samedi 9 février 2008
J'ai vu des sinus et des cosinus
Par Berlol, samedi 9 février 2008 à 23:59 :: General
Ai
commencé les surveillances.Mathématiques, ce matin.
J'ai vu des sinus et des cosinus.
Mais personne n'a éternué.
Dehors, la neige a commencé, drue ;
un grand classique, pendant les concours.
Le soir.
Ça a continué jusque vers 16 heures, dans un calme de plus en plus grand, cinq bons centimètres d'épaisseurs. De quoi donner de bonnes angoisses aux organisateurs parce que si ça gèle et que des transports en commun sont interrompus, il faut annuler les épreuves...
J'étais dans un petit amphi de 120 places, préparé pour une soixantaine de candidats. Les trois épreuves se sont déroulées sans incident notable. Je n'ai pas compté les montres à aiguilles, ni fait aucun calcul sur les candidagneaux, ou sur les gauchers, et même pas composé de petit poème. Serai-je malade ? Je m'en garde bien. J'ai mis un masque, comme T. me l'a fait promettre, et me suis lavé les mains à chaque retour à mon bureau. Non, je surveillais, je faisais abstraction du temps, je manipulais en esprit des détails orléanais ou du voyage. À la sortie, le flot de lycéens a été canalisé vers une seule sortie, celle qui offre le moins de pente dangereuse jusqu'au métro.
Je me suis fait un café chaud en regardant la nuit calme sur le parc blanc et me suis dit que ce n'était pas maintenant que je travaillerais. J'ai bien engrangé les émissions enregistrées aujourd'hui (Fiction d'Yves Ravey, Répliques sur Simone de Beauvoir, Du Jour au lendemain avec Eugène Savitzkaya) puis suis parti au centre de sport sur les trottoirs mi-glace mi-gadoue, ce qui nous rapproche sensiblement d'Ikonnikov...
« Mais en ce monde, rien n'est éternel. L'automne dernier, à la suite d'une violente averse, le bas-côté de la Ruelle Verte s'est effondré, entraînant dans sa chute les bancs et les plaques de béton qui clôturaient la scierie.
Aujourd'hui, les habitants de Riabovo doivent faire un long détour par la ruelle des Jardins. Quant à la jeunesse locale, elle se rassemble de nouveau dans la cave où traînent des bouteilles vides, des mégots et des préservatifs usagés. De la Ruelle Verte, il ne demeure que le nom. En hiver, quand les enfants vont faire de la luge dans le fossé, ils disent à leurs parents qu'ils sont dans la Ruelle Verte.» (Alexandre Ikonnikov, Dernières Nouvelles du bourbier, p. 103)