Aujourd'hui, suis secrétaire de T., en visite au Collège de France, où elle a rendez-vous avec Marc Fumaroli. Déjeunons à trois au Pré-Verre, rue Thénard, recommandé par des proches. Grave erreur... La cuisine est plutôt bonne, ça c'est indéniable. L'œuf onsen aurait certes mérité une décoration plus raffinée, des morilles moins imbibés d'eau. Mon onglet de veau, en revanche, est parfait, de même que sa purée. De leur côté, T. et Marc vantent aussi leur exquise morue. Mais tout cela est annihilé par le niveau sonore et l'énervement que génère le service, à commencer par le chef de salle, verbe haut sur tige maigre, et qui fouette tout le monde. Presque impossible d'avoir une conversation un peu sérieuse. Heureusement, Fumaroli n'est pas soupe au lait. Et il a de bons souvenirs du Japon. Il finit même par s'amuser de la situation. Il consentira même à nous dire où il se fournit en confiture de figues (place Maubert).
Pour ce qui est du contenu, c'est secret défense, je n'ai rien le droit de dire.

Métamorphose du carré Hachette, au coin des boulevards Saint-Michel et Saint-Germain. Il y a maintenant un Monoprix, avec grand rayon d'alimentation rapide, suite au sous-sol pour de vraies courses, avec même des caisses entièrement automatiques pour moins de 10 articles. Faut dire que dans le quartier, ça manquait depuis toujours, un vrai supermarché. Sûr que ça va marcher.

Après, on ne traîne pas trop. Passage chez Gibert Jeune où je prends trois livres (Daeninckx, Camarades de classe, Peslerbe, Peines perdues, et Da Silva, Hoffmann à Tôkyô).
Repos au salon de thé Kusmi.
Bus pour Austerlitz puis train du retour.

« Un homme est mort. D'une mort provoquée par un tiers. Il souffrait de la maladie d'Alzheimer, une maladie du cerveau qui se caractérise par une perte de la mémoire. Les médecins n'y peuvent rien, ils la décrivent comme on le ferait pour un coucher de soleil. Les souvenirs disparaissent les uns après les autres, on ne sait où et encore moins pourquoi. Pas de microbes à combattre, pas d'hémorragie à stopper, pas de tumeur à opérer. On assiste impuissant à l'extinction des feux. Il est étrange d'appeler cela une maladie. Il serait préférable de ne pas imaginer qu'il s'agisse d'une volonté de fuir une réalité trop pesante. La maladie d'Alzheimer est une maladie qui efface lentement la vie sans faire mourir. Elle n'est pas contagieuse et cependant se propage. Et nous laisse désemparés.» (Emmanuelle Peslerbe, Peines perdues, Rodez : éditions du Rouergue, coll. La Brune, p. 12-13)
Dans la foulée d'Olivia Rosenthal, mais pas dans l'imitation. Ici, Alzheimer est le point de départ d'un mystèrieux meurtre...