Le néant sans qu'il me blesse
Par Berlol, mercredi 13 février 2008 à 23:59 :: General :: #915 :: rss
Lever, petit déjeuner et matinée normaux. Encore
plein de choses à ranger, arranger, sur place ou en ligne.
La blessée va mieux et se soigne.
Déjeuner au Saint-Martin, enfin ! On dit au revoir pour un mois...
Paiement avancé du loyer, achat de petits cadeaux (encens, thé, etc.).
Vers 17 heures, je suis prêt à partir pour le grand voyage, d'abord à Nagoya, demain à l'aéroport Centrair puis vendredi vers Roissy, tandis que T., partant de Narita, volera trente minutes devant nous avec une autre compagnie. Si tout va bien, nous rétablirons la connexion entre nos deux corps, nos deux regards qui ne se quittent pourtant jamais, vendredi vers 15 heures, heure française, dans le hall d'arrivée.
Instant terrible dans le shinkansen, attendu et craint depuis près de six mois, mais inéluctable : la fin du livre le plus merveilleusement toxique de Volodine. À la fois toxique et mithridatisant, je me comprends. On a tous peur de la mort et beaucoup d'œuvres d'art sont des formes d'entraînement. Ma bibliothèque, ma discothèque sont des camps d'entraînement à l'acceptation de n'être pas éternel — mais tout en me plaisant fort, beaucoup de ces œuvres n'ont pas atteint cet objectif, m'emmenant ailleurs, où je n'ai pas perdu mon temps non plus, ou bien appellent trop vulgairement vers des fins téléphonées, bâclées, trop simplement mortelles. Il faut reconnaître que Volodine a ce talent de me faire toucher le néant sans qu'il me blesse.
Comme si j'avais appris tranquillement que... j'y suis déjà.
« Linda siew me pousse sans répondre. Elle me guide. Je sens sa main qui tremble sur mes épaules, et, quand j'essaie de me retourner pour la regarder, déjà je sens contre mon cou la tiédeur du fer qui me déchire.» (Antoine Volodine, Songes de Mevlido, p. 451)
À propos de partir tranquillement, Henri Salvador est le plus fort. En pleine grève de l'audiovisuel public, il fait quand même la une. Faut dire qu'il est suivi, au 20 Heures de France 2, d'une Christine Albanel infiniment moins talentueuse. Même complètement nulle. Derrière son sourire de fausse niaise, là aussi, il n'y a que du néant. Croit-elle vraiment qu'on ne voit rien ? Qu'on gobe son œuf de cruche ? Le pilote fou a décidé de couper les gaz et l'obséquiosité ministérielle requiert de faire des moulinets avec les bras pour persuader la France que ça ne tombera pas...
La blessée va mieux et se soigne.
Déjeuner au Saint-Martin, enfin ! On dit au revoir pour un mois...
Paiement avancé du loyer, achat de petits cadeaux (encens, thé, etc.).
Vers 17 heures, je suis prêt à partir pour le grand voyage, d'abord à Nagoya, demain à l'aéroport Centrair puis vendredi vers Roissy, tandis que T., partant de Narita, volera trente minutes devant nous avec une autre compagnie. Si tout va bien, nous rétablirons la connexion entre nos deux corps, nos deux regards qui ne se quittent pourtant jamais, vendredi vers 15 heures, heure française, dans le hall d'arrivée.
Instant terrible dans le shinkansen, attendu et craint depuis près de six mois, mais inéluctable : la fin du livre le plus merveilleusement toxique de Volodine. À la fois toxique et mithridatisant, je me comprends. On a tous peur de la mort et beaucoup d'œuvres d'art sont des formes d'entraînement. Ma bibliothèque, ma discothèque sont des camps d'entraînement à l'acceptation de n'être pas éternel — mais tout en me plaisant fort, beaucoup de ces œuvres n'ont pas atteint cet objectif, m'emmenant ailleurs, où je n'ai pas perdu mon temps non plus, ou bien appellent trop vulgairement vers des fins téléphonées, bâclées, trop simplement mortelles. Il faut reconnaître que Volodine a ce talent de me faire toucher le néant sans qu'il me blesse.
Comme si j'avais appris tranquillement que... j'y suis déjà.
« Linda siew me pousse sans répondre. Elle me guide. Je sens sa main qui tremble sur mes épaules, et, quand j'essaie de me retourner pour la regarder, déjà je sens contre mon cou la tiédeur du fer qui me déchire.» (Antoine Volodine, Songes de Mevlido, p. 451)
À propos de partir tranquillement, Henri Salvador est le plus fort. En pleine grève de l'audiovisuel public, il fait quand même la une. Faut dire qu'il est suivi, au 20 Heures de France 2, d'une Christine Albanel infiniment moins talentueuse. Même complètement nulle. Derrière son sourire de fausse niaise, là aussi, il n'y a que du néant. Croit-elle vraiment qu'on ne voit rien ? Qu'on gobe son œuf de cruche ? Le pilote fou a décidé de couper les gaz et l'obséquiosité ministérielle requiert de faire des moulinets avec les bras pour persuader la France que ça ne tombera pas...
Commentaires
1. Le mercredi 13 février 2008 à 11:13, par pat :
Que ce voyage vous soit tranquille et que vous vous retrouviez, avec le désir de suivre le chemin, qui à défaut d'être l'Highlander way, permettra de laisser cette notion pour plus tard, beaucoup plus tard, le plus tard possible.
Notre 21# siècle met de coté cet instant qui fait partie de l'existence. Comme personne ne sait ce qui se passe derrière, cela offre une multitude de réponses. Il est connu que trop de réponses tue la réponse. c'est sans doute ce qui interroge le plus et on n'est pas prêt de l'élucider. Ensuite faut-il savoir de quoi nous avons peur.
D'ici là faites bon voyage et au plaisir de lire.
2. Le mercredi 13 février 2008 à 22:55, par brigetoun :
j'écoute presque France Inter avec ravissement. Au moins je peux à la rigueur me mettre en rage. Hier je n'avais que Nostalgie, Skyrok ou Monte Carlo, de quoi comprendre mieux le vide sidéral des motivations lors des votes, et chérir le service public et tous ses défauts.
Je crois que je vais finir par ne pas attendre que le dernier Volodine soit en poche
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