jeudi 28 février 2008
Transformation du monde littéraire
Par Berlol, jeudi 28 février 2008 à 23:59 :: General
De nouveau au campus en matinée en 20 pour régler
des questions
administratives. T. travaille à la maison sur sa reprise de
cours d'avril. J'appelle mon père, qui ne sera encore pas
opéré aujourd'hui.
Déjeuner officiel avec responsables du SRI et de l'IDF à l'Agora (restaurant du personnel de l'université, quand même autre chose que le Forum, resto des étudiants, juste au-dessus).
Retour et lecture de Volodine.
« Sur la table trônaient une machine à écrire et un plateau avec une théière et un bol. Les papiers abondaient. Certaines pages étaient constellées de caractères chinois, d'autres non. Des cartons d'épicerie servaient à remiser des liasses ou des vêtements, des livres, de la nourriture. Sur le sol de béton, sous le lit, journaux et cahiers s'empilaient. Il y avait des cafards immobiles entre les tas, qui avaient dû mâchonner le poison des sucreries anti-cafards, omniprésentes. Tout exhalait un parfum de cellulose dégradée, de vieille patemouille. Tout poissait.
Les feuilles manuscrites ou dactylographiées gisaient sous la luminosité avare, dans cette atmosphère de sauna pour gueux, et, amollies par les remugles, elles semblaient mornement attendre qu'un homme veuille bien choisir telle ou telle et s'emparer d'elle et la parcourir, l'explorer en tous sens et avec férocité, puis la restituer à l'ombre.» (Antoine Volodine, Le Port intérieur, Paris : Minuit, 1995, p. 32-33)
François Bon appelle, qui avait à faire aujourd'hui à Orléans. Nous nous retrouvons devant le Carré Saint-Vincent, le théâtre, tout proche de notre résidence. Il peut enfin rencontrer T. Il pensait l'avoir déjà vue à Tokyo mais c'était assurément quelqu'un d'autre puisque T. certifie n'avoir jamais rencontré François (de toute façon, c'est d'avant le JLR et donc invérifiable).
Le Café du théâtre propose quelques breuvages d'origines diverses et équitables. On cause situation économique et morale des auteurs, transformation du monde littéraire.
Puis il a rendez-vous, pour publication prochaine, avec un jeune auteur, fort sympathique, également animateur littéraire en radio locale.
Quand nous les quittons, je m'aperçois que depuis deux semaines j'ai complètement oublié l'existence de France Culture, ni écouté ni enregistré une seule émission. La disponibilité hertzienne de la radio est presque inutile, quand on est occupé et sans horaires fixes, ce qui est notre cas quand nous sommes en France.
Après les courses pour le dîner, allons nous dégourdir les jambes vers le centre-ville. Nos pas nous portent à la FNAC dix minutes avant la fermeture. Y entrons pour voir les étalages de livres. On se croirait dans le rayon d'un hypermarché tellement c'est banal et mal présenté.
Déjeuner officiel avec responsables du SRI et de l'IDF à l'Agora (restaurant du personnel de l'université, quand même autre chose que le Forum, resto des étudiants, juste au-dessus).
Retour et lecture de Volodine.
« Sur la table trônaient une machine à écrire et un plateau avec une théière et un bol. Les papiers abondaient. Certaines pages étaient constellées de caractères chinois, d'autres non. Des cartons d'épicerie servaient à remiser des liasses ou des vêtements, des livres, de la nourriture. Sur le sol de béton, sous le lit, journaux et cahiers s'empilaient. Il y avait des cafards immobiles entre les tas, qui avaient dû mâchonner le poison des sucreries anti-cafards, omniprésentes. Tout exhalait un parfum de cellulose dégradée, de vieille patemouille. Tout poissait.
Les feuilles manuscrites ou dactylographiées gisaient sous la luminosité avare, dans cette atmosphère de sauna pour gueux, et, amollies par les remugles, elles semblaient mornement attendre qu'un homme veuille bien choisir telle ou telle et s'emparer d'elle et la parcourir, l'explorer en tous sens et avec férocité, puis la restituer à l'ombre.» (Antoine Volodine, Le Port intérieur, Paris : Minuit, 1995, p. 32-33)
François Bon appelle, qui avait à faire aujourd'hui à Orléans. Nous nous retrouvons devant le Carré Saint-Vincent, le théâtre, tout proche de notre résidence. Il peut enfin rencontrer T. Il pensait l'avoir déjà vue à Tokyo mais c'était assurément quelqu'un d'autre puisque T. certifie n'avoir jamais rencontré François (de toute façon, c'est d'avant le JLR et donc invérifiable).
Le Café du théâtre propose quelques breuvages d'origines diverses et équitables. On cause situation économique et morale des auteurs, transformation du monde littéraire.
Puis il a rendez-vous, pour publication prochaine, avec un jeune auteur, fort sympathique, également animateur littéraire en radio locale.
Quand nous les quittons, je m'aperçois que depuis deux semaines j'ai complètement oublié l'existence de France Culture, ni écouté ni enregistré une seule émission. La disponibilité hertzienne de la radio est presque inutile, quand on est occupé et sans horaires fixes, ce qui est notre cas quand nous sommes en France.
Après les courses pour le dîner, allons nous dégourdir les jambes vers le centre-ville. Nos pas nous portent à la FNAC dix minutes avant la fermeture. Y entrons pour voir les étalages de livres. On se croirait dans le rayon d'un hypermarché tellement c'est banal et mal présenté.