans chaque fragment. Mais cette familiarité ne va pas jusqu'à la lassitude (ou pas encore) : les rencontres incongrues, aux détours des phrases, restent surprenantes, soit de justesse, soit de comique.
Ici, passage dédié à un certain trader, comme ils disent, dilapideur de plus de 5 milliards d'euros, qui pourrait bien écoper d'une peine à deux chiffres... — ce qui ne veut pas dire qu'on saura la vérité sur la Société Générale (rien que le nom, quand on y pense...).

« Faut-il pour les entreprises, pesant plusieurs milliards de chiffre d'affaires entêtant, sortir du marché boursier pour échapper à l'agressivité native des analystes financiers et au court-termisme ravageur ? Car, sitôt que l'action échappe des mains, au nom de la durée moyenne de survie dans un portefeuille constitué, et que son taux de rendement ne dépasse pas au mieux une croissance à deux chiffres elle se volatilise, comme au ping-pong la balle qui, après un quart de seconde d'échange, rebondit au sol, depuis belle lurette, avec de moins en moins de conviction, disparaît sous un meuble ou dans un coin, mais jamais n'empêche aucun des joueurs – classiquement ils sont deux – de multiplier les smashs et autres figures offensives, poursuivant une partie sans rien, sans balle, sans enjeu et quelquefois, s'il le faut, à main nue, lorsque aussi de lassitude les raquettes tombent mais jamais les masques.» (Jérôme Mauche, La Loi des rendements décroissants, p. 45-46)

Déjeuner de pâtes au Café bleu, restaurant agréable et chic, pas cher mais un peu bruyant. Une occasion pour T. d'analyser comment les voix parviennent à son oreille droite aplaties et mélangées, ce qui entraîne une activité accrue du cerveau pour essayer de discriminer et comprendre, jusqu'à l'énervement. Elle dit qu'elle n'arrive plus à analyser en temps réel l'image acoustique. C'est du moins ce qui se passait depuis des mois, avant que le traitement médical et la prise de conscience ne l'aident à juguler le phénomène. Aujourd'hui, elle se rend compte qu'il y a aussi une façon simple d'éviter ça : refuser d'écouter ce qu'elle entend, notamment dans le brouhaha. Au moins tant qu'il n'y a pas un signe clair qu'il faut comprendre quelque chose.
De retour à la maison, nous montons rapidement le nouvel Inspiron 530 de la maison. Dell fait tellement bien les choses que c'est fini en moins d'une demi-heure, deux profils et connexion réseau comprise. De quoi marquer notre huitième anniversaire de mariage.
Soirée avec The Black Dahlia (De Palma, 2006), à revoir parce qu'en anglais avec sous-titres japonais, je ne suis pas arrivé à tout comprendre...