mardi 26 février 2008
C'est lui qui salissait son espace
Par Berlol, mardi 26 février 2008 à 23:59 :: General
Notre capacité à enfoncer x fois une aiguille
dans du
cuir étant quasi nulle, malgré notre bonne
volonté, nous partons sous une pluie fine à la
recherche
de LA boutique de retouches cuir d'Orléans. En chemin,
j'indique
à T. le magasin Badinier, où j'ai trouvé en 2006 une
valise avec l'aide d'Antoine Volodine (il est d'ailleurs
question de le voir ces jours-ci). Elle y achète un
parapluie
pliable et léger et se renseigne à son tour sur
les
grosses valises, sur lesquelles nous recevons à nouveau
d'excellents conseils. Enfin, nous déposons la capuche en
cuir
qui sera réparée samedi.
Passons à la Médiathèque, j'indique à T. lieux et horaires pour le fonds ancien. Déjeuner rapide au Grand Martroi et retour Médiathèque pour fructueuse discussion avec bibliothécaire concernée. Rendez-vous jeudi par téléphone avec la spécialiste qui reviendra de congés.
Retour et lecture de Peslerbe, un peu comme on lirait du Pinget. Moi, c'est Le Littéraire.com que je jette. Y'a pas photo.
Avec mon collègue, sommes invités à dîner dans une des familles d'accueil de nos étudiants. Derrière le Zénith, en tram. La pluie s'est arrêtée. Très bonne ambiance. Assurance que cette étudiante fera d'importants progrès en français. On nous ramène juste avant minuit.
D'ailleurs, pas de photo.
« Elle faisait le ménage tous les jours parce qu'il le fallait, absolument. Impérativement. Les choses ont changé depuis la mort de son père parce que c'est lui qui salissait son espace.
— C'est lui qui salissait mon espace.
Le commissaire admet qu'une personne de plus dans un appartement exigu donne du travail sur le plan logistique. Entendu. Mais de là à rendre un lieu vierge de toute trace de vie, il y a un monde. Il lui demande si ce ne serait pas juste pour ce jour-là, qu'elle a tout nettoyé, le mercredi, celui du meurtre. Pas pour les traces laissées par son père, mais pour les siennes.
Elle écoute à peine. Les mots prononcés résonnent dans sa boîte crânienne comme contre les murs du Jeu de paume. Un espace vide. « Le mercredi du meurtre.» Des images défilent. L'été chez grand-mère. Papa et son frère Jacques préparent le feu pour les grillades. Les doigts courts de l'oncle palpent les morceaux de viande. Dégoûtant. La chair molle et suintante se laisse déformer sous la pression. Cette matière informe est alors déchue, dégradée, sans plus de lien avec son apparence originelle. Les hommes transpercent les morceaux pour en faire des brochettes. La viande reprend corps, ainsi transfigurée, devient une brochette. La résistance de la chair au transpercement varie d'un morceau à l'autre. S'agissait-il du même animal ? La voix du policier se fait à nouveau perceptible.» (Emmanuelle Peslerbe, Peines perdues, p. 80-81)
Passons à la Médiathèque, j'indique à T. lieux et horaires pour le fonds ancien. Déjeuner rapide au Grand Martroi et retour Médiathèque pour fructueuse discussion avec bibliothécaire concernée. Rendez-vous jeudi par téléphone avec la spécialiste qui reviendra de congés.
Retour et lecture de Peslerbe, un peu comme on lirait du Pinget. Moi, c'est Le Littéraire.com que je jette. Y'a pas photo.
Avec mon collègue, sommes invités à dîner dans une des familles d'accueil de nos étudiants. Derrière le Zénith, en tram. La pluie s'est arrêtée. Très bonne ambiance. Assurance que cette étudiante fera d'importants progrès en français. On nous ramène juste avant minuit.
D'ailleurs, pas de photo.
« Elle faisait le ménage tous les jours parce qu'il le fallait, absolument. Impérativement. Les choses ont changé depuis la mort de son père parce que c'est lui qui salissait son espace.
— C'est lui qui salissait mon espace.
Le commissaire admet qu'une personne de plus dans un appartement exigu donne du travail sur le plan logistique. Entendu. Mais de là à rendre un lieu vierge de toute trace de vie, il y a un monde. Il lui demande si ce ne serait pas juste pour ce jour-là, qu'elle a tout nettoyé, le mercredi, celui du meurtre. Pas pour les traces laissées par son père, mais pour les siennes.
Elle écoute à peine. Les mots prononcés résonnent dans sa boîte crânienne comme contre les murs du Jeu de paume. Un espace vide. « Le mercredi du meurtre.» Des images défilent. L'été chez grand-mère. Papa et son frère Jacques préparent le feu pour les grillades. Les doigts courts de l'oncle palpent les morceaux de viande. Dégoûtant. La chair molle et suintante se laisse déformer sous la pression. Cette matière informe est alors déchue, dégradée, sans plus de lien avec son apparence originelle. Les hommes transpercent les morceaux pour en faire des brochettes. La viande reprend corps, ainsi transfigurée, devient une brochette. La résistance de la chair au transpercement varie d'un morceau à l'autre. S'agissait-il du même animal ? La voix du policier se fait à nouveau perceptible.» (Emmanuelle Peslerbe, Peines perdues, p. 80-81)