Cliquer sur le petit carré
Par Berlol, jeudi 7 février 2008 à 23:51 :: General :: #909 :: rss
On s'amuse, on se donne des prix entre femmes ;
on ne s'en rend peut-être pas compte mais on fait surtout un
très sale boulot, celui du sexisme attardé, du
séparatisme, du communautarisme gentillet, le pire. Le lilas
ne
méritait pas ça. « Promouvoir
la littérature féminine »,
c'est juste desservir la littérature — sans
adjectif.
Allez, pas la peine de s'énerver pour ça. Il fait grand soleil alors qu'on annonçait de la neige, c'est déjà bien. Après être passé au bureau pour y travailler une heure, du courrier, je vais au sport, lire Ikonnikov et transpirer un peu. Le bain ni le sauna ne sont assez chauds. Peut-être parce qu'il est trop tôt, que je suis venu juste à l'ouverture ?
« Ossip s'approcha du tas de neige, il tâta l'ouverture avec précaution, puis il enfonça violemment dedans la partie acérée du pieu de bouleau et s'écarta d'un bond. Aussitôt le monticule éclata en éclaboussure de neige, et il en émergea une gigantesque boule velue et brune, tandis que retentissait un rugissement d'une sauvagerie à glacer les sangs. Le monstre furieux se jeta sur le côté à la vitesse de l'éclair, ramassa sous lui ses pattes géantes et envoya valser un projecteur. Fou de terreur, le metteur en scène prit ses jambes à son cou. Il fonçait au hasard entre les arbres. Du coin de l'œil il voyait près de lui courir son assistant, derrière lui son opérateur et l'éclairagiste. En s'enfonçant à tout moment dans la neige, tombant, cassant des branches, les quatre hommes poursuivirent longtemps leur course [...]
Ils tendirent l'oreille : pas un bruit. Prudemment, en essayant de surmonter leur peur, ils rebroussèrent chemin. L'assistant retrouva la carabine qu'il avait laissée tomber dans la neige. Quand ils se furent rapprochés de la tanière de l'ours, ils virent Ossip Stepanytch. Sain et sauf, le forestier était occupé à faire des incisions sur la patte du fauve mort, afin de pouvoir retirer sa peau.
— Ah, c'est vous, dit Ossip en levant la tête. Alors, vous avez eu le temps de filmer ? [...] » (Alexandre Ikonnikov, Dernières Nouvelles du bourbier, p. 94-95)
De mon bureau, je vois passer des centaines de lycéens qui sortent des épreuves des concours d'entrée (aujourd'hui, je ne suis pas concerné). Peu après, David passe boire un coup. Dans la conversation, il est question des encombrants (粗大ごみ, j'en ai à jeter, il faut que je me conforme à la procédure), puis du Géoportail de l'IGN (que j'avais oublié, au profit de Google Maps), pour Orléans, bien sûr. Après son départ, je découvre la couche de cartographie INA, qui permet, par lieu référencé, d'aller directement aux documents audiovisuels de la télé française. À condition de passer d'abord, dans la boîte intitulée Ma Visualisation, du mode découverte en mode expert, puis de sélectionner la couche INA dans les Services Publics, parmi les couches disponibles, puis, enfin, de cliquer sur le petit carré INA qui apparaît au centre d'Orléans... Bien sûr, on serait allé plus vite, si on y avait directement ouvert le site INA, mais le croisement des catalogues est tout de même un événement à saluer, non ?
Dans la soixantaine de documents trouvés, je retiens le JT de l'ORTF du 22 juin 1966 sur la construction de l'université à La Source (du Loiret) et le 12/13 de FR3 du 20 novembre 2000 sur l'inauguration du tramway. (Selon l'ordinateur que j'utilise, les mêmes documents sont avec ou sans son...)
En dînant, en écoutant : l'excellent Ce soir ou Jamais sur l'Afrique, avec un très beau plateau, très réactif, intelligent — on se demande bien pourquoi l'Afrique a une telle image de continent plombé, mais au fond on le sait bien, ça sert des intérêts.
Allez, pas la peine de s'énerver pour ça. Il fait grand soleil alors qu'on annonçait de la neige, c'est déjà bien. Après être passé au bureau pour y travailler une heure, du courrier, je vais au sport, lire Ikonnikov et transpirer un peu. Le bain ni le sauna ne sont assez chauds. Peut-être parce qu'il est trop tôt, que je suis venu juste à l'ouverture ?
« Ossip s'approcha du tas de neige, il tâta l'ouverture avec précaution, puis il enfonça violemment dedans la partie acérée du pieu de bouleau et s'écarta d'un bond. Aussitôt le monticule éclata en éclaboussure de neige, et il en émergea une gigantesque boule velue et brune, tandis que retentissait un rugissement d'une sauvagerie à glacer les sangs. Le monstre furieux se jeta sur le côté à la vitesse de l'éclair, ramassa sous lui ses pattes géantes et envoya valser un projecteur. Fou de terreur, le metteur en scène prit ses jambes à son cou. Il fonçait au hasard entre les arbres. Du coin de l'œil il voyait près de lui courir son assistant, derrière lui son opérateur et l'éclairagiste. En s'enfonçant à tout moment dans la neige, tombant, cassant des branches, les quatre hommes poursuivirent longtemps leur course [...]
