Préparation d'Enfance : de six à huit et demi, exercice de contraction de notes, les miennes, celles (r)amassées ici ou là, y compris sur le web (où je remercie Jean-Michel Maulpoix et de nouveau Alain Bardel).
Le cours est une course qui commence de fond et s'achève de vitesse. Tenir la respiration, avancer des commentaires sur les chromos féminins des premières parties, sur les anaphores qui suivent (« il y a »..., « je suis »...).Pourtant, je suis quand même obligé de renvoyer à la semaine prochaine mes considérations sur ce qui pourrait bien blêmir « au coin de la voûte »... Ça excède toujours. Il faudrait trois heures, et non deux.
Rimbaud a donc débordé du cadre, a eu la bougeotte en Europe, puis plus loin. Pendant qu'on jouait Carmen ou Parsifal, pendant qu'on s'acheminait vers l'érection de la Tour Eiffel, Monsieur voyageait, n'écrivait plus, savait à peine qu'on publiait ses œuvrettes, s'en foutait.

Déjeuner au Saint-Martin avec Éric et T.
Leur rencontre est historique à plusieurs titres (par exemple, nous avons tous trois bien connu Jean M., maintenant à Zagreb — que nous saluons au passage) mais surtout parce que leurs domaines de recherche sont en quelque sorte la prolongation l'un de l'autre. Vous allez comprendre.
De la Fronde à la Révolution, des pamphlets aux discours, de 1650 à 1790, se lancent les 140 ans d'un pont de l'expression populaire qu'il faudrait arpenter longuement dans les deux sens pour comprendre quelque chose à l'histoire de France.

Au lieu de quoi...
Je m'extasie sur mon fondant percé qui dé-
     gorge.

À Ginza pour les souliers sur mesure de T. Ils sont impeccables, très XIXe, dira-t-on. Merci, Monsieur Noguchi ! Elle ne doit, durant une dizaine de jours, ne les mettre que pour une centaine de mètres ; après quoi, si tout va bien, elle les pourra porter normalement. Et ne doit pas oublier de les lacer serrés.
Au sous-sol du Matsuzakaya, je trouve enfin LE sac-à-dos que je cherche désespérément depuis des mois (simple pourtant, mais avec des fonctionnalités précises), un Moab de Gregory.
(On me demande aussi, parfois, pourquoi je mets ces références de produits qui, pour certains, déparent de l'aspect littéraire. C'est simple, pourtant. C'est pour les retrouver plus tard. Je me suis rendu compte, en effet, et pas le premier, qu'un objet anodin m'ayant appartenu il y a longtemps possédait souvent un pouvoir magique : je le trouve par hasard, m'en souviens par surprise, le regarde et, comme si j'avais tourné un robinet de souvenirs, retrouve des images ou des sensations. De même, de temps en temps, une petite image de moi...)
Pour finir, visitons le nouveau magasin Dunhill, qui a pris la place de l'épicerie Meidi-Ya. Articles de luxe, certes, mais pas si chers qu'on aurait pu le croire, et d'excellente qualité. Et au troisième, belle surprise : un lounge-bar à grands fauteuils de cuir où nous prenons un café glacé (prix tout à fait normal).

Soirée : enregistrement du Misanthrope pendant qu'on regarde Le Temps du Loup (Haneke, 2003). Tantôt tarkovskyen (dans les brumes du début, surtout), volodinien (manque de repères, comportements étrangement familiers), ionescosant (paroles absurdes et théâtrales dans les lieux clos — Chéreau prononçant un « ayons honte dehors » du plus bel effet). Un film intéressant, mais pas si dérangeant qu'il se voudrait. C'est qu'intimement nous sommes persuadés, hélas, que pires violence et sauvagerie régneraient.