Dans la puissance des creux
Par Berlol, dimanche 9 mars 2008 à 23:59 :: General :: #948 :: rss
Sortir tôt rue Monge sous un petit crachin, faire cent
mètres pour
rapporter des croissants frais à une table
nombreuse,
voilà un petit plaisir que je trouve quand même
trop
rare... Et puis c'est encore un départ, des promesses de
revoyures.
Train de 11h41, sans problème, avec un peu de Volodine quand France Info devient inaudible, après Athis-Mons (le tuner du i-river n'est pas très puissant). Il pleut sur Orléans. Déjeuner rapide à l'Entracte, devant la gare (pizza et pâtes moyennes).
Carré
Saint-Vincent à 15 heures, il y a foule. Saluons une
responsable du SRI, elle aussi venue pour la représentation.
Robin Renucci nous sauve du vide théâtral
d'Orléans (c'est toujours l'inter-saison quand je viens, il
y a deux ans c'était Joël Pommerat
qui m'avait sauvé la mise). Renucci est en scène
avec Mikhaïl Rudy
pour une adaptation dialoguée du roman de Wladyslaw Szpilman, Le Pianiste.
Le dialogue entre les deux hommes mêmement
habillés est en fait un monologue assuré par deux
instruments, la parole et le piano. Sobres tous les deux, ils laissent
les mots projeter en nous les souvenirs individuels et cependant
toujours déjà connus : les uniformes,
les rafles de Juifs, les regroupements de familles près de
trains et de brouillards, les bombardements, les traques, les planques,
les loques, les débris de nourriture, le froid, la peur,
etc. Renucci n'ignore pas que son public a vu le film de Polanski
plus souvent que lu le roman de Szpilman.
Il ne pouvait pas faire comme si ce film n'existait pas. Il sait que
nous savons déjà. Ses choix de
sobriété, de diction presque neutre, de refus de
jouer ou de costumer la souffrance et la misère lui
permettent d'inscrire la parole et la musique dans la puissance des
creux de nos images.
Et c'est aussi pour cela, sans doute, qu'à la sortie T. est réjouie de ne s'être point ennuyée, d'avoir pu suivre et apprécier texte, jeu et musique.
C'est qu'il n'est jamais très loin, le Renucci d'Escalier C (Tacchella, 1985)... Et l'on se prend à rêver de voir son Sempre Vivu !
Saucé par une bonne averse, je réussis enfin à faire des courses au Petit Casino de la rue Jeanne-d'Arc (y suis passé avant le théâtre mais n'est ouvert que de 16 à 19 heures, le dimanche — c'est déjà bien). Quand j'en sors, la pluie s'est arrêtée. Très beau soleil sur la cathédrale, sur fond de nuages noirs. J'ai oublié mon appareil-photo dans une autre poche. Dîner simple, salade et poulet froid, avec, en fond sonore, les commentaires de la soirée électorale. Pas d'estimations pour Orléans, c'est que ça doit être serré...
Train de 11h41, sans problème, avec un peu de Volodine quand France Info devient inaudible, après Athis-Mons (le tuner du i-river n'est pas très puissant). Il pleut sur Orléans. Déjeuner rapide à l'Entracte, devant la gare (pizza et pâtes moyennes).
Carré
Saint-Vincent à 15 heures, il y a foule. Saluons une
responsable du SRI, elle aussi venue pour la représentation.
Robin Renucci nous sauve du vide théâtral
d'Orléans (c'est toujours l'inter-saison quand je viens, il
y a deux ans c'était Joël Pommerat
qui m'avait sauvé la mise). Renucci est en scène
avec Mikhaïl Rudy
pour une adaptation dialoguée du roman de Wladyslaw Szpilman, Le Pianiste.
Le dialogue entre les deux hommes mêmement
habillés est en fait un monologue assuré par deux
instruments, la parole et le piano. Sobres tous les deux, ils laissent
les mots projeter en nous les souvenirs individuels et cependant
toujours déjà connus : les uniformes,
les rafles de Juifs, les regroupements de familles près de
trains et de brouillards, les bombardements, les traques, les planques,
les loques, les débris de nourriture, le froid, la peur,
etc. Renucci n'ignore pas que son public a vu le film de Polanski
plus souvent que lu le roman de Szpilman.
Il ne pouvait pas faire comme si ce film n'existait pas. Il sait que
nous savons déjà. Ses choix de
sobriété, de diction presque neutre, de refus de
jouer ou de costumer la souffrance et la misère lui
permettent d'inscrire la parole et la musique dans la puissance des
creux de nos images.Et c'est aussi pour cela, sans doute, qu'à la sortie T. est réjouie de ne s'être point ennuyée, d'avoir pu suivre et apprécier texte, jeu et musique.
C'est qu'il n'est jamais très loin, le Renucci d'Escalier C (Tacchella, 1985)... Et l'on se prend à rêver de voir son Sempre Vivu !
Saucé par une bonne averse, je réussis enfin à faire des courses au Petit Casino de la rue Jeanne-d'Arc (y suis passé avant le théâtre mais n'est ouvert que de 16 à 19 heures, le dimanche — c'est déjà bien). Quand j'en sors, la pluie s'est arrêtée. Très beau soleil sur la cathédrale, sur fond de nuages noirs. J'ai oublié mon appareil-photo dans une autre poche. Dîner simple, salade et poulet froid, avec, en fond sonore, les commentaires de la soirée électorale. Pas d'estimations pour Orléans, c'est que ça doit être serré...
Commentaires
1. Le samedi 22 mars 2008 à 17:05, par Manu :
...là ; aurais-je raté autre chose ?
2. Le samedi 22 mars 2008 à 19:26, par Berlol :
Tu veux parler de quoi ?
3. Le dimanche 23 mars 2008 à 01:02, par Manu :
La première partie de mon message (postée au 8 Mars : "Mise à jour ici...") est-elle bloquée dans ton filtre ou ai-je oublié d'appuyer sur envoyer ?
4. Le dimanche 23 mars 2008 à 01:39, par Berlol :
Non, rien d'autre dans le filtre. Reproduis si tu t'en souviens, sinon laisse tomber... Au plaisir de te lire.
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