À peine grassouillette matinée — jusqu'à 8 heures. De fait, on est en forme. Phase lumineuse de giboulées.
Départ à 11h10 pour choper de justesse le 11h43 pour Paris. Déjeuner à la gare d'Austerlitz (poule saveur des sous-bois, sauce un peu trop salée, en vérité). Traversée digestive du Jardin des Plantes. On admire les bourgeons de cerisiers (on n'en verra pas les fleurs, hélas...), le mimosa fleuri et odorant, nous « narines bées », près des serres en travaux (plus poli, le mimosa, n'a pas attendu qu'on soit parti), les wallabies qui sentent moins la fleur (se boucher le nez), le tout nouveau café restaurant La Baleine, qui paraît bruyant à l'intérieur et enfumé sur la terrasse...
La promenade continue par la rue des Écoles. La boutique L'Harmattan Vidéo où l'on trouve un documentaire sur les terroristes japonais des années 70-80, Japon : les années rouges, de Michaël Prazan (2001), ainsi que deux films réédités (y'a qu'en France qu'on se passionne comme ça pour ce cinéma japonais-là, pas au Japon, en tout cas) : La Bête aveugle (1969) et Tatouage (1966), de Yasuzô Masumura. On verra tout ça, là-bas.

Puis nous filons sur l'hôpital Mondor de Créteil pour voir mon père — c'est l'heure étroite des visites aux soins intensifs. Et puis je dois soigner sa notoriété réticulaire, maintenant que Philippe est passé par là. Il est dans la même chambre, toujours ouverte sur le couloir de service, mais assis dans un fauteuil, avec seulement deux tuyaux, et il lit un roman d'Agatha Christie. Sa fébrilité nerveuse et morale de mercredi dernier a disparu, il a de bonnes couleurs et une mine bien expressive. Au lieu de ne rester qu'une vingtaine de minutes pour ne pas le fatiguer, comme l'autre jour, nous nous installons, papotons sans regarder le temps passer, testons le matelas gonflable et électroniquement programmé jusqu'à l'heure de son repas, moment où d'ailleurs arrivent une tante et une cousine auxquelles nous cédons la place (pas plus de deux personnes par visite) avant de les retrouver dans la salle d'attente.
Retour place Monge pour dîner avec Hubert de Phalèse puisque Michel et Henri sont là (les avions vus séparément l'été dernier, en Corse puis en Bretagne). Retrouvailles façon strasbourgeoise puisque Titine, qui suit là-bas une prestigieuse formation continue, en a rapporté cet après-midi même un kilo et demi d'une excellente choucroute. Elle aussi, on lui a vu une grosse valise, tout à l'heure !