Ils tendirent l'oreille : pas un bruit. Prudemment, en essayant de surmonter leur peur, ils rebroussèrent chemin. L'assistant retrouva la carabine qu'il avait laissée tomber dans la neige. Quand ils se furent rapprochés de la tanière de l'ours, ils virent Ossip Stepanytch. Sain et sauf, le forestier était occupé à faire des incisions sur la patte du fauve mort, afin de pouvoir retirer sa peau.
— Ah, c'est vous, dit Ossip en levant la tête. Alors, vous avez eu le temps de filmer ? [...] » (Alexandre Ikonnikov, Dernières Nouvelles du bourbier, p. 94-95)
De mon bureau, je vois passer des centaines de lycéens qui sortent des épreuves des concours d'entrée (aujourd'hui, je ne suis pas concerné). Peu après, David passe boire un coup. Dans la conversation, il est question des encombrants (粗大ごみ, j'en ai à jeter, il faut que je me conforme à la procédure), puis du Géoportail de l'IGN (que j'avais oublié, au profit de Google Maps), pour Orléans, bien sûr. Après son départ, je découvre la couche de cartographie INA, qui permet, par lieu référencé, d'aller directement aux documents audiovisuels de la télé française. À condition de passer d'abord, dans la boîte intitulée Ma Visualisation, du mode découverte en mode expert, puis de sélectionner la couche INA dans les Services Publics, parmi les couches disponibles, puis, enfin, de cliquer sur le petit carré INA qui apparaît au centre d'Orléans... Bien sûr, on serait allé plus vite, si on y avait directement ouvert le site INA, mais le croisement des catalogues est tout de même un événement à saluer, non ?
Dans la soixantaine de documents trouvés, je retiens le JT de l'ORTF du 22 juin 1966 sur la construction de l'université à La Source (du Loiret) et le 12/13 de FR3 du 20 novembre 2000 sur l'inauguration du tramway. (Selon l'ordinateur que j'utilise, les mêmes documents sont avec ou sans son...)
En dînant, en écoutant : l'excellent Ce soir ou Jamais sur l'Afrique, avec un très beau plateau, très réactif, intelligent — on se demande bien pourquoi l'Afrique a une telle image de continent plombé, mais au fond on le sait bien, ça sert des intérêts.
Commentaires
1. Le jeudi 7 février 2008 à 21:50, par vinteix :
Juste un petit mot en passant à propos de l'incipit sur "la littérature féminine" : bien d'accord - comment l'a crié, il y a pourtant déjà longtemps, Annie Le Brun !
Et c'est à peu près la même chose en ce qui concerne "littérature francophone" ou autres étiquetages plus ou moins nauséabonds pour la littérature elle-même.
2. Le jeudi 7 février 2008 à 22:02, par brigetoun :
sur la littérature féminine, "sur la façon différente de faire de la politique"" (tu parles ! il n'y a pas plus garce qu'une femme qui a conquis difficilement un pouvoir), oui : basta !
mais j'ai tendance à ne plus regarder ce soir ou jamais, un peu pour les mêmes raisons, impression d'une serre où l'on cultive de fausses oppositions entre gens de même aquarium, malgré l'intelligence de certains
3. Le vendredi 8 février 2008 à 04:25, par Berlol :
Allons, allons, Brigetoun, ne restez pas derrière les fenêtres, ouvrez-les ! Cette édition africaine de Ce soir ou Jamais est un petit bijou d'intelligence, de clairvoyance, et d'optimisme aussi. J'ai réécouté spécialement pour vous les deux chansons, celle qui ouvre et celle qui clôt, ainsi que la seconde moitié de la discussion et je trouve que c'est une grande leçon. De Ça ne vous rendra pas le Congo, de Baloji, à Vas-y, Vise plus haut, change ta vie d'Alpha Blondy, tout est dit ! Écoutons-les, suivons-les !
4. Le vendredi 8 février 2008 à 09:38, par brigetoun :
fort bien Monsieur, je rente bien lasse, m'en vais regarder et écouter
5. Le vendredi 8 février 2008 à 10:12, par Stubborn :
@Brigetoun. Doit y avoir une vieille photo où l'on voit Berlol en compagnie de Frédéric T. (à gauche en col roulé)...
6. Le vendredi 8 février 2008 à 11:33, par brigetoun :
pas trouvé la photo -mais bien aimé l'émission d'autant qu'elle confirmait confortablement ce que j'avais cru pouvoir penser (Kenya, Ouatara et le pari tchadien, qui va se retourner contre nous je pense, ou du moins contre la possibilité d'une intervention au Soudan correcte) -
un clin d'oeil : en les paupérisant un peu les petits entrepreneurs français en Afrique pourraient être considérés comme des immigrés qui ont réussi (comme les entrepreneurs portugais avec lesquels je travaillais, et j'espère un de ces jours de petits entrepreneurs africains)
7. Le vendredi 8 février 2008 à 14:19, par Berlol :
C'est vrai que mon soutien à Fred T. peut sembler louche. Je serais d'ailleurs très honoré qu'une telle photo existât. Je dois dire cependant que j'ai toujours détesté les cols roulés.
Pardon, Brigetoun, de vous avoir un peu poussée, mais j'étais sûr que ça valait le coup...
8. Le samedi 9 février 2008 à 15:22, par Stubborn :
@Berlol. A gauche, en col roulé, Fred T. Pas vous ! Vous, je sais bien, vous préférais le ample.
Ajouter un commentaire