« J'ai l'intention de faire des travaux à une plus grande échelle. Il s'agira, dans un premier temps, d'accélérer le processus d'usure naturelle des lieux. Je vais cultiver mon propre salpêtre dans une cave, que je déposerai ensuite dans des endroits stratégiques. Et consciencieusement, tous les soirs, j'arroserai les murs pour que l'humidité soit maximale. Si ce n'est pas suffisant, je m'arrangerai pour provoquer un superbe dégât des eaux en endommageant les tuyauteries de mon plein gré.
Je pars du principe que l'on n'est jamais mieux servi que par soi-même et pour restaurer un lieu, faire place nette, il vaut beaucoup mieux l'avoir au préalable dégradé de ses mains propres.
Je sens que rien ne pourra s'opposer à la négligence dans laquelle j'ai décidé de plonger la maisonnée tout entière. J'ai même consulté des ouvrages scientifiques afin de connaître les meilleures bactéries.
J'engage Mon Oiseau à faire ses besoins où ça lui chante. Je souhaite qu'il participe à la porcherie ambiante. Et par délicatesse, je n'emploie pas ce mot, je lui préfère celui de basse-cour.
Mon Oiseau est effrayé. Il n'ose pas. Toujours cette pudeur épouvantable, qui le rend poussif et dépourvu d'ambition. C'est du propre !
De toute façon, quelle importance, j'ai du courage pour deux, de la démesure à revendre. La maison va devenir le lieu de tous les excès. Plus de vaisselle à faire. Rongeurs et insectes en tout genre vont prospérer dans la place comme s'ils étaient chez eux.» (Sophie Roussel, Mon Oiseau, Paris : L'Improviste, 2000, p.94-96)

Où que j'ouvre ce livre, cette fois en le rangeant d'une étagère à une autre, c'est la même joie d'un fragment d'aventures avec Mon Oiseau... Il semble que ce soit le seul livre de Sophie Roussel, dont je ne sais rien, par ailleurs. Bien dommage ! Entre les pages 86 et 87, j'y retrouve deux tickets de caisse, l'un pour un poulet fermier chez Le Dantec rue de la Convention le 16 mars 2002, l'autre pour quatre livres dont Rangements et Je m'en vais à la librairie Compagnie la veille. Le dernier Daniel Oster vaut deux fois le label rouge. Le poulet avait fait deux jours, Rangements me fera bien encore vingt ans.

Tiens ! J'avais quelques jours de retard chez Bikun. J'y passe hebdomadairement, parfois une semaine saute... Pardon, les temps sont durs — rares, en fait. Et cette fois, je remonte la pente jusqu'au quai de Jemmapes.
Je savais qu'il sortirait cette photo, un jour ou l'autre. On en avait parlé. Pour la visite de ma sœur, fin 2006, j'avais parsemé l'appartement de post-it explicatifs. Télé, réfrigérateur, climatiseur, radiateur, poubelles, etc., tout y était passé.
Ici, ce sont les fonctions de base du siège des toilettes, en reproduisant le design du panneau de contrôle. Ça fait huit centimètres sur deux.

À Paris, j'ai vu pour la première fois en 2006, rue d'Assas, et sous forme quasi révolutionnaire, une boutique de toilettes japonaises.
Je me demande si je n'ai pas déjà sorti cette photo. Infoutu de retrouver à quelle date, le cas échéant. Peu importe, la revoilà.
On y vante ces sièges de toilettes, devenus tout à fait banals au Japon, chauffés et munis d'un jet télescopique permettant le rinçage de la zone anale (popotin) ou de la zone vaginale (foufoune) — à l'eau tiède, s'il vous plaît. Sur cette vitrine parisienne, on a fait en sorte de n'employer aucun des mots adéquats, sauf à remarquer que quotidien commence par un q. Je serais curieux d'entendre comment le vendeur se débrouille pour expliquer son affaire à de potentiels clients de la rue d'Assas...

Un Cœur simple, film de Marion Laine d'après Flaubert, sortira le 23 mars. Mince, trop tard pour que je le voie, je serai déjà reparti. Ce sera pour plus tard.
Outre les blogs essentiels, un dernier examen à faire passer le matin, une réunion de la faculté dans l'après-midi et les corrections de copies, rien fait. Andreas, Benoît, puis Sophie, l'un après l'autre se désistent pour le dîner. C'est ainsi que je me retrouve devant le dernier CSOJ — un cru moyen — avec une salade de carottes et des petites saucisses.