Départ à 7h30 du parvis du théâtre. Le père d'une des familles d'accueil nous dépose au lieu de regroupement, devant le bâtiment de la Médecine préventive du campus. Nous savons déjà qu'une de nos étudiantes aura une heure de retard... L'attendons tranquillement. Me doutant de sa honte, se sachant attendue par les trente autres, je vais au devant d'elle à l'arrêt du tram. Finalement, personne ne la chambre sur sa panne d'oreiller. Son supplice est simple : elle passera la journée sans maquillage.
Notre bel autocar s'ébranle donc vers 9 heures et prend la route de Blois et de Tours, qu'il quitte pour aller sur Chenonceau.
La pluie, assez forte dix minutes plus tôt, laisse place à une belle éclaircie de plus d'une heure. La visite se fait maintenant avec un ipod vidéo pour chaque visiteur qui le souhaite, en japonais pour nos étudiants, calé sur le parcours de 45 minutes. En français, la narration est assurée par Michaël Lonsdale, un must. Outre les tableaux, tapisseries, meubles qui rendent le château compréhensible (ce qui n'est pas toujours le cas, à Chambord, par exemple), d'énormes bouquets de fleurs rendent la visite vivante, odorante, colorée.
Les étudiants se croisent, échangent parfois quelques mots, mais chacun reste à l'écoute de son audioguide, concentré. Rien à voir avec les visites en groupe, automatiquement divisé en sous-groupes qui jouent immanquablement à cache-cache, à chat, à courir en criant, etc.
De plus, tout le monde finit en même temps.
Quittons Chenonceau pour Amboise, une trentaine de minutes de route. Liberté deux heures, pour manger, visiter, se balader, faire des achats... Pour le chauffeur, notre accompagnatrice du SRI, T. et moi, ce sera déjeuner chez Hippeau puis promenade dans les ruelles. Pâtes de fruits chez Bigot avant de remonter en car, non sans avoir photographié la fontaine Aux cracheurs, aux drôles, au génie conçue par Max Ernst (et réalisée en 1968).

Et la croisière s'amuse, maintenant errante dans les vignobles taillés et nus entre Vouvray et Chançay, sur une route de deux mètres de large. Paysages impensables et fascinants pour les étudiants avant de trouver l'exploitant à déguster. Visite des caves troglodytes à température quasi constante, dégustation, explication des processus jusqu'à la vente dans le petit magasin. La plupart des étudiants achètent une ou deux bouteilles, presque tous pour l'offrir à leur famille d'accueil.
Retour à la Médecine préventive à 18h20.

Comme T. n'est pas du tout fatiguée par ce périple, je réserve chez Eugène. Qu'on voie un peu ce que c'est que la grande cuisine. Une entrée pour deux, des noix de saint-jacques aux dattes et jus d'agrumes. Pour T., des roulades de sole farcies, un peu trop salées (on le dira). Pour moi, râble de lapin farci au foie gras, le meilleur plat mangé depuis des mois. Les desserts sont encore plantureux, que ce soit les cannelés au chocolat de T. ou mes figues rôties sur financiers.

Pour Nathalie Heinich (ou contre), voir ici, en février 2007.