L'autre jour, le 20 s'est tiré. Mais ce matin, avec Takeshi, je le chope et nous sommes au campus un quart d'heure après.
Discussion avec les responsables de la formation, faire le point à mi-parcours.
Retour en ville pour déjeuner avec T. à l'Oxalys, enfin. Très bon bœuf (entrecôte et onglet, il n'y a pas d'agneau). Je ne sais pas pourquoi mais cet endroit, au coin des arcades, il est pour moi. Peut-être y ai-je déjà vécu, dans une autre vie.
Ceci dit, on a eu des voisins du dernier vulgaire, surtout lui, avec son pied plâtré, toujours à parler procès, grosses sommes, stock, depuis qu'il a repris le magasin de ses parents il y a dix ans, les bénéfices qu'on n'a pas faits cette année et pourquoi. Salissant pour les oreilles, les miennes en tout cas.
Promenade bords de Loire jusqu'à l'Hôtel Mercure. Passage rue Creuse, chemin des samouraïs...

Lecture tranquille, fin des Peines perdues, qui pour moi ne le sont pas.
« Le commissaire Jean Brossin, assis à son bureau, regarde le fauteuil vide devant lui. L'amnésie du père s'appelle maladie d'Alzheimer, celle de la fille s'appelle comment ? Un blanc dans l'histoire. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Un puits sans fond. Il passe la main sur son menton. Le temps a poussé. La vie pousse. Il passe la main sur ses cheveux. Le code pénal grand ouvert ne parle pas du délit d'oubli. Un puits sans fond où dégringolent des cadavres. Il n'a pas de témoin, pas de preuve, que des billes de plastique dans un vieux paillasson. Une affaire minable.» (Emmanuelle Peslerbe, Peines perdues, p. 115)

Je ressors pour dîner avec l'ensemble du groupe à l'Étoile d'or, place du Vieux-Marché, ouvert spécialement pour nous. Paëlla au menu, comme à Valencia. Pour chaque table de 8, il y en a au moins pour 20 Japonais. Discussion avec nos étudiants, naturellement bavards, tous enchantés de leur famille, certaines un peu plus animées que d'habitude par la sangria. Une formatrice d'Orléans qui nous accompagne nous certifie que le niveau est excellent, supérieur à l'attente...
Au dessert, je discute un moment avec la patronne. Je veux en avoir le cœur net. Après l'avoir complimentée sur sa paëlla, lui avoir promis que je reviendrai pour essayer ses cuisses de grenouilles, je lui demande pourquoi il n'y a pas d'agneau à la carte, ici comme ailleurs dans cette ville. Elle me répond très gentiment que c'est parce que c'est devenu trop cher. Ah...