On s'amuse, on se donne des prix entre femmes ; on ne s'en rend peut-être pas compte mais on fait surtout un très sale boulot, celui du sexisme attardé, du séparatisme, du communautarisme gentillet, le pire. Le lilas ne méritait pas ça. « Promouvoir la littérature féminine », c'est juste desservir la littérature — sans adjectif.

Allez, pas la peine de s'énerver pour ça. Il fait grand soleil alors qu'on annonçait de la neige, c'est déjà bien. Après être passé au bureau pour y travailler une heure, du courrier, je vais au sport, lire Ikonnikov et transpirer un peu. Le bain ni le sauna ne sont assez chauds. Peut-être parce qu'il est trop tôt, que je suis venu juste à l'ouverture ?

« Ossip s'approcha du tas de neige, il tâta l'ouverture avec précaution, puis il enfonça violemment dedans la partie acérée du pieu de bouleau et s'écarta d'un bond. Aussitôt le monticule éclata en éclaboussure de neige, et il en émergea une gigantesque boule velue et brune, tandis que retentissait un rugissement d'une sauvagerie à glacer les sangs. Le monstre furieux se jeta sur le côté à la vitesse de l'éclair, ramassa sous lui ses pattes géantes et envoya valser un projecteur. Fou de terreur, le metteur en scène prit ses jambes à son cou. Il fonçait au hasard entre les arbres. Du coin de l'œil il voyait près de lui courir son assistant, derrière lui son opérateur et l'éclairagiste. En s'enfonçant à tout moment dans la neige, tombant, cassant des branches, les quatre hommes poursuivirent longtemps leur course [...]
Ils tendirent l'oreille : pas un bruit. Prudemment, en essayant de surmonter leur peur, ils rebroussèrent chemin. L'assistant retrouva la carabine qu'il avait laissée tomber dans la neige. Quand ils se furent rapprochés de la tanière de l'ours, ils virent Ossip Stepanytch. Sain et sauf, le forestier était occupé à faire des incisions sur la patte du fauve mort, afin de pouvoir retirer sa peau.
— Ah, c'est vous, dit Ossip en levant la tête. Alors, vous avez eu le temps de filmer ? [...] » (Alexandre Ikonnikov, Dernières Nouvelles du bourbier, p. 94-95)

De mon bureau, je vois passer des centaines de lycéens qui sortent des épreuves des concours d'entrée (aujourd'hui, je ne suis pas concerné). Peu après, David passe boire un coup. Dans la conversation, il est question des encombrants (粗大ごみ, j'en ai à jeter, il faut que je me conforme à la procédure), puis du Géoportail de l'IGN (que j'avais oublié, au profit de Google Maps), pour Orléans, bien sûr. Après son départ, je découvre la couche de cartographie INA, qui permet, par lieu référencé, d'aller directement aux documents audiovisuels de la télé française. À condition de passer d'abord, dans la boîte intitulée Ma Visualisation, du mode découverte en mode expert, puis de sélectionner la couche INA dans les Services Publics, parmi les couches disponibles, puis, enfin, de cliquer sur le petit carré INA qui apparaît au centre d'Orléans... Bien sûr, on serait allé plus vite, si on y avait directement ouvert le site INA, mais le croisement des catalogues est tout de même un événement à saluer, non ?
Dans la soixantaine de documents trouvés, je retiens le JT de l'ORTF du 22 juin 1966 sur la construction de l'université à La Source (du Loiret) et le 12/13 de FR3 du 20 novembre 2000 sur l'inauguration du tramway. (Selon l'ordinateur que j'utilise, les mêmes documents sont avec ou sans son...)

En dînant, en écoutant : l'excellent Ce soir ou Jamais sur l'Afrique, avec un très beau plateau, très réactif, intelligent — on se demande bien pourquoi l'Afrique a une telle image de continent plombé, mais au fond on le sait bien, ça sert des intérêts.